CHRONIQUE DES ÉVÉNEMENTS SURVENUS DANS LE
ROYAUME DE FRÉNÉSIE-3
par un piéton de Paris
Les frontières ravagées, fondées dans un immense royaume de Frénésie, les
hommes voulant du progrès et le progrès voulant des hommes, voilà ce que furent
ces noces énormes. L'humanité s'ennuyait, elle brûla quelques Dieux, changea de
costume et paya l'Histoire de quelques gloires nouvelles. Céline, Semmelweis
, p. 1.
L'affaire Garaudy ou comment la presse est allé porter la bonne nouvelle
révisionniste jusqu'aux dernières chaumières du royaume
3
Avec des commentaires majuscules coordonnés par un piéton de Paris
Le Monde 2 mai 1996 (commentaires majuscules du petit fils du
curé Meslier.)
L'abbé Pierre retire son soutien aux thèses de Roger Garaudy
Après plusieurs jours de polémique, l'abbé Pierre est revenu, mardi 30 avril,
sur le soutien qu'il avait accordé à Roger Garaudy, mis en examen pour négation
de crimes contre l'humanité. Dans un communiqué, le fondateur d'Emmaüs dit condamner
"avec fermeté" tous ceux qui pour des raisons diverses veulent "nier,
falsifier ou banaliser la Shoah", et "renonce à demander un nouveau
colloque d'historiens". Cette prise de position est intervenue après
de longs entretiens avec le grand rabbin et le président du Consistoire central
juif de France", est-il précisé.
(DE "LONGS ENTRETIENS", C'EST-A-DIRE
UN LONG INTERROGATOIRE DEVANT LA NOUVELLE INQUISITION DU TRIBUNAL RABBINIQUE.)
Cette volte-face du fondateur d'Emmaüs est intervenue à la veille de la réunion,
le 1er mai, du bureau de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme),
qui devait examiner son éventuelle exclusion du comité d'honneur de la LICRA, dont
il est membre depuis une vingtaine d'années. Le 24 avril, devant le conseil exécutif
de la LICRA, l'abbé Pierre avait paru reculer sur son soutien à Roger Garaudy, lançant
même "un défi" à l'auteur des Mythes fondateurs de la politique
israélienne, l'ouvrage négationniste à l'origine de cette affaire. Mais,
le 29 avril, le fondateur d'Emmaüs réaffirmait, dans un entretien à Libération,
son engagement aux côtés du philosophe négationniste. Dès lors, la LICRA
indiquait que l'abbé Pierre devait "tirer les conséquences de ses choix et
quitter de lui-même l'association où sa présence ne se justifie plus, ni comme membre
du comité d'honneur, ni comme militant". L'épiscopat français, par l'intermédiaire
de son comité pour les relations avec le judaïsme, avait "déploré ",
lundi soir, la caution apportée par l'abbé Pierre à M. Garaudy. Le grand
rabbin de France, Joseph Sitruk, et le CRIF (Conseil représentatif des institutions
juives de France) avaient demandé à l'Église de France qui ne souhaitait pas, dans
un premier temps, intervenir, pour ne pas se laisser entraîner dans cette polémique
de "prendre position" Commentant, mardi 30 avril sur RTL, la réaction
de l'épiscopat, Jean-Marie Le Pen, président du Front national, avait déclaré:
"Ce n'est pas la première fois que l'Église émet des dogmes en matière extra-religieuse.
Elle s'était déjà opposée, sur la question de la Terre, à un certain Galilée .
M. Le Pen a également réaffirmé que "les chambres à gaz étaient un
détail de l'histoire." Des compagnons de route de l'abbé Pierre comme
Raymond Etienne (Emmaüs-France) ou Claude Chigot (Fondation abbé Pierre pour le
logement des défavorisés) l'avaient adjuré, tout comme l'ancien ministre Bernard
Kouchner (Le Monde du 30 avril), de réfléchir de nouveau, après avoir
vraiment lu Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, que,
de son propre aveu il n'avait fait que "compulser". Ce soutien affichée
par le fondateur d'Emmaüs a semblé découler avant que l'abbé Pierre ne tente ensuite
d'argumenter de la pression pratiquement journalière (lettres et conversations téléphoniques)
que Roger Garaudy a, ces derniers temps, exercée à son endroit. Ses amis d'Emmaüs
ne pensent pas que l'abbé Pierre ait pu être influencé, par exemple, par le milieu
catholique traditionaliste présent à la Halte d'Esteville. Cependant l'abbé Pierre
n'a pas voulu, jusqu'à présent, révéler le nom des "quelques personnes, dont
les exigences et la compétence sont grandes" dont il parle dans sa lettre
de soutien et qui lui auraient dit "l'importance" de l'ouvrage de M.
Garaudy.
Michel Castaing (IL EST A NOTER QUE L'ABBE N'A JAMAIS
"DONNÉ" LES NOMS DE CES QUELQUES PERSONNES, QUE L'INQUISITION RECHERCHE FIEVREUSEMENT.)
Même journal, même jour
La Shoah restera une tache de honte indélébile
Dans son communiqué du 30 avril, l'abbé Pierre souligne qu'il "n'entend
en aucune manière laisser mettre en doute, de quelque façon que ce soit, l'atroce
réalité de la Shoah et des millions de juifs exterminés parce qu'ils étaient juifs(
). Je reconnais pleinement cette terrible tragédie qui concerne toute l'Europe,
et m'incline devant les victimes et leurs familles, leur rappelant humblement que,
en ces temps, j'ai durant deux ans risqué ma vie pour sauver ceux que je pouvais
". "Considérant que le climat nécessaire n'existe pas présentement, je
renonce à demander quelque nouveau colloque d'historiens visant à établir une plus
parfaite connaissance de l'histoire (...). Je condamne avec fermeté tous ceux qui
pour des raisons diverses veulent, de quelque manière que ce soit, nier, falsifier
ou banaliser la Shoah, qui restera à jamais une tache de honte indélébile dans l'histoire
de notre continent." "Roger Garaudy, ayant oralement et par écrit, pris l'engagement
formel de reconnaître toute erreur qui lui serait prouvée, ce n'est que s'il ne
tenait pas cet engagement que, avec tristesse, je lui retirerais ma confiance",
conclut le communiqué de l'abbé Pierre.
L'Église doit s'interroger sur ses
responsabilités
Mgr Gaston Poulain et le Père Jean Dujardin, président
et secrétaire du comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme, avait rendu
public lundi 29 avril, le texte suivant en six points : 1) Nous laissons
à la justice française le soin de se prononcer sur le contenu du livre de M. Garaudy,
que nous ne connaissons d'ailleurs que par des coupures de presse, puisque l'auteur
vient d'être mis en examen.
(UN MONSIGNOR NE PEUT DONC CONNAITRE LE LIVRE
D'UN AUTEUR MIS EN EXAMEN QUE PAR DES COUPURES DE PRESSE. IL N'OSERAIT PAS LE LIRE
LUI-MEME. JE CROIS QUE C'EST CE GENRE D'ATTITUDE QUI DONNE ENVIE DE BOUFFER DU CURE.)
2) Nous n'avons pas non plus à apprécier les motifs d'amitié personnelle qui
ont poussé l'abbé Pierre à soutenir l'auteur. 3) Par contre, nous refusons la
confusion très grave et le scandale qui résultent de l'appui ainsi apporté. La caution
morale que l'abbé Pierre représente, l'autorité qu'il a acquise par sa parole et
par ses actes, engagent l'Église de France aux yeux de l'opinion. Elle ne peut pas
accepter d'être ainsi compromise.
(POUR LA PREMIERE FOIS, L'EGLISE S'AVISE
QUE L'ABBE PIERRE PROCEDE PAR SCANDALES. ELLE N'A QU'A L'EXCOMMUNIER. SINON, QU'ELLE
S'ECRASE.)
4) L'abbé Pierre appelle de ses v ux un grand débat sur les points
controversées. Nous ne pouvons pas nous associer à une telle démarche parce que
ce débat a déjà eu lieu à plusieurs reprises, tant en France qu'à l'étranger.
(LEURS SACREES EMINENCES POURRAIENT NOUS PRECISER OU ET QUAND, CAR NOUS N'EN
AVONS JAMAIS EU CONNAISSANCE. PAR AILLEURS, SI LE "DEBAT" (MAIS QUEL DEBAT AU FAIT
?) A EU LIEU "A PLUSIEURS REPRISES", LE ROUVRIR UNE FOIS DE PLUS NE DEVRAIT PAS
SOULEVER DE SCANDALE. ON NE VOIT PAS DANS QUEL DOMAINE ON REFUSERAIT D'ENGAGER UN
DEBAT SOUS PRETEXTE QU'IL AURAIT DEJA EU LIEU AILLEURS ET AVANT, AVEC D'AUTRES PROTAGONISTES.
PAS BRILLANTS, CES MITREUX.)
N'est-il pas, en outre, immoral de prêter une
tribune à des auteurs qui refusent les plus fermes conclusions de la communauté
scientifique internationale au nom de principes et de méthodes que récuse la recherche
historique ?
(MAIS NON, TRES SAINTS PEPERES, C'EST L'INVERSE EXACT DE LA
VERITE: LES REVISIONNISTES RECLAMENT L'APPLICATION PURE ET SIMPLE DES METHODES HISTORIQUES
ET ON LEUR OPPOSE LA "SINGULARITÉ" ET L'"UNICITÉ" DE LA PRÉTENDUE "SHOAH", QUI DISQUALIFIERAIT
L'HISTOIRE AU PROFIT DE LA "MÉMOIRE". MEME LE PSEUDO-VIDAL NOUS CHANTE CETTE CHANSON
RIDICULE.)
Les points controversés ont d'ailleurs été examinés.
(PAR
QUI ? PAR DES "EXPERTS" PRES LE VATICAN ? DE GRACE, SAINTS POULAINS DU JARDIN, DONNEZ-NOUS
DES NOMS QUE NOUS PUISSIONS AFFICHER AU FIRMAMENT DE LA NOUVELLE RELIGION DE L'HOLOCAUSTE
-- QUI FAIT DE LA VOTRE UNE RINGARDE RENGAINE.)
Ils ne remettent pas en cause
les acquis indiscutables que nous devons rappeler à l'attention des chrétiens;
(JE ME VOIS DANS LA PENIBLE OBLIGATION DE RAPPELER QUE LE MOT "CRETIN" EST UN
DOUBLET, SUISSE IL EST VRAI, DE "CHRETIEN". C'EST SANS DOUTE AINSI QUE L'ENTENDENT
ICI LES DEUX SAINTS PEPERES.)
l'extermination a eu lieu, c'est un fait incontestée;
il s'agit bien d'un génocide puisque hommes, femmes, enfants et vieillards étaient
condamnés à mourir. (EXACTEMENT COMME A LA SAINT-BARTHELEMY.) Les chambres
à gaz ont existé et les nazis ont employé un langage codé pour cacher leur forfait,
langage dont ils se servaient déjà pour dissimuler aux familles allemandes le crime
d'euthanasie.
(LES PAUVRES CURETONS SE FONT HISTORIENS, MAINTENANT. C'EST
EUX QUI VONT NOUS RACONTER CE QUI S'EST PASSE EN ALLEMAGNE ET EN POLOGNE. ON VOIT
QU'ILS NE FONT PAS TROP CONFIANCE AUX HISTORIENS, EN DIGNES SPECIALISTES D'HISTOIRE
SAINTE. RETOURNEZ DONC DANS VOS SACRISTIES, PAUVRES MALHEUREUX, ET CESSEZ DE PARLER
DE CE QUE VOUS IGNOREZ. SONGEZ PLUTOT AU SALUT DE VOS AMES.)
5) Certes la
recherche doit se poursuivre et nous ne la refusons pas. L'Église elle-même sait
qu'elle doit s'interroger sur ses propres responsabilités. Elle a commencé à le
faire. Faut-il rappeler la déclaration toute récente des évêques allemands ?
6) Pour toutes ces raisons, nous regrettons et déplorons l'engagement de l'abbé
Pierre aux côtés de M. Garaudy.
(CETTE SACREE HABITUDE DE SE TROMPER, CA
NE SE PERD PAS COMME CA. DANS CENTS ANS, APRES TOUT LE MONDE, ELLE CANONISERA "PIERRE
ET GARAUDY", ILS FERONT LE PENDANT DE COME ET DAMIEN.) ++++++++++++++++++++++++++
Les étrangers se penchent sur cette affaire :
The Toronto Globe
and Mail , Thursday, May 2, 1996
French priest's comments on Holocaust
cause furor
by: Alan Riding [New York Times News Service, Paris]
France's national conscience has long been personified by an 83-year-old Roman catholic
priest known as Abbé Pierre. He would emerge intermittently from the seclusion
of his religious community in Normandy to denounce society for its obsession with
money and successive governments for ignoring the plight of the poor and the homeless.
Such was his prestige that his pronouncements were never challenged. Radio, television
and the newspapers portrayed him as a living saint. And, for more than a decade,
polls identified the white-bearded priest as the most loved and respected Frenchman
alive. Now, suddenly, Abbé Pierre's icon-like image is crumbling. Eleven days
ago, to the astonishment and dismay of his friends and admirers, the priest spoke
out in defence of an old friend and writer, Roger Garaudy, whose most recent book,
"The Founding Myths of Israeli Politics", questions the existence of the Holocaust.
Abbé Pierre said he had not read the book, but he argued that the details of the
Holocaust merited further debate. Tuesday, having set off a storm of protest,
the priest appeared to reverse himself, but many people here remained stunned, all
the more so because his life had until now seemed exemplary. Born Henry Groues,
he renounced his family's wealth and entered the priesthood. During Germany's wartime
occupation of France, he joined the Resistance his "nom de guerre" was Abbé Pierre
and saved many Jews from expulsion. More recently, with racism on the rise in France,
he has stood up for poor African and Arab immigrants. Yet, as recently as Monday
[April 25], four days after Mr. Garaudy was formally charged under a French law
prohibiting denial of the existence of crimes against humanity, Abbé Pierre gave
an interview to the left-of-centre daily Libération in which he ignored
appeals that he retract his statement. He also reiterated his call for a debate
about the Holocaust. "For example, on the question of the gas chambers, it is
possible that not all those planned by the Nazis were built," he said. He denied
that he was associating himself with "revisionists." "I think the average Frenchman
will say with relief, the taboo is over," he said. "You will no longer be called
anti-Jewish or anti-Semitic for saying a Jew sings out of tune."
This interview
touched off even greater shock. In an open letter published by Le Monde
, Bernard Kouchner, a former health minister and close friend of Abbé Pierre, said
the priest had placed his fame at the service of an evil cause. Addressing him
as Father Don Quixote, Mr. Kouchner added: "I know you have not read the controversial
book. So what are you talking about? Read it, Father, and change your advisers,
because they will damn you." Spokesman for France's large Jewish population
were also taken aback. France's chief rabbi, Joseph Sitruk, said the Holocaust was
a proved fact. Henri Hajdenberg, president of France's Council of Jewish Institutions.
said Abbé Pierre had been manipulated by Mr. Garaudy and by the writer's lawyer,
Pierre Vergès, who had defended the Nazi war criminal Klaus Barbie at his trial
in Lyons in 1987. Monday, after a week of embarrassed silence, France's Catholic
bishops said that they, too, regretted and deplored Abbé Pierre's support for Mr.
Garaudy. Speaking on their behalf, the Episcopal Committee for Relations with Judaism
said the mass killing of the Jews in Nazi gas chambers was an undisputed fact and
it disassociated the church from any attempt to confuse the issue. On Tuesday,
Abbé Pierre issued a statement backing away from his earlier remarks. He said that
after long conversations with Mr. Sitruk and Mr. Hajdenberg, he wanted to stress
that he in no way questioned "the atrocious reality" of the Holocaust and that he
condemned all those who "deny, falsify or minimize" what will always remain "an
indelible stain of shame" on European history. And he noted that since Mr. Garaudy
had pledged to recognize any errors in his analysis: "I will withdraw my confidence
in him, with sadness, if he does not now keep his word." But in the view of many
commentators, Abbé Pierre's reputation has been irreversibly damaged.
(NOTEZ
BIEN L'OUTRECUIDANCE DE CES VAURIENS. ILS CROIENT QU'ILS PEUVENT DETRUIRE LES GENS
EN LEVANT LE PETIT DOIGT DANS LEURS TORCHONS. ET BIEN IL EST TEMPS QU'ILS APPRENNENT
A LEURS DEPENS QUE CA NE MARCHE PAS.)
And already there are signs that the
French press has begun to dismantle a myth that it helped to create. In a cover
article, the newsweekly L'Express said many of the priest's closest advisers were
anti-Semites. +++++++++++++++++++++++
La droite se réveille :
Présent , 2 mai 1996, p. 1
L'épiscopat, en condamnant l'abbé
Pierre va encore plus loin que la loi Gayssot
Lundi, le président du Consistoire
israélite de France Jean Kahn et celui du CRIF Henri Hadjenberg avaient sommé la
hiérarchie catholique de condamner l'abbé Pierre. Ce lundi-là 29 avril, c'était
hier, le soleil ne se coucha point sans que la hiérarchie ait obtempéré à cette
mise en demeure par un communiqué déclarant engager "l'Église catholique de France".
On en lira en page 2 le texte intégral. Il aura donc fallu cette circonstance
particulière et cette insistance ciblée pour que l'Église manifeste tardivement
qu'elle n'"accepte" plus d'être "compromise" par un tel personnage. Quels que soient
les mérites peut-être réels et les démérites assurément nombreux de l'abbé Pierre,
sa "caution morale" et "l'autorité qu'il a acquise" étaient un phénomène médiatique,
c'est-à-dire artificiel, organisé par une télévision que colonisent un personnel
et une idéologie principalement marxistes.
(MADIRAN SERAIT-IL LE DERNIER
A CROIRE QUE DES INTRIGANTS, PARCE QU'ILS ONT FAIT LEUR CARRIERE DANS DES CLIENTELES
DITES DE GAUCHE, AURAIENT UN RAPPORT QUELCONQUE AVEC UNE PENSEE POLITIQUE QUELCONQUE
? LE MARXISME NE SE TROUVE PAS DANS LES ECUELLES DES PORCS.)
La hiérarchie
catholique en France a perdu les pédales, (NON, ELLE EN GARDE) dans le temporel
et dans le spirituel, dans la mesure où elle s'est laissé influencer, manipuler,
dominer par la puissante irréalité médiatique. Et ce n'est pas fini. Le communiqué
épiscopal condamnant l'abbé Pierre appelle plusieurs remarques de fond. Pour le
moment nous en retiendrons trois principales.
1/ Pour refuser tout "débat
sur les points controversés" concernant les crimes contre l'humanité, le communiqué
épiscopal invoque un principe de portée générale qui n'avait pas encore été énoncé
par la théologie catholique: un tel débat serait "immoral" (sic), parce qu'il est
"immoral de prêter une tribune à des auteurs qui refusent les plus fermes
conclusions de la communauté scientifique internationale ". Étrange principe.
L'épiscopat ne devrait pas demander la préparation de ses communiqués à des rédacteurs
aussi incultes, ignorant qu'à chaque époque les progrès de la connaissance scientifique
ont été initiés à l'encontre des "plus fermes conclusions de la communauté
scientifique". Il y a pourtant un certain nombre de rues "Pasteur" en France.
D'autre part, il faudrait avoir tout de même quelque idée de la nature et du
degré de certitude dite "scientifique" quand il s'agit de la "science" historique.
2/ La certitude concernant les crimes contre l'humanité est en France une certitude
imposée par la loi. C'est même, il me semble, la seule certitude historique qui
soit légalement obligatoire et judiciairement sanctionnable. La loi socialo-communiste
Gayssot-Fabius-Rocard de 1990 interdit de contester les jugements du tribunal de
Nuremberg. C'est le seul tribunal qui soit intouchable, et c'est, ô merveille, un
tribunal militaire, qui était composé de délégués de Staline et d'Anglo-Américains
fascinés à l'époque par le communisme stalinien. Toutefois la loi Gayssot n'oblige
pas à professer les sentences de Nuremberg. Elle se contente
d'interdire de les discuter. L'"Église catholique en France" va beaucoup
plus loin. Elle fait obligation morale de croire et de dire que "l'extermination
a eu lieu", qu'il "s'agit bien d'un génocide", que "les chambres à gaz ont existé"
et que "les nazis ont employé un langage codé pour cacher leur forfait" ; et enfin
que "l'Église elle-même" doit "s'interroger sur ses propres responsabilités" dans
ce forfait-là. C'est-à-dire qu'il s'agit en tout cela de certitudes non plus seulement
"scientifiques", mais morales et religieuses, faisant désormais partie
du dépôt spirituel que l'Église a charge d'enseigner. Cherchez l'erreur : il
doit bien y en avoir une quelque part dans un discours aussi impérieux.
3/
Michèle Cotta, que l'on ne savait pas si catholique, s'est aussitôt alignée sur
la position maximale de "l'Église catholique en France". Ce mardi matin 30 avril,
sur RTL, elle interrogeait Jean-Marie Le Pen a propos de l'abbé Pierre et du communiqué
épiscopal.--"Je ne répondrai rien, dit Le Pen, faisant
allusion à la loi Gayssot: c'est un sujet sous censure. Pour avoir simplement
dit que c'était un détail , c'est-à-dire
une partie
des 50 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, cela m'a coûté 140 millions
de centimes. " Michèle Cotta aurait donc dû constater et donner acte
à Jean-Marie Le Pen qu'il ne disait plus "rien "sur la question et
déclarait vouloir s'en tenir là. Or, faites bien attention, elle a décrété et proclamé
au contraire qu'ainsi Le Pen se prononçait pour les révisionnistes.
C'est exactement la morale scientifique du communiqué épiscopal. Il ne suffit plus
de se taire. Le silence lui-même devient coupable. Il est maintenant obligatoire,
sous peine d'être dénoncé comme "révisionniste", de professer explicitement la doctrine
et les sentences du tribunal de Nuremberg.
Cependant l'obligation n'est encore
que morale (et religieuse). Pour le moment elle n'est pas judiciaire.
Il y faudra une nouvelle loi d'exception. Elle méritera de s'appeler loi
Poulain-Cotta . Plutôt que loi Kahn-Hadjenberg , ce qui serait un peu indiscret.
Jean Madiran
++++++++++++++++++++++++++++ Le Monde , 040596
Du
révisionniste Paul Rassinier à Bernard Notin, ou comment nier le génocide
Les négationnistes français se reconnaissent un père: Paul Rassinier.
Le choix est tactiquement judicieux, car Rassinier (1906-1967), auquel Florent Brayard
vient de consacrer une large étude parue aux éditions Fayard, fut tout à la fois
résistant, déporté et militant socialiste, tendance Marceau Pivert.
(PAUVRE
POMME, CE N'EST PAS UN "CHOIX TACTIQUEMENT JUDICIEUX", C'EST UN FAIT. CHEZ NOUS,
ON NE "CHOISIT" PAS LES FAITS.)
C'est précisément son expérience de la captivité
dans les camps de concentration de Buchenwald et de Dora qui le poussa à publier,
en 1950, Le Mensonge d'Ulysse. Dans cet ouvrage, l'auteur conteste
la qualité des témoignages sur les camps parus à l'époque et avance que les chambres
à gaz furent bien moins nombreuses qu'on ne le dit.
(IL AVAIT PARFAITEMENT
RAISON SUR CE POINT, TOUT LE MONDE EN SERAIT D'ACCORD AUJOURD'HUI.) Trois associations
de déportés le poursuivirent en justice. Paul Rassinier eut l'occasion de préciser
sa pensée devant les juges du tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse: "Personne
ne saurait nier les horreurs des camps, mais tout le monde conviendra qu'il n'était
pas nécessaire de les exagérer comme cela a été fait. Je corrige les exagérations.
Ce n'est pas là minimiser les crimes du nazisme." Bref, l'auteur souhaitait
offrir à la justice l'image d'un révisionniste plutôt que celle d'un négateur de
la barbarie nazie. Vingt ans plus tard, au début des années 70, un groupe de
militants issus de l'extrême gauche et qui répond au nom de La Vieille Taupe, s'intéresse
au livre de père: Paul Rassinier. Le choix est tactiquement judicieux, car Rassinier
(1906-1967), auquel Florent Brayard vient de consacrer une large étude parue aux
éditions Fayard, fut tout à la fois résistant, déporté et militant socialiste, tendance
Marceau Pivert.
(PAUVRE POMME, CE N'EST PAS UN "CHOIX TACTIQUEMENT JUDICIEUX",
C'EST UN FAIT. CHEZ NOUS, ON NE "CHOISIT" PAS LES FAITS.)
C'est précisément
son expérience de la captivité dans les camps de concentration de Buchenwald et
de Dora qui le poussa à publier, en 1950, Le Mensonge d'Ulysse. Dans
cet ouvrage, l'auteur conteste la qualité des témoignages sur les camps parus à
l'époque et avance que les chambres à gaz furent bien moins nombreuses qu'on ne
le dit.
(IL AVAIT PARFAITEMENT RAISON SUR CE POINT, TOUT LE MONDE EN SERAIT
D'ACCORD AUJOURD'HUI.) Trois associations de déportés le poursuivirent en justice.
Paul Rassinier eut l'occasion de préciser sa pensée devant les juges du tribunal
correctionnel de Bourg-en-Bresse: "Personne ne saurait nier les horreurs des
camps, mais tout le monde conviendra qu'il n'était pas nécessaire de les exagérer
comme cela a été fait. Je corrige les exagérations. Ce n'est pas là minimiser les
crimes du nazisme." Bref, l'auteur souhaitait offrir à la justice l'image
d'un révisionniste plutôt que celle d'un négateur de la barbarie nazie. Vingt
ans plus tard, au début des années 70, un groupe de militants issus de l'extrême
gauche et qui répond au nom de La Vieille Taupe, s'intéresse au livre de Paul Rassinier
et en épouse la thèse. Autour de Pierre Guillaume, son animateur, le groupe affirme
refuser les tabous et proclame: "Ce qu'il y a de terrible quand on cherche
la vérité, c'est qu'on la trouve."
(DUR A AVALER POUR UN TOCARD DE
JOURNALISTE.)
Insensiblement, ces militants passent du révisionnisme, consubstantiel
à beaucoup de travaux sur l'histoire, au négationnisme.
(LA, ON N'EST PLUS
DANS LES FAITS MAIS DANS LE FANTASME. LE NEGATIONNISME, C'EST
LEUR
INVENTION. C'EST UN SORT AFFREUX QUE D'ETRE LE FANTASME DE CES IDIOTS-LA. MALGRE
TOUS NOS PECHES, NOUS N'AVONS PAS MERITE CA.)
Leur parcours rejoint bientôt
celui d'un professeur de lettres, Robert Faurisson, qui délaisse ses recherches
iconoclastes sur Rimbaud et Lautréamont pour se livrer à une étude monomaniaque
de la persécution des juifs. En 1977, cet universitaire affirme devant ses étudiants
que les chambres à gaz destinées à exterminer juifs et Tziganes n'ont jamais existé.
(FAUX, PUREMENT ET SIMPLEMENT. UNE INVENTION, OU UNE SALOPERIE, CHOISISSEZ.)
Un an plus tard, le groupe de La Vieille Taupe commence à publier Faurisson et à
le soutenir tout au long des procès qui lui sont intentés.
Poursuites administratives
Ces procès, à leur manière, signent l'apparition publique des négationnistes
et de leur théorie. De la négation des chambres à gaz, Faurisson est passé à celle
du génocide. Il résume ses vues à sa manière: "Jamais Hitler n'a donné l'ordre
de tuer ne serait-ce qu'un seul homme en raison de sa race ou de sa religion."
Ou encore: "Je conteste qu'il y ait eu politique d'extermination physique
des juifs." Né à l'extrême gauche, le négationnisme a migré vers l'extrême
droite. Il entend combattre l'"antinazisme de sex-shop" (sic). Les
recherches des historiens, les nuances et les corrections que ceux-ci ne cessent
d'apporter au fil des décennies à l'histoire de la persécution des juifs en Europe,
la découverte de documents filmés inédits, celle des archives du camp d'extermination
d'Auschwitz: rien de tout cela n'arrête Faurisson et ses amis.
(AU CONTRAIRE,
ET ON PEUT MEME DIRE QUE BEAUCOUP DE CES DOCUMENTS NE SONT APPARUS QUE PARCE QUE
LES REVISIONNISTES ONT PROVOQUE LEUR SURGISSEMENT. IL FAUT DIRE QU'ILS ONT TOUS
REGULIEREMENT INFIRME LES THESES OFFICIELLES, PAR EXEMPLE LES PHOTOS AERIENNES DES
CAMPS.)
Une secte est née. En France et à l'étranger, notamment dans les
pays anglosaxons.
(DEUXI ME INVENTION, APRES CELLE DU "NEGATIONNISME". CETTE
IDEE DE "SECTE" EST FRANCHEMENT BAROQUE ET NE CORRESPOND A AUCUNE REALITE PALPABLE.
D'AILLEURS, IL EST ASSEZ APPARENT QUE LES REVISIONNISTES NE SONT PAS GENS A SE COMPLAIRE
DANS DES CROYANCES, QUELLES QU'ELLES SOIENT.)
Dans les années 80 et 90, les
négationnistes font surtout parler d'eux à l'Université. L'un d'eux, Henri
Roques, un retraité, soutient une thèse à l'université de Nantes en 1985.
Le jury décerne la mention"très bien" à ce travail qui analyse le témoignage
de Kurt Gerstein, un officier nazi qui s'est rendu à l'armée française en avril
1945, et nie indirectement l'existence des chambres à gaz. En 1990, Bernard Notin,
enseignant à l'université Lyon-III et membre du conseil scientifique du Front national,
(C'EST FAUX) publie dans la revue Économies et sociétés un article
qui lui aussi tend à nier la réalité des chambres à gaz. A chaque fois, des associations
de déportés se manifesteront, des poursuites administratives auront lieu, et la
polémique rebondira.
L
aurent Greilsamer (ET CE TYPE-LA FERA LES COMPTE-RENDU D'AUDIENCE PLUS TENDANCIEUX
LES UNS QUE LES AUTRES. IL NE DIT PAS QU'AU DELA DE LA POLEMIQUE, ON A PERSECUTE
NOTIN DANS SA VIE ET SON TRAVAIL. DE BRAVES ANTIRACISTES, PAR EXEMPLE, ONT TUE SON
CHIEN A COUPS DE COUTEAU. CE JOURNAL ET SES PRETENTIONS ONT QUELQUE CHOSE D'ECOEURANT
DANS LA VULGARITE.) +++++++++++++++++++++++ Et d'ailleurs puisqu'il est question
de Rassinier et d'un livre qui en parle, revenons un instant sur le sujet.
Le Monde , 16 février 1996
Paul Rassinier et le futur d'une négation
A travers la figure de cet homme de gauche, résistant et
déporté, Florent Brayard
analyse la genèse d'un courant qui nie la réalité des
chambres à gaz et qui, par
ce biais, prétend contester celle du génocide. En
démontant ce discours, l'historien
s'interr
oge : comment des thèses aussi friables ont-elles pu se
consolider ?
Comment l'idée vint à M. Rassinier. Naissance du révisionnisme.
de Florent Brayard. Préface de Pierre Vidal-Naquet. Fayard, 464 p., 160 F.
Comment un érudit provincial, un instituteur, pensionné de guerre à plus de
100 %, un politicien local du Territoire de Belfort aux ambitions déçues, communiste
d'abord, SFIO ensuite, en vint à inventer un phénomène mondial ? Cette histoire
là est celle de Paul Rassinier (1906-1967) et du courant dont il est le fondateur
: celui qui prétend nier la réalité des chambres à gaz et, par ce biais, celle du
génocide. C'est à cette histoire qu'un tout jeune chercheur d'une trentaine d'années
à peine vient de consacrer, pour la première fois, une tentative d'approche biographique.
(LES PREMISSES SONT DEJA INUTILEMENT SPECTACULAIRES. PERSONNE N'A "INVENTE"
UN "PHENOMENE MONDIAL". AU LENDEMAIN DE LA GUERRE, BEAUCOUP DE GENS SE SONT CERTAINEMENT
POSE DES QUESTIONS SUR CE QU'IL Y AVAIT DE VRAI DANS LA PROPAGANDE DE GUERRE. RASSINIER
FUT L'UN D'EUX. SA FORMATION D'HISTORIEN, SON COURAGE ET SA TENACITE ONT FAIT LE
RESTE. ESSAYER DE SAISIR ET DE DÉCRIRE UNE REALITE NE FAIT PAS DE VOUS "L'INVENTEUR
D'UN PHENOMENE MONDIAL". CES TOCARDS DE JOURNALISTES ONT DU FAIRE LEURS ETUDES A
L'UNIVERSITE DU SHOWBIZ.)
Florent Brayard, au lieu de mettre les thèses de
Rassinier à l'épreuve des acquis les plus récents de l'historiographie du génocide,
cherche à dévoiler, grâce à l'analyse minutieuse des textes du fondateur, la faiblesse
interne d'un discours qui se donne pour de la vérité persécutée. Comment ? En s'astreignant
à ne citer que les documents que [Rassinier] aurait pu connaître,
les ouvrages qu'il aurait dû lire, les certitudes historiographiques qui lui étaient
contemporaines, et contre lesquelles il s'élevait néanmoins . Même si cette
critique textuelle ne parvient pas toujours à se tenir aussi loin que l'auteur le
voudrait de l' exercice de réfutation , elle rend celui-ci plus convaincant
que jamais, et là réside assurément le grand mérite de son livre. Ainsi, montre
Florent Brayard, quand Paul Rassinier prétend réduire à quelques témoignages les
preuves du génocide, pour en dénoncer le peu de crédibilité, il ne se soucie guère
d'aller lui-même aux archives, comme le font, à la même époque, Léon Poliakov ou
Raul Hilberg.
(LE BRAV'LEON ET LE PAUV'RAOUL NE VONT PAS DU TOUT "AUX ARCHIVES",
QUI NE SONT PAS, A L'EPOQUE, OUVERTES. ILS TRAVAILLENT PRINCIPALEMENT SUR LES ARCHIVES
DU PROCES DE NUREMBERG, C'EST-A-DIRE SUR UNE SELECTION DE DOCUMENTS REALISEE PAR
LE BUREAU DES PROCUREURS ALLIES EN 1945. ON SAIT QUE LA DEFENSE A ETE EMPECHEE DE
CHERCHER ET DE PRODUIRE LES DOCUMENTS QU'ELLE SOUHAITAIT. GRILLEMACHIN N'EST PAS
DU TOUT AU COURANT.)
Toute l'entreprise de Rassinier consiste à récuser les
témoins gênants pour sa thèse : Miklos Nyiszli, qui fut médecin à Auschwitz, ou
Kurt Gerstein, ce SS qui assista à des gazages au camp d'extermination de Belzec
en août 1942. Rassinier leur oppose une rhétorique qui, au mieux, se ramène au délire
logique, à un doute pathologique à force d'être systématique.
(UN SIMPLE
CONSEIL : LISEZ RASSINIER ET VOUS VERREZ QUE LA PHRASE PRECEDENTE EST DICTEE PAR
LA PURE MAUVAISE FOI. CES JOURNALISTES SECTAIRES SONT DES DENEGATIONNISTES.)
Il ne cesse par exemple de confondre dans son esprit et celui de ses lecteurs
la capacité d'une installation avec son utilisation effective et semble n'accorder
foi qu'à l'arithmétique pure devenue plus réelle que la réalité historique, surtout
quand elle est utilisée pour contester le bilan du génocide. L'historien Hans Rothfels
écrit ( ) que, 600 000 personnes ayant péri à Belzec, l'évaluation de Gerstein
à 15 000 personnes par jour n'a rien d'invraisemblable ( ). Ce camp ayant officiellement
commencé à exterminer en mars 1942 et cessé en décembre de la même année ( ), cela
fit neuf mois : 270 jours = 15 000 x 270 = 4 050 000 personnes, et non 600 000.
Telle est la qualité des professeurs qui enseignent dans nos universités ! ,
s'indigne Rassinier dans Le Drame des juifs européens. Reproduisant
ce calcul pour les camps de Treblinka et Sobibor, continue Florent Brayard,
Rassinier arrivait pour ces trois camps au total de " 28 350 000 personnes.
Toutes juives. ( ) Voilà ce qu'on ose nous présenter comme un témoignage "digne
de foi". A la fragilité de la démonstration, appuyée sur des sophismes mathématiques,
s'ajoute la défaillance de l'érudition. Florent Brayard l'établit : il faut attendre
le début des années 60 pour que Rassinier daigne jeter un coup d' il aux comptes
rendus du procès de Nuremberg, au protocole de la conférence de la solution finale
de Wannsee ou au Bréviaire de la haine de Poliakov, pourtant tous disponibles
depuis plus d'une dizaine d'années. Ses sources sont, la plupart du temps, de seconde
main, extraites de leur contexte ou puisées dans la littérature antisémite du temps.
(LES PETITS MENSONGES DE CETTE SORTE PROVIENNENT DE PETITS ESPRITS)
Reste
à savoir si Rassinier a été le premier négationniste au sens propre du terme, ou
bien, comme semble le suggérer le titre de l'ouvrage, un simple révisionniste ?
Certes, lorsque paraît, en 1950, Le Mensonge d'Ulysse, on peut croire
qu'il n'est question que de s'en prendre aux exagérations contenues dans certains
récits de déportés. Cependant, si Rassinier n'écarte pas complètement la possibilité
qu'il y ait bien eu des chambres à gaz, il tend à faire croire que leur utilisation
à des fins meurtrières fut exceptionnelle, le fait de quelques officiers pris de
folie criminelle, et en tout cas nullement l'instrument d'un génocide programmé.
(RAPPELONS QUE NOUS ATTENDONS TOUJOURS L'OMBRE D'UN DOCUMENT QUELCONQUE QUI
MONTRERAIT, CHEZ UN RESPONSABLE POLITIQUE DU REGIME NAZI, UNE INTENTION DE SE PREPARER
A IMAGINER UN PROGRAMME DE GENOCIDE. GRILLETRUC SERAIT LE SEUL A LE CONNAITRE ?)
Au nom du pacifisme
Le legs de Rassinier est donc bien une version minimisée du génocide, la disculpation
des dirigeants du IIIe Reich ainsi que de l'Allemagne, au nom du pacifisme, dont
il fut un militant acharné. Dès 1951, l'objectif est d'ailleurs fixé : Si
les Allemands nient tout, écrit Rassinier, ils ne sont pas très
loin de la vérité. Qu'une construction aussi friable ait pu résister
au temps, voilà un mystère dont les clés se trouvaient sans doute dans la vie de
Paul Rassinier.
(C'EST LA PARODIE DE PRESENTATION DES IDEES DE RASSINIER
QUI EST FRIABLE; ELLE EST REGULIEREMENT BALAYEE DEPUIS QUARANTE ANS. RASSINIER RESTE,
LES BRAILLARDS PASSENT.)
Or l'aspect purement biographique du travail de
Florent Brayard demeure décevant. Tout commence, pour lui, à la déportation de Rassinier
à Dora, en 1944. Les décennies de militantisme politique, marquées notamment par
un complexe d'amour-haine entretenu avec le Parti communiste, ne sont évoquées qu'en
quelques pages. Par ses liens et sa correspondance suivie avec Albert Paraz, épigone
de Céline, chroniqueur dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol,
par la sympathie que lui manifestent Maurice Bardèche, le beau-frère de Brasillach,
Céline lui-même, par le soutien des "non-conformistes" du Crapouillot
de Galtier-Boissière ou d'un antisémite déclaré, Henry Coston, Rassinier,
l'ancien déporté résistant, s'enfonce effectivement dans le marigot d'une extrême-droite
en cours de recomposition à laquelle il apporte une inestimable caution bourgeoise
.
(CAUTION BOURGEOISE, RASSINIER ? CE DOIT ETRE DE L'HUMOUR INVOLONTAIRE.
RASSINIER A PUBLIE A L'EXTREME-DROITE PARCE QUE LA COALITION DES PROFITEURS DE LA
DEPORTATION A PU LUI FERMER LES PORTES DE PRESQUE TOUTE LA PRESSE. C'EST D'AILLEURS
CE QU'ILS FONT ENCORE AUJOURD'HUI; LA SEULE PRESSE QUE NE CONTROLE PAS CE CARTEL
EST CELLE DE L'EXTREME-DROITE, SANS PARLER DES PETITS CANARDS AUTONOMES DE L'ULTRA-GAUCHE
OU RASSINIER ECRIVAIT AUSSI. SIGNALONS A CEUX QUI DOUTERAIENT DE L'EXISTENCE D'UN
TEL CARTEL QU'IL VIENT DE SE MANIFESTER A CIEL OUVERT A CHATEAUVALLON OU L'ON A
VU LES SOCIALISTES ET LES MEMBRES DE LA "MAJORITE PRESIDENTIELLE" SE FROTTER LA
COUENNE EN SE JURANT MUTUELLEMENT AIDE ET SECOURS POUR EMPECHER LE FRONT NATIONAL
DE TRADUIRE SES GAINS ELECTORAUX EN POSTES D'ELUS. (JUIN 1996) POUR MENER CE GENRE
D'OPERATIONS NOIRES, IL FAUT LE CONTROLE DE LA PRESSE. ILS L'ONT.)
Pourtant,
si Paul Rassinier a pu éveiller des sympathies plus inattendues, comme celle d'un
Jean Paulhan en révolte contre les prétendus excès de l'épuration,
(UN AVEU
DE TUEUR FRUSTRE : LES EXCES DE L'EPURATION SONT "PRETENDUS". GRILLESACHOSE REGRETTE
D'AVOIR ETE TROP PETIT POUR POUVOIR LUI AUSSI FUSILLER, ETRIPER, PENDRE. JOLI COCO.)
si ce véritable graphomane a pu contribuer fort longtemps à des bulletins pacifistes,
anarchistes et syndicalistes, n'est-ce pas que le terreau dans lequel s'enracine
cette figure de Bonhomme Système dépasse les limites de l'anticommunisme radical
ou des nostalgiques du nazisme ? A la fin d'un ouvrage passionnant, le lecteur reste
somme toute assez peu renseigné sur l'origine de l' idée Florent Brayard
suggère certes que le sentiment de culpabilité propre à bien des survivants des
camps, voire le traitement de faveur dont Rassinier a joui au Revier
(à l'infirmerie du camp), puis au service d'un maître-chien SS, pourrait
expliquer bien des choses. Mais cette piste-là se perd dans les sables.
(ELLE
NE SE PERD NULLEMENT. RASSINIER L'EXPLIQUE EN LONG ET EN LARGE.)
Syndrome de Stockholm
Tous les survivants ne se mirent pas, on le sait, à l'instar de Rassinier, à nier
l'existence des chambres à gaz. Les premières manifestations, décelées par Florent
Brayard chez Rassinier, du célèbre syndrome de Stockholm où l'on voit la victime
adopter le parti de son bourreau constituent d'autres hypothèses intéressantes.
(IL FAUT VRAIMENT UN HAUT DEGRE D'INCULTURE POUR ACCORDER UNE VALEUR GENERALE
QUELCONQUE A DES ELUCUBRATIONS DE PSYCHOLOGUES SADO-MASO. LE SYNDROME EN QUESTION
N'EXISTE EVIDEMMENT PAS.) Mais elles demeurent à étayer. Cela supposerait un
travail de mise en relation de textes, ici fort bien analysés dans leur structure
aberrante, avec la réalité d'une existence, qui reste en revanche fantomatique.
A cet égard, la biographie de Rassinier que Nadine Fresco s'apprête à publier au
Seuil, à l'automne, devrait éclairer ces zones d'ombre, en montrant, entre autres,
comment un homme de gauche, après la Shoah, peut glisser dans l'antisémitisme, en
en proposant une version modernisée.
Nicolas Weill
(VOILA, IN CAUDA
VENENUM, LA RAISON DES RETICENCES DU THURIFERAIRE SUBALTERNE : IL ECRIT EN BAS DE
PAGE; LE HAUT DE LA PAGE EST OCCUPE PAR SON PATRON, ROGER-BAPTISTE DROIT, LEQUEL
EST MAQUE AVEC L'EGERIE DES VIGILANTS, LA MERE FRESCO, QUI VA PUBLIER UN LIVRE.
OUI, ON N'EN CROIT PAS SES YEUX. APRES 25 ANS DE RECHERCHES, ELLE VA ACCOUCHER D'UN
BOUQUIN, SUR RASSINIER, QUI SERA FORCEMENT MEILLEUR PUISQUE C'EST LA FEMME DU PATRON.
DE QUOI DEMANDER UNE PETITE AUGMENTATION, HEIN, NICOLAS ?)
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+++++++++++
Il fallait bien qu'il intervienne. Le Pseudo-Vidal est, on le sait, un
individu
qui s'est mystérieusement substitué à un certain
Pierre Vidal-Naquet, que nous avions
connu autrefois comme un homme éclairé, partisan des
libertés et adversaire de l'oppression, qui s'était fait
connaître, non pas par ses travaux d'helléniste restés
justement
obscurs, mais par une exigence morale en politique qui l'avait amené
à batailler
sur divers fronts.
Dans des circonstances que nous n'avons pas pu élucider, ce
Vidal-Naquet a disparu
et a été remplacé par un imposteur, qui n'entretient
d'ailleurs avec le premier qu'une
ressemblance physique assez vague, et qui publie des écrits d'une
faiblesse intellectuelle insigne, d'une mauvaise foi de maquignon
frénétique, animés d'un ahurissant
désir de nuire, de faire jeter ses adversaires dans des culs de
basse-fosse et même
de les tuer, bref, qui sont entièrement à l'opposé de
ce qu'écrivait, autrefois,
feu Vidal-Naquet. C'est pourquoi, conformément aux usages en vigueur
dans l'histoire littéraire
des périodes troublées ou mal connues, nous désignons
ce second individu sous le
nom de Pseudo-Vidal. Le portrait dessiné qu'en donne Le
Monde
montre à l'évidence qu'il y a eu substitution et grimage :
Le Pseudo-Vidal a beaucoup fait pour l'avancement du
révisionnisme. On se demande
dans certains milieux s'il n'est pas un sous-marin lancé par son
ancien condisciple
Robert Faurisson. En effet, à chaque fois que les ventes de la
Vieille Taupe fléchissaient, le Pseudo-Vidal lançait une
nouvelle campagne de dénonciation publicitaire.
Il est donc normal qu'il vienne pousser à la roue dans la
gigantesque campagne de
lancement du livre de Garaudy, une campagne qui, aux dires des
publicitaires, aurait
coûté, s'il avait fallu acheter tous les espaces
consacrés par les merdia au livre et à ses
remous, une somme de cinq à six millions de Francs. Le Pseudo-Vidal,
même si sa cote
est largement en baisse, était à lui-seul un petit
téléthon. Merci à tous.
Le Monde
, 4 mai 1996
(Commentaires majuscules de Clisthère l'Athénien.)
Pierre Vidal-Naquet analyse les relais
dont disposent les négationnistes
L'historien Pierre Vidal-Naquet a été l'un des premiers
à considérer que, face
aux thèses des négationnistes, exposées à la
fin des années 70, il convenait, sans
débattre avec eux, d'allumer des contre-feux. Tel est l'objectif
assigné aux Assassins de la mémoire
(éditions La Découverte, 1987), recueil d'articles sur la
question de la négation
de la Shoah. Né en 1930, Pierre Vidal-Naquet est, depuis 1969,
directeur d'études
à l'École des hautes études en sciences sociales et
dirige le laboratoire Centre
Louis Gernet de recherches comparées sur les sociétés
anciennes. Ce spécialiste de la Grèce ancienne
a été très engagé dans la lutte contre la
torture à l'époque de la guerre d'Algérie.
Il a publié l'année dernière, en coédition au
Seuil et à La Découverte, le tome 1 de ses
Mémoires (La Brisure et l'Attente).
Son dernier livre s'appelle Réflexions sur le génocide,
publiée à La Découverte en 1995.
Comment analysez-vous la situation du négationnisme
aujourd'hui, après les déclarations
de l'abbé Pierre soutenant Roger Garaudy
Un mot d'abord, sur Roger Garaudy. Voilà un homme,
agrégé de philosophie, qui
s'est converti de façon multiple, d'abord au protestantisme, puis au
communisme puis
au catholicisme, puis à l'islam. Ce n'est donc pas exactement un
exemple de stabilité
intellectuelle. Deuxièmement, il a toujours travaillé d'une
façon extraordinairement
légère. Pour oser soutenir une thèse sur "La
liberté à l'université de Moscou, sous
Staline", il faut quand même avoir une sacrée dose ! En
fait, Roger Garaudy ne travaille
pas, n'a jamais travaillé. Son livre Les Sources
françaises du socialisme scientifique
est un pillage d'autres travaux. Il a toujours été ce qu'on
appellera en termes modérés
un emprunteur de textes.
(ON APPRECIERA CET HOMMAGE RENDU A UN "EMPRUNTEUR DE TEXTES" PAR
UN "AUTEUR DE PREFACES".
ON SAIT QUE L'ESSENTIEL DE L'OEUVRE DU PSEUDO-VIDAL CONSISTE EN PREFACES,
AVANT-PROPOS,
POSTFACES , CE QUI EST UNE MANIERE ECONOMIQUE DE METTRE SON NOM SUR LES
LIVRES DES AUTRES.)
Dans cet ouvrage négationniste, on lit des choses incroyables. Il
confond, par exemple,
Roosevelt et Eisenhower. Il cite les Diaries
de Herzl et, dans la même page, le Tagebuch,
c'est-à-dire le même livre, mais une édition anglaise
dans un cas, une édition allemande
dans l'autre !
(EXTRAORDINAIRE, EN EFFET.)
Il confond le procès Eichmann, en 1961, et le procès Kastner,
qui date de 1953 Il
confond le nombre de morts d'Auschwitz et le nombre de morts de la Shoah.
C'est un livre accablant, fait de contresens historiques effrayants.
Pas un mot
dans le livre sur ce fait capital : la sélection des
déportés sur la rampe d'Auschwitz.
Malgré tout, voyez-vous une cohérence dans son
itinéraire intellectuel ?
Une cohérence dans l'incohérence, oui. Il a toujours
été un spécialiste du n'importe
quoi !
(QUAND C'EST LE "N'IMPORTE QUOI" DU PRESQUE RIEN DE JANKELEVITCH,
ALORS LA MEUTE SE
RECRIE D'ADMIRATION )
Au-delà du livre de M. Garaudy, que pensez-vous de cette
nouvelle éruption de négationnisme
qui, après Robert Faurisson à la fin des années 70,
continue malgré tout
?
C'est le problème de la secte, que Weber opposait avec raison
à l'Église. Nous
avons là une secte pratiquement religieuse.
(ALORS, C'EST PEUT-ETRE LE PSEUDO-VIDAL QUI A INVENTE CETTE ANERIE DE SECTE
? OU
VONT-ILS CHERCHER CA ? DANS L'AIR DU TEMPS ? L'INVOCATION AUX MANES DE MAX
WEBER
VENANT DE LA PART D'UN DES PRINCIPAUX RELIGIONNAIRES DE L'HOLOCAUSTE EST
TRES RIGOLOTE.
ON COMPREND MIEUX POURQUOI IL VOIT SES ADVERSAIRES COMME UNE SECTE. iL
DEFEND SON EGLISE
ETABLIE, RECONNUE PAR LES POUVOIRS CIVILS, QU'IL APPELLE A LA RESCOUSSE.)
Et, justement, Roger Garaudy est un esprit religieux. C'est sa seule
constante: il
est profondément religieux dans son adhésion au marxisme
comme à l'islam. Les sectes
religieuses ne disparaissent pas comme ça. Les révisionnistes
et négationnistes français existent depuis les années
50. Ils ont une spécificité, qui les distingue des Italiens
ou des Américains : leur filiation n'est pas l'extrême droite.
Leur public, ceux
qui les entendent et les suivent est celui de Le Pen, pour appeler les
choses par
leur nom. Mais les intellectuels qui fournissent à ce public des
denrées viennent en fait
de l'ultra-gauche. Rassinier, cet ancien député socialiste
devenu père du révisionnisme,
a fait, dans les années 50, le pont entre l'extrême droite et
l'ultra-gauche.
L'écho que donne l'abbé Pierre à ces
thèses n'en fait-il pas autre chose qu'un phénomène
de secte
?
Bien sûr, l'effet de masse est certain. Mais cela est vrai
depuis le "détail"
de Le Pen. Dans la mesure où un parti comme le Front national
réunit 15 % des électeurs
et reprend sotto voce
ces thèses, il est évident que ce n'est plus de l'ordre de la
secte.
(FAUDRAIT SAVOIR, MON PETIT GARS. C'EST PAS BEN CLAIR, CT'HISTOUERE.
C'EST-Y UNE SECTE,
C'EST-Y POINT UNE SECTE ?)
Le groupe des révisionnistes proprement dit reste exactement le
même. Mais l'écho
est différent. Que l'abbé Pierre s'acoquine avec ces
gens-là est absolument lamentable.
(AH! J'AIME LE LAMENTO DE L'ABBE QUI S'ACOQUINE.)
Certains ont vu dans cette prise de position la résurgence
d'un vieux fond antijuif
de la culture catholique
?
Il faut distinguer les choses. Que l'Église soit contre le
judaïsme religieux,
c'est tout à fait normal. Ce qui est grave dans le texte de
l'abbé Pierre, c'est
quand il parle de la Shoah de Josué. C'est abominable. Bien entendu,
les textes sur
Josué sont effrayants, mais ce sont des textes qui sont absolument
courants dans la littérature
de l'époque. Si vous prenez inversement la stèle de Mesha,
roi de Moab, qui est au
Louvre, vous avez les mêmes appels à l'extermination du voisin
On est dans cet univers là. Alors parler de Shoah à ce sujet
est extrêmement grave.
(MAIS POURQUOI DONC ? CES APPELS A L'EXTERMINATION SEMBLENT AVOIR ETE
SUIVIS D'EFFETS.
SI, COMME LE DIT LE PSEUDO-VIDAL, LES TEXTES SUR LA PRISE DE POSSESSION DE
LA PALESTINE
PAR LES ANCIENS HEBREUX "SONT EFFRAYANTS", DOIT-ON LES PASSER
SOUS SILENCE QUAND
ILS SONT INVOQUES PAR LES JUIFS MODERNES QUI EN FONT LA BASE DE LA
LEGITIMITE DE LEUR
PRISE DER POSSESSION DE CETTE MEME PALESTINE PAR LES MOYENS DE LA GUERRE ET
DU MASSACRE
? TOUT CE QU'IL PEUT DIRE C'EST "C'EST EXTREMEMENT GRAVE". OUI,
L'OCCUPATION DE LA PALESTINE EST EXTREMEMENT GRAVE, QU'ON PARLE OU NON DE
LA "SHOAH" A CE PROPOS. ET
CETTE GRAVITE DURE ET FAIT SCANDALE BEAUCOUP PLUS ET PLUS LONGTEMPS QUE LE
BREF REGIME
NAZI. JE LE SIGNALE EN PASSANT.)
La société française est-elle plus
prête aujourd'hui qu'il y vingt ans à entendre
ce genre de thèses ?
Des verrous ont sauté au moment où l'extrême
droite a eu 15 % des voix. S'il
n'y avait pas eu ce fait-là, je crois que livre de Garaudy et la
prise de position
de l'abbé Pierre auraient été à peine
remarqués. Mais je pense qu'un autre facteur
pèse, celui d'une certaine lassitude de la société
française envers une historiographie qui
s'est par trop concentrée sur la Shoah. Il y a, en somme, trois
périodes. Une première,
où l'on ne s'est pas intéressé du tout à la
déportation juive: à la Libération, les
déportés étaient une seule et même
catégorie. Cela a durée une quinzaine d'années.
Ensuite, on s'est intéressé au caractère absolument
spécifique de la déportation
juive. Aujourd'hui, à mon avis fort heureusement, on revient
à un certain équilibre:
on reconsidère aussi l'autre déportation. Il y a eu une
sacralisation de la Shoah, et cela
me semble extraordinairement dangereux. La Shoah n'est pas une affaire de
culte.
Elle n'a pas à s'adapter aux variations de la politique
israélienne. Il faut que
les historiens travaillent et continuent à travailler.
(PREMIERE SERIE D'AVEUX:
-- SACRALISATION DE LA "SHOAH"
LE PSEUDO-VIDAL N'EST PAS SANS Y AVOIR SA RESPONSABILITE
-- LA "SHOAH" EST UNE AFFAIRE DE CULTE.
C'EST A DIRE QU'IL DEPLORE QU'ELLE LE SOIT (TOUT EN PARLANT INCONSIDEREMENT
DE "SECTE"
A PROPOS DES REVISIONNISTES.)
-- ELLE EST UN ENJEU DE LA POLITIQUE ISRAELIENNE
IL N'ARRIVE PAS A DIRE QU'ELLE EST AUSSI UN ENJEU DANS LA POLITIQUE DES
"COMMUNAUTES"
JUIVES, EN FRANCE ET AUX ETATS-UNIS, ET AILLEURS.
-- LES HISTORIENS NE TRAVAILLENT PAS.
DIFFICILE, POUR NE PAS DIRE IMPOSSIBLE, DE TRAVAILLER SEREINEMENT DANS LE
SACRE ET
DANS LES ENJEUX POLITIQUES.
CA FAIT DEJA UN BON PAQUET, SACRE PSEUDO !)
Pensez-vous que l'historiographie française a fait son
travail sur le sujet
?
L'historiographie française est restée longtemps
médiocre, pour deux raisons.
La première, c'est le syndrome de Vichy, qui commence à
être levé depuis les déclarations
du président de la République.
(LE PSEUDO-VIDAL S'ALIGNE SUR LE SPECIALISTRE DU CHANTAGE POLITIQUE, MAITRE
KLARSFELD.
FEU VIDAL-NAQUET ETAIT REPUBLICAIN ET N'AURAIT JAMAIS PARTICIPE A CETTE
DEGRADATION
DES PRINCIPES.MAIS PEUT-ETRE CHIRAC DONNERA-T-IL AUSSI UNE MEDAILLE. LE
PSEUDO-VIDAL
SAIT COMMENT LES DEMANDER.)
Ensuite, en France, nous avons toujours une sorte de panique devant
l'histoire contemporaine.
Même les travaux, pour la plupart excellents, de l'Institut
d'histoire du temps présent
n'ont pas complètement pu la dissiper.
(LES RAISONS QU'IL DONNE SONT ASSEZ FANTAISISTES MAIS L'AVEU EST LA:
LES HISTORIENS FRANCAIS DE CETTE PERIODE SONT MEDIOCRES; ON POURRAIT MEME
DIRE FRANCHEMENT
QU'ILS SONT NULS.)
Cette faiblesse a-t-elle laissé le champ libre aux
négationnistes
?
Sans le moindre doute. Encore qu'en Allemagne ou aux
États-Unis, où il n'y a
pas cette faiblesse de l'historiographie, le négationnisme a
prospéré. Mais en France,
il a pu plus aisément se développer.
A-t-il une plus grande audience aujourd'hui
?
Intellectuellement, non, c'est mort. Mais, politiquement et
socialement, grâce
au relais que donnent à ce genre de théories aussi bien Le
Pen que l'abbé Pierre,
c'est effectivement en poussée. Cela traduit peut-être une
sorte d'inconscient de
la société française. N'y a-t-il pas dans notre
société une vieille tradition qui empêche
de mesurer la profondeur de cette histoire ? Je crains que la prise de
position de
l'abbé Pierre ouvre les vannes d'une poussée antisémite.
(COMME TOUJOURS. IL Y A TOUJOURS UNE VANNE QUI S'OUVRE ET UNE VENTRE QUI
EST FECOND.
CETTE LITANIE EST VRAIMENT BARBANTE.)
La demande de l'abbé Pierre d'un colloque d'historiens ne
risque-t-elle pas d'introduire
le négationnisme dans le débat public
?
Bien sûr, et cela, je le refuse de la façon la plus absolue.
Le jour où l'on accepte
un de ces messieurs dans un débat public à la
télévision ou dans un colloque d'historiens,
ils ont gagné la partie, ils sont considérés comme une
école. Il faut le leur refuser impitoyablement.
(DANS LA SERIE DES AVEUX, VOICI LE PLUS BEAU ET LE PLUS GROS:
"LE JOUR OU L'ON ACCEPTE UN DE CES MESSIEURS DANS UN DEBAT PUBLIC A LA
TELEVISION
OU DANS UN COLLOQUE D'HISTORIENS, ILS ONT GAGNE LA PARTIE."
DIRE CECI D'UNE MOUVEMENT INTELLECTUELLEMENT "MORT" C'EST PARLER
DE L'OUTRE-TOMBE.
ON NE PEUT PAS ETRE PLUS FRANC ET PLUS CLAIR POUR DIRE QU'EN FACE DES
REVISIONNISTES,
IL N'Y A QUE DES ZEROS. NOUS L'AVIONS REMARQUE, CHER PSEUDO-VIDAL. MERCI DE
LE DIRE
AUX AUTRES.)
tes-vous favorable à la loi Gayssot, qui permet de
condamner des personnes pour
négation de crimes contre l'humani
té"?
J'ai toujours été absolument contre cette loi, avec
d'ailleurs la grande majorité
des historiens. Elle risque de nous ramener aux vérités
d'État et de transformer
des zéros intellectuels en martyrs. L'expérience
soviétique a montré où menaient
les vérités d'État. La loi de 1972 contre le racisme
suffit amplement.
(ELLE EST POURTANT, CETTE LOI DE 1972, DE MEME NATURE. ELLE PRETEND IMPOSER
UN MODE
DE PENSER ET D'EXPRESSION. ELLE NE PASSERAIT PAS UN EXAMEN DE
CONSTITUTIONNALITE.)
Propos recueillis par François Bonnet et Nicolas Weill
(CE SACRE PSEUDO-VIDAL, IL ME FAIT TOUJOURS PENSER A SERAPHIN LAMPION, DANS
"TINTIN",
CELUI QUI CROIT QU'IL FAIT RIRE TOUT LE MONDE ET QUI FAIT EFFECTIVEMENT
RIRE TOUT
LE MONDE PARCE QU'IL N'ARRIVE A FAIRE RIRE PERSONNE.)
++++++++++++++++++++++++++++++
Le Monde , 5-6 mai 1996
(Commentaire majuscules de Mme Bonacieux)
La Shoah, la mémoire et les historiens
Avec la disparition de ceux qui en ont été les contemporains, le génocide des
juifs par les nazis quitte inexorablement le monde des tribunaux, de la littérature,
de la réflexion métaphysique ou religieuse pour celui de la recherche.
(ON
DIRAIT QUE LE JOURNALISTE REGRETTE QUE CE SOIT DU PASSE)
Au milieu des années
80, l'historien canadien Michael Marrus constatait que le champ de la recherche
sur la Shoah était d'ores et déjà devenu trop vaste pour qu'un seul individu puisse
prétendre le maîtriser.
(C'EST TRES PRATIQUE, CETTE EXCUSE DE LA SURABONDANCE
DES TRAVAUX: POUR ELIMINER UNE PARTIE DE LA RECHERCHE, ON PRETEND SIMPLEMENT A L'IGNORANCE
LEGITIME).
A cette époque, une bibliographie sélective recensait déjà près
de deux mille ouvrages, en toutes les langues, et plus de dix mille publications,
rien que sur Auschwitz.
(COMME CA, LE JOURNALISTE PEUT PARLER SEULEMENT DE
CE QUI LUI PLAIT : LE RESTE, IL N'A PAS EU LE TEMPS DE LE LIRE. ET IL CROIT POUVOIR
AINSI SE FAIRE PASSER POUR HISTORIEN: GENIAL, NON? LE VERITABLE HISTORIEN, DE MEME
QUE LE SUJET PENSANT DOUE DE RAISON RAISONNANTE, A DEJA TOURNE LA PAGE: ASINUS ASINUM
FRICAT). Pendant les quinze années qui suivent la deuxième guerre mondiale, les
historiens du génocide des juifs ont pourtant travaillé dans une certaine solitude.
L'attention et l'intérêt du public ne datent guère que du procès Eichmann, en 1961.
En France, le négationnisme, dès les années 50, fleurit sur cette ignorance. Certains
historiens, pourtant, n'avaient pas attendu la fin du conflit pour passer au stade
de l'analyse. Ainsi Franz Neumann, aux États-Unis décrit, dès 1942, le système chaotique
du IIIe Reich, et c'est lui qui sera l'inspirateur de Hilberg. Même au seuil de
l'anéantissement, des historiens juifs ont tenu à décrire ce qu'ils subissaient
en recourant à des méthodes de professionnels : Simon Doubnov par exemple, dont
les notes sur le ghetto de Riga n'ont pas été retrouvées à ce jour, ou Emmanuel
Ringelblum, historien du judaïsme polonais avec son Journal du ghetto
de Varsovie. Longtemps, le Bréviaire de la haine, de Léon Poliakov,
publié au début des années 50, a fait figure de somme jusqu'à ce que
paraisse aux États-Unis, en 1961, le livre de Raul Hilberg, lequel exploitait pour
la première fois les sources archivistiques allemandes. Depuis sa Destruction
des juifs d'Europe (Fayard) qui n'a guère été dépassée, et l'histoire érudite
de la Shoah a pris son essor, essentiellement dans les universités ou les centres
de recherche américains, allemands et israéliens. A la différence du témoin,
du romancier ou du scénariste, l'historien travaille à partir d'archives, en citant
ses sources.
(MAGNIFIQUE AMALGAME: EN REALITE, SI LE TEMOIN ET L'HISTORIEN
PARTICIPENT EN EFFET A UN MEME ENSEMBLE, CELUI DE LA CONNAISSANCE DE LA REALITE,
RIEN NE PERMET DE COMPARER LEUR DEMARCHE: LE TEMOIN SE CONTENTE DE RACONTER UNE
EXPERIENCE PERSONNELLE QU'IL A VECUE PAR HASARD, TANDIS QUE L'HISTORIEN SE CONSACRE
VOLONTAIREMENT A L'ETUDE SYSTEMATIQUE D'UNE REALITE POUR LA CONNAISSANCE DE LAQUELLE
UN ENSEMBLE DE TEMOIGNAGES N'EST QUE L'UNE DES SOURCES. QUANT AU ROMANCIER ET AU
SCENARISTE, ILS ARRIVENT ICI POUR FAIRE CROIRE QUE L'HISTOIRE C'EST DU ROMAN ENSEIGNE
A L'UNIVERSITE ET QU'A CE TITRE, ON PEUT RACONTER N'IMPORTE QUOI). Il tente aussi
d'établir une certaine distance critique avec son sujet.
(?? DE QUI L'IMBECILE
SE MOQUE-T-IL, DEPUIS QUAND LA DISTANCE CRITIQUE EST-ELLE UN OUTIL ENTRE AUTRES
DE L'HISTORIEN? SI QUELQU'UN A ENVIE DE S'ENTENDRE RACONTER SOUS LE NOM D'HISTOIRE
LES ELUCUBRATIONS PERSONNELLES DU JOURNALISTE WEILL, QU'IL SACHE QUE LE PIETON DE
PARIS A SUIVI POUR LUI LE TRIBUNAL POPULAIRE DUDIT JOURNALISTE ET QUE MALGRE LE
MALAISE QUI LE SAISIT DEVANT CET ABIME DE LA BETISE HUMAINE, IL SERA LA JUSQU'AU
BOUT).
Pendant longtemps, il est vrai, cette attitude ne lui a pas assuré
bonne presse, notamment auprès des survivants
(SERIEUSEMENT, QUEL HISTORIEN
SE SOUCIE-T-IL DE FAIRE BONNE PRESSE AUPRES DE SES TEMOINS ?).
La froideur
requise par la discipline était jugée inadéquate à la monstruosité de l'événement.
L'historien israélien Yehuda Bauer, pourtant spécialiste reconnu, a vu ainsi dans
l'approche universitaire du génocide des juifs une façon de noyer "larmes
et souffrances dans un océan de notes". Aujourd'hui, on peut néanmoins
penser que le massacre le plus systématique de l'histoire humaine est appelé à perdre
inéluctablement son statut d'objet de mémoire, avec la disparition de ceux qui en
ont été les contemporains. Il quitte inexorablement le monde des tribunaux, de la
littérature, de la réflexion métaphysique ou religieuse pour celui de la recherche.
(ENCORE UNE FOIS, L'ASSOCIATION DE TOUTES CES APPROCHES NOUS INTERLOQUE)
Ce monde-là n'en bruit pas moins de nombreux débats. L'ouverture et l'exploitation
des archives de l'ex-Union soviétique éclaireront sans doute plus d'une zone encore
laissée dans l'ombre. Ainsi, dans les archives soviétiques, Jean-Claude Pressac
a pu exhumer des documents décisifs sur la technique de l'extermination employée
à Auschwitz.
(CET ENORME MENSONGE EST VOLONTAIRE. LES DOCUMENTS PORTENT SUR
L'INCINERATION. AUCUN DOCUMENT SUR LES 160 000 PIECES EXAMINEES PAR PRESSAC NE PARLE
D'EXTERMINATION NI MEME DE MEURTRE.) C'est là aussi qu'on a retrouvé un train
entier de lettres de soldats allemands accompagnées de photos qui confirment l'implication
de la Wehrmacht dans les massacres de juifs; responsabilité de l'armée allemande
qu'avaient pressentie, dès le début des années 80, Helmut Krausnick et Hans-Heinrich
Wilhelm. En attendant que ces nouveautés soient intégrées à l'historiographie, un
certain nombre de débats continuent à préoccuper les historiens.
(COMME LE
THURIFERAIRE SUBALTERNE WEILL NE PEUT PAS TOUT CONNAITRE SUR LE SUJET, IL SE CONTENTE
DE PARLER DES HISTORIENS ET LAISSE DE COTE POUR LE MOMENT LES ROMANCIERS ET LES
SCENARISTES. IL Y REVIENDRA SUREMENT DANS UN PROCHAIN ARTICLE) L'un d'eux porte
sur la question du caractère unique de la Shoah par rapport aux autres atrocités
du XXe siècle, les massacres des Arméniens ou bien les "famines de terreur" dans
le cadre de la guerre déclarée par Staline à la paysannerie dont le bilan avait
été estimé par l'historien britannique Robert Conquest à treize millions de victimes,
de 1930 à 1937. Avec leur cinq à six millions de victimes, depuis l'enfermement
dans les ghettos, en 1940, les fusillades des "commandos mobiles de tuerie", l'interdiction
aux juifs d'émigrer, le 23 octobre 1941, les premiers gazages au camp d'extermination
de Chelmno en décembre 1941, jusqu'aux meurtrières évacuations des camps en 1945,
les juifs d'Europe ont été ceux qui ont le plus souffert en proportion.
(C'EST CA QU'IL FAUDRAIT ETABLIR PAR QUELQUES COUPS DE FORCE SEMANTIQUES. CE QUI
COMPTE C'EST ETABLIR LA BASE ETHIQUE DE L'IMPUNITE D'ISRAEL QUI POURRA USER DE TOUTES
LES TECHNIQUES NAZIES SANS SE FAIRE CRITIQUER. L'UNICITE DE LA "SHOAH" EST UN INSTRUMENT
DE TERREUR CONCRETE.)
Des juifs seuls les nazis avaient planifié l'annihilation
totale. Le "génocide" terme forgé en 1943 par le juriste américain
(POLONAIS) Raphael Lemkin n'est pas le plus grand massacre que le monde ait connu.
Mais il n'est pas non plus un massacre "ordinaire". Le mécanisme bureaucratique
d'un État moderne qui y a été appliqué lui confère incontestablement sa spécificité.
(NOUS POUVONS AFFIRMER QUE JAMAIS, DANS AUCUN AUTRE DOMAINE, ON N'A PRETENDU
QUE LES HISTORIENS DEVAIENT COMPARER DES HORREURS ENTRE ELLES ET DIRE LAQUELLE ETAIT
LA PIRE: RELISEZ DONC LE RECIT DE L'EXECUTION DE RAVAILLAC ET DE CELLE DE DAMIEN)
Un des autres débats de la communauté scientifique oppose ceux qui voient dans
l'extermination l'application d'un programme et ceux qui en font le résultat d'un
engrenage. Pour les premiers l'école "intentionnaliste" , il y aurait continuité
entre l'antisémitisme hitlérien et le génocide. A l'appui de cette thèse, qui dérive
du procès de Nuremberg, lequel visait à établir la culpabilité des chefs nazis sur
la base d'une "conspiration", on cite des textes d'avant- guerre dans lequel Hitler
en appelle déjà à la disparition des juifs et notamment le fameux discours du 30
janvier 1939, où le Führer "prophétise" "l'anéantissement de la race juive
en Europe ".
(DE MEME, LES PROPHETES DE MALHEUR QUI ANNONCENT L'ANEANTISSEMENT
DE L'AFRIQUE ET DE L'ASIE PAR LE SIDA SERONT, S'IL ADVIENT UN JOUR, RESPONSABLES
DES FAITS PAR LEUR SEULE PROPHETIE)
On ne peut nier que l'antisémitisme de
Hitler en particulier, et de l'Allemagne de cette époque en général, ait joué son
rôle dans ce qui allait devenir la "solution finale", notamment dans la contribution
très directe qu'un certain nombre de citoyens ordinaires allaient apporter à ce
massacre. Au début de 1996, le livre controversé d'un jeune politologue américain
de l'université Harvard Daniel Goldhagen, Hitler's Willing Executioners
("Les bourreaux consentants de Hitler"), a remis l'accent sur ce point. Il
entend montrer que, si tant d'Allemands ont directement trempé dans le génocide,
et en tout cas l'ont soutenu, c'est parce que la haine antijuive était profondément
ancrée dans leur culture. D'autres études, comme celle du Britannique Ian Kershaw,
qui a analysé de près l'opinion publique en Bavière à l'époque nazie, estiment plutôt
que "la route d'Auschwitz fut tracée par la haine mais pavée d'indifférence".
(OUI, ON PEUT QUALIFIER CES DIFFERENCES D'APPRECIATION ENTRE GOLDHAGEN
ET KERSHAW DE VERITABLE DEBAT JUSTIFIANT A LUI SEUL L'EXISTENCE DE LA RECHERCHE
BRITANNIQUE AUSSI BIEN QUE CELLE DE L'UNIVERSITE DE HARVARD).
Plutôt que
par un antisémitisme séculaire, le meurtre de masse s'expliquerait donc par le
fonctionnement du système du IIIe Reich, imposant la "solution finale"
pièce à pièce. Il s'agit de la tendance dite "fonctionnaliste". Les tenants de cette
théorie soulignent l'atmosphère de radicalisation et d'emballement meurtrier qui,
à partir de mars 1941, période de préparation de l'invasion de l'Union soviétique,
s'empare de la machine nazie. L'Allemand Martin Broszat estime même et cela n'entraîne
aucune disculpation de Hitler que les premiers massacres sont le fruit d'une série
d'initiatives locales, au départ improvisées puis mises en ordre. La fameuse conférence
de Wannsee, le 20 janvier 1942 sous la direction de Heydrich ne viendrait, du coup
qu'étendre à l'ensemble de l'Europe, où onze millions de juifs sont recensés, une
tuerie qui a déjà commencé depuis des mois dans le sillage de l'invasion de l'URSS.
Pour le Suisse Philippe Burrin, c'est à l'automne 1941 que le processus de décision
menant à la "solution finale" se cristallise, comme une sorte de revanche prise
contre les juifs du piétinement de la Wehrmacht devant Moscou. Hormis quelques
allusions, on n'a jamais trouvé de décret écrit de Hitler ordonnant la "solution
finale" et, comme le dit Michael Marrus, "aussi incroyable que cela puisse
paraître dans cette atmosphère enfiévrée l'"ordre" d'envoyer des millions de gens
à la mort n'a peut-être été qu'un simple "signe de tête" de Hitler à ses lieutenants".
(ON VOIT AINSI L'INTERET DU RAPPROCHEMENT ENTRE LE ROMANCIER ET L'HISTORIEN
: PUISQUE LES DEUX SE CONFONDENT, AU FOND, RIEN N'EMPECHE L'HISTORIEN D'INVENTER
UN FORMIDABLE LANGAGE DE SOURDS-MUETS, OU UN SIMPLE SIGNE DE TETE SIGNIFIE "ENVOYER
DES MILLIONS DE GENS A LA MORT" CETTE SUPERBE IMAGINATION MERITERAIT BIEN UN PETIT
NOBEL.)
Autre difficulté que rencontrent les historiens de la période : la
pratique systématique de l'euphémisme et du codage dans le langage officiel nazi.
"Traitement spécial", "évacuation", "éloignement" constituent autant de camouflages
du meurtre de masse. Himmler, lors du discours de Posen, le 4 octobre 1943, destiné
à "mouiller" les dignitaires du Reich dans la "solution finale", ne sort de sa réserve
que pour recommander le secret: "Ce sujet, dit-il, doit être
abordé entre nous en toute franchise, mais nous n'en ferons jamais mention en public.
Je veux parler de la liquidation des juifs, de l'extermination de la race juive.
C'est une question dont il faudrait parler librement: les juifs doivent être exterminés.
C'est notre programme et nous devons l'appliquer."
(PRESSAC A MONTRE,
APRES D'AUTRES, QUE S'IL Y AVAIT UN JARGON, COMME DANS TOUTE ACTIVITE, IL N'Y AVAIT
PAS DE CODAGE. LES CODES DE TRANSMISSION, EUX, ETAIENT DECHIFFRES PAR LES ALLIES.
PAS DE SECRET.) Plus récemment, l'historiographie s'est penchée sur le rôle moteur
de l'idéologie raciale et eugéniste dans l'origine du génocide. Les ouvrages de
Gitta Sereny et du Britannique Michael Burleigh ont mis en évidence les lignes de
continuité entre la volonté de suppression des malades mentaux et des handicapés
le fameux programme T4 qui fera près de cent mille victimes et la Shoah. Certains
des "techniciens" de l'euthanasie se retrouveront dans les camps de la mort, comme
Christian Wirth ou Franz Stangl à Treblinka. (RIEN DE RECENT LA-DEDANS.) D'autres
chantiers, dépassant la querelle entre intentionnalistes et fonctionnalistes, se
sont désormais ouverts à une historiographie qui, après avoir consacré beaucoup
d'attention et d'efforts aux bourreaux, se penche sur les victimes, notamment autour
de la sensible question des Judenräte, soulevée par Hannah Arendt à
l'époque du procès Eichmann (les "conseils juifs" formés par les Allemands pour
gérer les ghettos et les communautés en attente de destruction). Le thème de la
résistance juive oppose depuis longtemps Raul Hilberg, qui en fait peu de cas, à
l'historiographie israélienne, qui, elle, a tendance à la mettre en valeur. Depuis
le début des années 80, on sait, grâce au Terrifiant secret de Walter
Laqueur que le monde a été informé bien plus tôt qu'on ne le pensait généralement
du plan d'extermination en cours.
(C'EST UN LIVRE, ECRIT PAR UN ANCIEN ESPION,
QUI DEMONTRE QUE LES BOBARDS CIRCULAIENT EFFECTIVEMENT ET QUE LES RESPONSABLES POLITIQUES
N'ETAIENT PAS ASSEZ NAIFS POUR Y CROIRE. IL SAPE LES BASES DE LA CROYANCE DANS LA
SHOAH SANS MEME S'EN RENDRE COMPTE. LAQUEUR ENFONCE DES PORTES QUI ONT ETE LARGEMENT
OUVERTES LONGTEMPS AVANT LUI PAR LE REVISIONNISTE ARTHUR BUTZ)
Au moins officiellement:
dès le mois d'août 1942, quand l'information parvient aux États-Unis, par le biais
d'un télégramme du représentant en Suisse du Congrès juif mondial, Gehrardt Riegner.
La conséquence est l'inévitable réexamen de l'attitude des alliés et des neutres:
pouvaient-ils "faire quelque chose" ? L'étude des négociations entre nazis et juifs,
de la mauvaise volonté des Britanniques à bombarder Auschwitz à l'été 1944 commence
à fournir quelques éléments de réponses. Enfin, de nombreux historiens s'intéressent
depuis quelques années à l'histoire de la mémoire du génocide, comme Annette Wieviorka
(DITE LA LUGUWRE) en France, voire à celle de son exploitation politique post
factum, comme Tom Segev en Israël. Sans doute, les grandes sommes explicatives
et globalisantes laissent place à des études plus pointues.
(C'EST MARRANT.
D'HABITUDE, ON COMMENCE PAR LES ETUDES SPECIALISEES AVANT D'EN FAIRE LA SOMME. OU
ALORS, L'HISTOIRE, C'EST COMME LE CHRISTIANISME : D'ABORD LA REVELATION PUIS LES
BONS AUTEURS QUI VONT EN CHERCHER DES PREUVES A POSTERIORI UN PEU PARTOUT)
Mais n'est-ce pas la preuve qu'on en sait de plus en plus sur la Shoah et que
ce savoir demeure sans doute le meilleur antidote contre ceux que Pierre Vidal-Naquet
appelait "les assassins de la mémoire"?
Nicolas Weill
* Parmi les ouvrages généraux disponibles en poche, signalons, de Michael Marrus,
L'Holocauste dans l'histoire, Champs-Flammarion (336 p., 53 F (15 CENTIMES
LA PAGE: PAS CHERE, LA PAGE DE REVELATION); de Raul Hilberg, La Destruction
des juifs d'Europe, Folio (en deux volumes); d'Anne Grynberg, La Shoah,
l'impossible oubli, Découvertes-Gallimard (176 p., 87F); de Georges Bensoussan,
Histoire de la Shoah, "Que sais-je"PUF ++++++++++++++++++++++++++++++
Pendant ce temps-là les malheureuses victimes du nazisme se livraient pour
des raisons évidemment électorales à une joyeuse boucherie de civils libanais. On
n'avait pas seulement mis 400 000 personnes sur les routes en menaçant de bombarder
leurs maisons, pour la deuxième fois en quelques mois, mais on avait choisi de rassurer
la électeurs de droite, qui semblaient écouter d'une oreille trop attentive les
discours de leurs candidats qui parlaient de "sécurité". Pérès a donc pensé qu'une
peu de sang arabe sur les murs montrerait qu'on pouvait compter sur lui. J'aime
que ce soient ces gens-là, assassins de masse et récidivistes, qui viennent, le
regard embrumé, la voix grave, la main sur le coeur, vous casser les pieds avec
les histoires de "shoah".
Le Monde , samedi 4 mai 1996
Le bombardement par Israël du quartier général des casques bleus à Cana aurait
été délibéré
Washington s'opposerait à la publication d'un rapport écrit
de l'ONU
NEW YORK (Nations unies) de notre correspondante
En raison d'importantes pressions politiques, les conclusions d'une enquête
de l'ONU sur le massacre de Cana, au Liban sud, pourraient ne pas être rendues publiques
dans leur totalité. Pourtant, selon toutes les indications , rapportent
des sources bien informées, le bombardement israélien, le 18 avril, du quartier
général du contingent fidjien des casques bleus de la Force intérimaire de l'ONU
au Liban (Finul) au cours duquel cent deux personnes ont été tuées aurait été délibéré.
Décidée par le secrétaire général de l'ONU, Boutros BoutrosGhali, l'enquête a été
menée par le général hollandais, Frank Van Kappen, qui a passé une semaine dans
la région. Les conclusions en ont été soumises aux diplomates israéliens à New York.
Les États-Unis ayant exercé des pressions, une version édulcorée des conclusions
de l'enquête pourrait être présenté au Conseil de sécurité dès la semaine prochaine.
"Les États-Unis préfèrent que l'on ne présente aucun rapport écrit au Conseil,
explique un diplomate occidental mais le groupe arabe insistera, et
il sera extrêmement difficile au secrétaire général de refuser. "
Pas d'erreur possible
Selon des sources informées les responsables onusiens auraient demandée des "clarifications"
sur deux questions précises concernant le bombardement israélien. Une réponse
serait attendue à l'ONU lundi. Un "dialogue " sur les
mesures à prendre pour éviter que ce genre d'"incident "
ne se reproduise a aussi été entamé entre les Nations unies et le gouvernement
israélien. L'État juif a toujours maintenu que l'attaque était une erreur, et sans
sa pleine coopération avec l'ONU, il sera "quasiment impossible" de
prouver, "sans aucun doute" possible, une décision délibérée de bombarder
des civils ayant cherché refuge dans le quartier général des "casques bleus" fidjiens.
Pourtant, selon des sources bien informées à New York "toutes les indications"
montrent qu'aucune erreur n'a pu être possible et l'enquête établit ce fait. Il
reste à savoir, disent les diplomates, "à quel niveau du gouvernement
israélien la décision d'attaquer le camp a été prise ". L'enquête indiquerait
aussi que les militants du mouvement chiite Hezbollah ont "pris l'habitude"
de se réfugier dans le camp de la Finul, et que le 18 avril, après avoir
tiré des roquettes à partir d'un lieu proche d'un poste de la Finul à Cana, ils
ont trouvé refuge auprès des "casques bleus". Quant à une éventuelle "coopération"
de ces derniers avec le Hezbollah, des sources militaires ont déclaré au Monde
qu' "ayant vécu trop longtemps" avec le Hezbollah, les soldats
fidjiens ont plutôt la réputation d'être "pro-israéliens, non l'inverse".
Déployés au Liban sud, depuis mars 1978, les casques bleus n'ont jamais pu
empêcher les hostilités entre les parties adverses. L'avenir de la Finul, forte
de 4856 hommes, pourrait fair l'objet d'un débat au Conseil de sécurité, lors du
renouvellement de son mandat, à la fin de juillet.
Afsané Bassir Pour
+++++++++++++++++++++++++++++
Il faut que les ténors s'expriment. Jacques
Julliard, homme à tout faire et à toutes mains, syndicaliste-éditeur-journaliste-professeur-penseur,
invité à la télé et à faire croire aux petits employés que le Nouvel Observateur
est un journal d'intellectuels, Jacques Julliard, donc, se devait de "prendre position"
dans la douloureuse affaire Garaudy-Abbé Pierre.
Le Nouvel Observateur
, 25 avril-1er mai 1996 (commentaire majuscule de Bécassine, qui a trempé son
nez dans la bassine.)
La chronique de Jacques Julliard
La faute de
l'Abbé
Le fondateur d'Emmaüs a maladroitement cautionné les "assassins de
la mémoire". Mais il appartient aux historiens de tenter d'établir la vérité historique.
(TACHE QUI CONSISTE A ASSASSINER LA MEMOIRE, QUI COMME CHACUN SAIT, TRAVAILLE
SELECTIVEMENT ET IMPARFAITEMENT) Non aux législateurs. Consternantes en effet,
comme l'a dit en ch ur l'ensemble de la presse,
(NOTEZ BIEN QU'IL N'Y A QUE
LA PRESSE A L'AVOIR DIT: PAS UNE MANIF, PAS UNE PETITION, PAS UNE DECLARATION DE
LA CLASSE POLITIQUE, PAS UN MOT DE NOS GRANDS ET COURAGEUX LEADERS, PEU SOUCIEUX
DE PERDRE DES VOIX S'ILS OSAIENT S'ATTAQUER A L'ABBE.)
les déclarations de
l'abbé Pierre à propos de son ami Roger Garaudy, poursuivi par le MRAP pour "négationnisme".
(NON, LE MRAP A LA TROUILLE) Consternantes, mais surtout stupéfiantes, au point
que chacun de nous éprouve le besoin de défendre l'abbé contre lui-même : une vie
entière consacrée à la lutte contre la misère, l'exclusion et le racisme ne saurait
être abolie par des déclarations où la légèreté le dispute à un sens exagéré de
l'amitié. L'abbé Pierre ne connaît pas bien l'histoire des camps de concentration.
(D'AILLEURS IL N'EN PARLE PAS, CE QUI PROUVE QU'IL EST INTELLIGENT) Mais
sa caution, qui n'était déjà guère convaincante,
(RAPPELONS DE QUELLE NATURE
ELLE ETAIT: NULLEMENT HISTORIQUE, PUISQUE L'ABBE SE CONTENTAIT D'AFFIRMER AVOIR
CONFIANCE EN SON AMI ET DECLARAIT LE CROIRE INCAPABLE D'UNE MAUVAISE ACTION. CELA
S'APPELLE UNE CAUTION MORALE, ET QUI MIEUX QUE LUI POUVAIT LA DONNER ? LA PRESSE
FRANCAISE ?) s'évanouit tout à fait quand il vante "l'éclatante érudition"
d'un autre non-historien, dont il avoue avoir lu le livre en diagonale. Il
y a des limites à l'aveuglement que procure l'amitié. Nul aujourd'hui ne peut
l'ignorer : il existe aujourd'hui en France, mais aussi aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne
, une bande de pseudohistoriens, mais vrais antisémites, acharnés à nier la réalité
d'une entreprise de génocide menée par les nazis contre les juifs au cours de la
Seconde Guerre mondiale. Ils nient que le pouvoir hitlérien ait jamais formé ce
projet; ils nient que les camps d'extermination et l'action des Einsatzgruppen dans
l'Europe de l'Est en aient été l'application; ils contestent les ordres de grandeur,
forcément approximatifs, quant au nombre des victimes, juives et aussi tsiganes,
de cet abominable dessein. Les procédés de ces "assassins de la mémoire"
(Pierre Vidal-Naquet) sont bien connus.
(RAPPELONS QUE CETTE EXPRESSION
EST EMPRUNTEE AU VOCABULAIRE DE L'IDEOLOGIE IMPERIALE ROMAINE PUIS BYZANTINE: LORSQU'UN
EMPEREUR HAI DU SENAT MOURAIT, LES PERES CONSCRITS VOTAIENT L'ABOLITION DE SA MEMOIRE
QUI SE TRADUISAIT PRATIQUEMENT PAR LA SUPPRESSION DE TOUS SES PORTRAITS ET DE TOUTES
LES REFERENCES A SON NOM; PUIS A EXISTE LA FONCTION DE MAGISTER MEMORIAE, OU MAITRE
DE MEMOIRE, TITRE DE L'HISTORIOGRAPHE OFFICIEL DE L'EMPEREUR. ON NE S'ETONNE PAS
QUE VIDAL-NAQUET AIT EMPRUNTE AUX EMPEREURS ROMAINS, MODELES DES DEFENSEURS DE LA
LIBERTE DE PENSEE ET DE LA RECHERCHE HISTORIQUE, LEUR VOCABULAIRE IDEOLOGIQUE. LE
POULIDOR DE LA PREFACE N'ECRIT JAMAIS RIEN D'ORIGINAL, IL VOLE SANS CITER)
Il s'agit, selon une méthode absurde, de jeter le doute sur une histoire vraie
en montant en épingle les inexactitudes ou les incertitudes qu'elle charrie nécessairement.
Les tristes astuces de cet hypercriticisme sont vieilles comme le monde, ou plutôt
comme l'histoire elle-même. Un historien facétieux, s'appuyant sur quelques points
obscurs, et surtout récusant comme suspect tout témoignage direct, n'avait-il pas
entrepris de nier l'existence historique de Napoléon ? Un contradicteur se présenta,
qui, usant par dérision des mêmes procédés, ne manqua pas de démontrer à l'auteur
de ce canular que lui-même n'existait pas
(AH! AH! ON NOUS L'A DEJA FAITE
MAINTES FOIS. CE JULLIARD EST UN VIEIL ECULE.)
Avec les camps de la mort
on passe de la farce à la tragédie et au crime. Il s'agit moins pour ces étranges
scrupuleux de faire avancer notre connaissance des forfaits nazis (qui s'en plaindrait
?) que de dénoncer dans toute cette affaire une imposture forgée par les juifs pour
bénéficier à jamais d'un statut de victimes et pour obtenir en faveur de tous les
agissements passés, présents et à venir de l'État d'Israël une immunité morale et
politique définitive.
(CETTE IMMUNITE EST PALPABLE ET S'OBERVE TOUS LES JOURS.
ON ATTEND QUE JULLIARD EN FOURNISSE UNE EXPLICATION ESTAMPILLEE PAR LE BEIT DIN.)
Comme dans l'affaire des pseudo-protocoles des Sages de Sion, un des ressorts
fondamentaux de l'antisémitisme, c'est l'établissement d'une légende; c'est la croyance
en un complot juif pour la domination du monde. Quiconque adhère à cette croyance
ne tardera pas, guidé par des mains expertes, à se "poser des questions" sur un
fait aussi avéré que les camps de concentration. Et toute tentative autoritaire
pour réfuter cette croyance aboutira à la renforcer.
(Y-A-T IL BESOIN D'UNE
"CROYANCE" POUR SE POSER DES QUESTIONS OU EST-CE JUSTEMENT L'EXISTENCE D'UNE CROYANCE
QUI POUSSE A SE POSER DES QUESTIONS ?) Surtout si elle s'appuie sur les moyens
de l'État. Comme l'immense majorité des historiens, je crois que la loi Gayssot
(13 juillet 1990), qui punit le "négationnisme", c'est-à-dire la contestation des
crimes contre l'humanité perpétrés par les nazis, fut une grave erreur. Elle renforce
la schizophrénie des dupes du négationnisme. Ses intentions ne sont pas en cause.
(PRENONS ACTE DU FAIT QUE L'EDITORIALISTE "DE GAUCHE" NE MET PAS EN CAUSE LES
"INTENTIONS" D'UNE LOI QUI SUPPRIME LA LIBERTE D'EXPRESSION. STALINE PAS MORT, SURTOUT
CHEZ CES CHRETIENS HONTEUX QUI, IL FAUT BIEN LE DIRE, NOUS DEBECTENT DEPUIS LONGTEMPS)
Mais elle est ressentie comme une atteinte à la laïcité et à la neutralité de
l'État. En 1825, le régime réactionnaire de Charles X fit passer une loi sur le
sacrilège qui punissait de mort les profanateurs des hosties consacrées. La présence
réelle du Christ dans l'eucharistie redevenait vérité d'État. Des catholiques comme
Chateaubriand ou le duc de Broglie ne manquèrent pas de protester contre une loi
qui attentait à l'humanité sans protéger la divinité. Fort heureusement, elle ne
fut jamais appliquée. (MAIS LA LOI GAYSSOT EST APPLIQUEE, ELLE) Il appartient
aux historiens, non aux législateurs, de tenter d'établir la vérité historique,
de combattre la sottise, fût-elle inspirée par les plus abominables desseins. Tout
retour à une vérité d'État est une régression qui donne trop facilement aux gredins
et à leurs naïves victimes la palme du non-conformisme. Dans une démocratie, une
loi inutile est une prime à sa transgression. Pas plus que le Parlement britannique
la loi ne peut transformer un homme en femme, Roger Garaudy en homme sérieux et
l'abbé Pierre en historien. (NI JULLIARD EN DEFENSEUR DES LIBERTES) J.J. +++++++++++++++++++++++++
Si JJ a causé, DDT ne peut pas être en reste.
Le Nouvel Observateur
, 2-8 mai 1996
Les lundis de Delfeil de Ton
Qu'ils sombrent !
L'abbé Pierre, donc, soutient Garaudy. Qui c'est ça, Garaudy ? Roger Garaudy,
agrégé de philosophie, docteur ès lettres, croix de guerre, médaille de la déportation,
fut longtemps député, puis sénateur communiste, membre du bureau politique du PCF,
dont il fut exclu en 1970 pour avoir pris parti plus franchement que ses collègues
contre l'invasion des chars soviétiques en Tchécoslovaquie. Il est né protestant.
Après sa rupture avec le communisme il se fit catholique, puis se découvrit une
passion pour la danse. Aux dernières nouvelles, il était devenu musulman.
(SI GARAUDY ETAIT JUIF, ON ACCUSERAIT L'AUTEUR DE CE PORTRAIT D'ETRE ANTISEMITE.
COMMENT PEUT-ON ETRE ASSEZ TORDU POUR ETRE AGREGE, DOCTEUR D'ETAT, HEROS DE LA GUERRE,
ELU DE LA NATION ET HOMME DE DOUTE ? TANDIS QUE L'AUTEUR, DDT, QUI NOUS AMUSAIT
AUTREFOIS DANS "HARA-KIRI" NOUS ENDORMIRAIT CHAQUE SEMAINE SI ON LISAIT LE TORCHON
DANS LEQUEL IL N'A PAS HONTE DE RATIOCINER). Auteur innombrable, c'est un homme
de 83 ans, maintenant, et s'il continue à publier des livres, il leur trouve difficilement
des éditeurs, et plus personne n'en parle.
(C'EST LA PREUVE DE SA NULLITE,
CQFD. LA PREUVE DE LA VALEUR D'UN INDIVIDU RESIDE DANS LA FREQUENCE DES MENTIONS
DE SON NOM A LA TELEVISION. CETTE BASSESSE DE DDT A POUR FONCTION DE CACHER L'EXPLICATION
QUE DONNE GARAUDY LUI-MEME, PAGE 218 DE SON LIVRE (ED. SAMISZDAT) : A LA SUITE D'UN
ARTICLE JUGEANT SEVEREMENT L'INVASION ISRAELIENNE AU LIBAN (1982), IL A ETE POURSUIVI
POUR "ANTISEMITISME" PAR LA LICRA, QUI A PERDU SON PROCES EN PREMIERE INSTANCE,
EN APPEL ET EN CASSATION (1984). DES LORS S'EST ORGANISE UN BOYCOTT TOTAL DES LIVRES
DE GARAUDY PAR LA PRESSE. CE QUI EST IMPARDONNABLE, C'EST D'AVOIR GAIN DE CAUSE
FACE AU LOBBY DE LA LICRA. ON VOIT POURQUOI DDT, QUI A BESOIN DE SA MANGEOIRE, OCCULTE
SOIGNEUSEMENT LA CHOSE.)
Sauf le tout dernier, diffusé par une maison confidentielle
et introuvable jusque dans les plus grandes librairies, qui fait du bruit, du vacarme,
même, depuis que l'abbé Pierre a volé à son secours. Il faut dire que c'est pas
souvent que l'abbé Pierre vole au secours d'un bouquin. D'habitude, c'est les pauvres
et les mal-logés. Il y a une cause à tout ça. Le livre, qui s'appelle "les Mythes
fondateurs de la politique israélienne" tombe sous le coup la loi. Une loi particulière,
dite loi Gayssot, qui punit la contestation de l'existence d'un ou plusieurs crimes
contre l'humanité tels que définis par l'accord de Londres d'août 1945 à l'usage
du tribunal de Nuremberg, c'est-à-dire les crimes commis par Hitler contre les juifs.
(ON SE DEMANDE D'AILLEURS POURQUOI LORSQU'ON PARLE D'"HUMANITE", IL NE S'AGIT
QUE DES JUIFS. CELA TEND A DONNER LA FACHEUSE IMPRESSION QUE LES NON-JUIFS NE FONT
PAS TOUT A FAIT PARTIE DE L'HUMANITE.)
Chez les parlementaires qui l'ont
votée, cette loi partait certes d'un bon sentiment.
(VOULOIR EMPECHER LES
GENS DE PENSER, TRES BON SENTIMENT: HITLER SERAIT SUREMENT D'ACCORD, LUI QUI ENFERMAIT
SES CONTRADICTEURS DANS DES CAMPS DE CONCENTRATION). N'empêche qu'il n'était
pas besoin d'être grand clerc (PAR EXEMPLE, AGREGE DE PHILOSOPHIE ET DOCTEUR ES
LETTRES) pour prévoir que ses avantages seraient vite dépassés par ses inconvénients.
Passons sur le problème philosophique que pose l'existence d'une loi qui interdit
de discuter la réalité d'un fait historique, fût-il le moins discutable en l'occurrence,
d'autres inconvénients sautent aux yeux de beaucoup, même s'ils sont peu nombreux
à vouloir les relever (Jacques Julliard, la semaine dernière, dans ce journal, a
relevé ceux qui sautent aux siens). Le principal des inconvénients de cette loi
Gayssot, à mon sens, c'est son effet pratique. Il est pervers. Le moindre plumitif
publie-t-il un livre où il prétend que Hitler ne voulait surtout pas tuer les juifs,
les associations antiracistes ne manquent pas de porter plainte contre lui au nom
de la loi, la justice de le poursuivre et de le condamner, la presse de rapporter
son méfait, et ainsi, à chaque publication de ce genre, le public apprend que M.
Untel, qui nie la déportation des juifs aux fins d'extermination, qui nie les chambres
à gaz, a été condamné et son livre interdit. Ce qui revient, périodiquement, à suggérer
qu'il peut y avoir un doute sur l'existence des chambres à gaz puisque d'aucuns
le prétendent dans des livres successifs bien que ça leur coûte cher, et, pis, il
est également suggéré par là au public que la seule façon de faire taire ce doute,
c'est d'interdire ces livres et de condamner leurs auteurs. Il n'y a pas besoin
d'être très imaginatif pour être certain que des propagandistes mal intentionnés
font conclure de cet état de choses à des esprits simples que si on interdit ces
livres, c'est parce qu'ils apportent des preuves si gênantes qu'il faut en empêcher
l'exposé. C'est regrettable qu'il y ait des gens si bêtes et des gens si méchants,
mais c'est comme ça. (LESQUELS ? CEUX QUI ONT FAIT LA LOI EN QUESTION ?)
Avec Garaudy, on atteint un comble. Garaudy assure que son livre n'est pas
négationniste. L'abbé Pierre l'assure aussi, mais il ne l'a pas lu. Les commentateurs
que vous avez pu lire ou entendre assurent qu'il l'est, mais la quasi-totalité d'entre
eux ne l'ont pas lu non plus. (ENREGISTRONS CE TOUCHANT AVEU) L'est-il ? Je
ne l'ai pas lu. La réponse, en vérité, n'a pas plus d'importance que ce livre n'aurait
dû normalement en avoir. Aux dizaines de millions de spectateurs du samedi soir,
abbé Pierre oblige, les journaux télévisés ont balancé inopinément le contenu des
bobards négationnistes. Grâce aux poursuites, sans lesquelles l'abbé Pierre ne serait
pas intervenu pour défendre son ami Garaudy, le soupçon, même clairement combattu,
a été diffusé à grande échelle, et ce soupçon a semblé à la foule être partagé par
l'homme le plus respecté des Français. Grâce à la loi Gayssot, dont on s'était passé
pendant quarante-cinq ans, au lieu de sombrer dans la mer aux livres, ce livre fait
la une de tous les journaux. (JALOUX?) La loi Gayssot est une loi de censure.
La censure, c'est imbécile, toujours. La loi Gayssot est imbécile. Il faut l'abolir.
Si j'étais historien, j'aurais honte qu'on ait songé que des juges pouvaient faire
mon travail. Surtout un travail aussi facile que la réfutation du négationnisme.
(ON VOUDRAIT L'Y VOIR, LE NAIF GOGO. ILS CROIENT TOUS QUE C'EST FACILE. ILS
ECRIVENT QUELQUES PAGES ET PUIS ILS DISPARAISSENT, ROUGES DE CONFUSION. ON EST HABITUE
A CE GENRE DE ZOZOS.) C'est lassant de répéter ? Ben, c'est votre lot. Faudra
vous y mettre. Sinon, vous aurez de nouveaux abbés Pierre aux 20 Heures et les fumiers
qui ricanent dans l'ombre. D.D.T. (QUAND JETAIS GOSSE, ON SE BATTAIT JUSQU'AU
SANG POUR LE MOT DE "FUMIER". MAIS QUEL JUS DE NAVET POURRAIT-ON EXPRIMER D'UN EDITORIALISTE
DU NOUVEL OBS ? +++++++++++++++++++++++++++++ La voix de la communauté devait
aussi se faire entendre :
L'Arche , n 460.
Pourquoi
Garaudy est dangereux par Richard Liscia
L'ex-philosophe communiste
s'est converti à l'islam pour ce qu'il y a trouvé d'intolérance
Les plus
grands corrompus de la politique. y compris les nazis. ne sont pas des imbéciles
Leur froide intelligence. parfois, fait peur. Agé de 82 ans. Roger Garaudy, né
en 1913 dans une famille athée et qui s'est converti successivement au protestantisme,
au catholicisme puis à l'islam, a été l'un des chefs de file du parti communiste
français jusqu'en 1970, année où il a été exclu du parti pour s'être élevé contre
l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes russes. Parcours intéressant qui,
déjà, aurait suffi à nourrir une réflexion sur les doutes d'un homme qui se recherche,
mais tombe, hélas, dans l'ignominie pure et simple : Roger Garaudy vient de publier
un très long texte négationniste. totalement anti-israélien et antisémite, même
si Garaudy prend le soin de nous jurer qu'il n'a rien contre les faits mais qu'il
s'oppose à l'existence de l'État d'Israël.
(REMARQUONS QUE CETTE PHRASE EST
TOTALEMENT IMBECILE.) Cet État a d'autant moins de raisons d'exister, nous dit-il,
qu'il est fondé sur des "mythes théologiques" (la terre promise, le
peuple élu) qui ont fait des ravages au Proche-Orient. Bien entendu, il conteste
le procès de Nuremberg; dont les jugements étaient non pas ceux de la justice mais
ceux de la victoire militaire, et sans la moindre réserve, il rejoint le camp de
la poignée d'illuminés qui feignent de croire encore que les nazis n'ont pas exterminé
des millions de Juifs.
(LA PREMIERE PARTIE DE CETTE PHRASE EST IMBECILE,
LA DEUXIEME MENSONGERE.) Le premier réflexe est de rejeter dans les ténèbres
de l'obscurantisme ce vieillard venimeux. Pourtant, on ne peut pas laisser se répandre
de telles idées. On veut toujours croire qu'un communiste qui s'est dressé contre
le système communiste est un homme sincère : on ne peut pas disqualifier Garaudy
qui, de penseur politique serait passé au stade du gâtisme haineux. C'est trop simple
d'oublier de tels adversaires en disant que ce sont des fous ou des imbéciles. Garaudy
n'est ni fou ni stupide. Il est dangereux.
(LISCIA, EN REVANCHE, LUI, N'EST
PAS DANGEREUX) Mais quel est le fil conducteur d'une vie qui a épousé trois religions
et au moins deux idéologies puisqu'après le communisme M. Garaudy en est venu, en
1990, à rejoindre la cause de l'Irak, victime d'une "guerre coloniale"
? On est tenté de penser qu'il a trouvé dans le communisme
ce qui lui convenait le plus, c'est-à-dire le totalitarisme qui a sans doute à ses
yeux l'avantage de laminer toutes les divergences et fait une bouchée de la singularité
juive : si le monde était communiste, les Juifs seraient heureux partout et n'auraient
pas besoin d'Israël, n'est-ce pas ? Après son incartade contre le PCF, c'est le
totalitarisme nazi qui le séduit assez pour qu'il trouve des excuses à ses crimes
ou qu'il les nie. Et l'islam ?
(ENCORE UNE REFLEXION TOTALEMENT IMBECILE)
Je rêve d'un homme qui se convertit à l'islam pour en cultiver les plus sages préceptes
et qui n'y voit pas un moyen de dominer le monde. Sans doute le protestantisme et
le catholicisme ne contenaient-ils pas, pour Garaudy, assez d`intolérance pour qu'il
demeurât protestant ou catholique : sans doute a-t-il en définitive choisi l'islam
non pour ce qu'il peut apporter de supérieurement moral mais pour les contraintes
qu'il impose aux musulmans et aux non-musulmans, par le biais de l'intégrisme.
On voudrait en finir enfin avec tous ceux qui, comme Garaudy, reprochent aux Juifs
d'interdire la contestation, de poursuivre systématiquement les antisémites, de
faire régner la "pensée unique" du philosémitisme.
(POUR EN
FINIR AVEC CES GENS-LA, ON POURRAIT, PAR EXMPLE, LES TUER, OU LES METTRE EN PRISON
A ASHKELON OU AILLEURS.) On n'en est vraiment pas là. L'antisémitisme est vivant
en France sous la forme des 15% de la population qui votent pour le Front national
: et il est caché dans des millions d'autres esprits. Il est partout. Il n'a pas
vraiment diminué d'intensité, il est toujours aussi irrationnel et haineux.
(TOTALEMENT PARANOIAQUE, ET BOUFFI DE HAINE Nous sommes loin de faire régner
un "terrorisme psychologique" qui interdirait aux antisémites de s'affirmer
comme tels. (CE N'EST PAS EUX QUI AURAIENT FAIT PASSER LA LOI PLEVEN EN 1972
ET LA LOI GAYSSOT EN 1990, QUI POURSUIVRAIENT SANS ARRET. IMBECILE, PARANOIAQUE
ET EN OUTRE, DENEGATEUR. BEL OISEAU.) ++++++++++++++++++++++++
Libération , 9 mai 1996 (commentaires
majuscules de la Venus de Milo) Rebonds
Qui utilise l'Holocauste?
(REPONSE: CEUX QUI EMPLOIENT CE TERME, GENERALEMENT DOTE D'UNE MAJUSCULE, POUR
DESIGNER DES ACTIONS COMMISES AU VINGTIEME SIECLE)
Par Jean-Luc Allouche
Le trouble produit auprès de certains de nos lecteurs par les prises de position
en faveur de Roger Garaudy s'est traduit par des questions (hors les habituelles
ordures antisémites) pas toutes malveillantes, même si parfois maladroites
(?? EVIDEMMENT, QUAND ON OUVRE LIBERATION , ON S'ATTEND A LIRE
UNE AUTRE LANGUE QUE LE FRANCAIS CORRECT, MAIS ON EST TOUJOURS SURPRIS PAR LA PROFONDEUR
DE L'ABIME QUI NOUS SEPARE) Nous cache-t-on quelque chose? Pourquoi pas un débat
entre historiens? Pourquoi le génocide serait-il "sacré" ? En quoi les Juifs (SIC)
ou Israël seraient-ils exonérés du jugement commun qui affecte les autres communautés,
les autres pays, au motif qu'ils ont subi ce malheur, aussi épouvantable fût-il
?
(GRACE AU JOURNALISTE, NOUS ALLONS ENFIN CONNAITRE LA REPONSE A CES QUESTIONS
QUE TOUS LES HOMMES DE BON SENS CROYAIENT RHETORIQUES) Seulement voilà: le souci
des négationnistes d'hier comme d'aujourd'hui est tout sauf scientifique (1)
(A QUESTIONS IDIOTES, REPONSES IDIOTES.) Parce que leur entreprise n'a qu'une
visée: frapper encore et toujours d'illégitimité l'État d'Israël (QUEL CRIME
ABJECT, TRADERI DERA). "A l'avenir, les tenants de l'"Holocauste " conserveront
leur argent, leur puissance, leur capacité de produire des films, de célébrer des
cérémonies, [de construire des musées, des films, des cérémonies,]
des musées de plus en plus vides de sens. Ils multiplieront les moyens de répression
contre les révisionnistes par les coups et blessures, les campagnes de presse, les
procès, le vote de lois spéciales. Ils multiplieront aussi, cinquante ans après
la guerre, les poursuites contre ceux qu'ils appellent [les] "criminels
de guerre". Les révisionnistes, eux leur répliqueront par des études historiques
ou des ouvrages scientifiques et techniques. Ces ouvrages, ces études seront nos
pierres, notre Intifada." Ces mots sont signés de Robert Faurisson dans la
première livraison de la Revue d'histoire révisionniste (mai-juin-juillet
1990) (ENTRE CROCHETS, NOUS AVONS RETABLI LE TEXTE DU PROFESSEUR FAURISSON TEL
QU'IL L'A ECRIT ET PUBLIE). C'est la charte même du négationnisme. (ALORS,
LA, VOUS AVEZ VU QUELQUE CHOSE QUI RESSEMBLE A DU NEGATIONNISME DANS CE TEXTE ?)
Nul ne contestera à celui-ci comme à quiconque (ENCORE LE CHARABIA DES ILLETTRES:
QUICONQUE ENSEIGNERA AUX JOURNALISTES LA NATURE ET L'EMPLOI DU PRONOM RELATIF "QUICONQUE"
RENDRA UN SERVICE A L'HUMANISME FATIGUE DES LECTEURS INSTRUITS) le droit d'avoir
été pour l'Intifada, pour la cause palestinienne, contre Israël, le sionisme : ce
qu'on voudra. Mais cette généalogie se donne pour ce qu'elle est, et rien d'autre.
(JE NE ME PRIVERAI PAS DU PLAISIR D'ATTIRER VOTRE ATTENTION SUR LA SUFFISANCE
DE L'AUTEUR DE CETTE PHRASE: APPELER GENEALOGIE UNE CHAINE CAUSALE, QUI PLUS EST
EN PRETENDANT QU'ELLE SE DONNE, COMME UNE FEMME, MEME DANS LIBERATION
CA ETONNE) Elle est de l'ordre de la passion (POUR UNE FOIS, LE JOURNALISTE
SAIT DE QUOI IL PARLE PUISQUE C'EST LUI QUI EST L'AUTEUR DE CETTE ENUMERATION)
(il suffit de relire Sartre là-dessus). (CA ALORS: IL EST TROP CON POUR PROUVER
CE QU'IL AFFIRME, ET IL CROIT QU'ON A BESOIN DE MAITRES A PENSER!) Quand la passion
se travestit de raison et de science, cela s'appelle de l'idéologie (PAR EXEMPLE,
QUAND VOUS DITES: J'AIME MON MARI PARCE QU'IL EST GENTIL AVEC LES ANIMAUX, C'EST
DE L'IDEOLOGIE). Idéologie politique, passion théologique, qu'importe (??
LE JOURNALISTE FAIT VRAIMENT DE LA CONFUSION MENTALE) mais en aucun cas cette
prétention à la scientificité, (IL N'A PAS COMPRIS QUE CE QU'IL ECRIVAIT VOULAIT
DIRE QUE C'ETAIT DE LA PASSION OU DE L'IDEOLOGIE, MAIS SUREMENT PAS UNE PRETENTION:
LE CONTRAIRE DE CE QU'IL ENTENDAIT ASSENER A GARAUDY -- IL A OUBLIE DE DIRE QUE
C'ETAIT UN MINABLE, AGREGE ET DOCTEUR) dont Roger Garaudy se veut le greffier
procédurier (?? Y A-T-IL DANS LA SALLE UN SCIENTIFIQUE QUI SE DEFINIRAIT COMME
SE VOULANT LE GREFFIER PROCEDURIER"? ET UN GREFFIER PROCEDURIER, NE SERAIT-CE PAS,
SI CELA EXISTAIT, QUELQU'UN QUI CONSIGNE LES AUDIENCES D'UNE JURIDICTION TOUT EN
INCITANT LES PARTIES EN PRESENCE A UTILISER TOUTES LES POSSIBILITES OFFERTES PAR
LA LOI ? EST-CE UN CRIME ? ENFIN, GARAUDY A-T-IL JAMAIS DECLARE VOULOIR ETRE UN
GREFFIER PROCEDURIER?) dans ses Mythes fondateurs de la politique israélienne.
Pourquoi accorder à lui, (ENCORE UN RAFFINEMENT CHARABIESQUE ETONNANT) converti
à l'islam de la vingt-cinquième heure (ICI, CROISEMENT DE REFERENCES: LE ROMAN
DE VIRGIL GHEORGHIU ET LA PARABOLE DES OUVRIERS DE LA VIGNE S'ENTRELACENT POUR FORMER
UNE METAPHORE FORCEMENT PEJORATIVE) le brevet qu'il refuse aux historiens juifs
et non juifs trop engagés à ses yeux ? Les cauchemars qui hantent les rescapés
des camps leur appartiennent ; nulle comptabilité des épiciers de l'horreur (QUE
VA DIRE LE LOBBY DES EPICIERS ?) ne fera qu'ils n'aient pas enduré ce martyre-là.
Ou que leurs enfants ne souffrent des généalogies interrompues par la mort brune
(C'EST LA DEUXIEME FOIS QUE LE JOURNALISTE EMPLOIE LE MOT DE GENEALOGIE QUI EST
VISIBLEMENT TROP SAVANT POUR QU'IL LE COMPRENNE. QU'EST-CE QU'UNE GENEALOGIE INTERROMPUE?
SI CELA VOULAIT DIRE LA FIN D'UNE FAMILLE PAR EXTERMINATION COMPLETE, IL N'Y AURAIT
PAS D'ENFANTS POUR SOUFFRIR DE LEUR PROPRE DISPARITION.) quelle que fût la manière
dont elle a été administrée. Au reste, comment concéder quelque crédit historique
à cette "anthologie du crime sioniste" (c'est son mot) qui voit en le "mythe de
Josué" le prototype biblique de la "purification ethnique" par l'extermination des
Amalécites? A ce compte, aucun peuple ne résisterait à un examen an
-historique (ENCORE UN JOLI MOT DONT LE JOURNALISTE IGNORE LE SENS: C'EST LE
CONTRAIRE D'UNE LECTURE AN-HISTORIQUE QU'OPERE GARAUDY) de ses récits fondateurs.
(C'EST TOTALEMENT FAUX; JE NE CONNAIS AUCUN RECIT DES ORIGINES, EN EUROPE, QUI SE
FONDE SUR L'EXTERMINATION: QU'ON LISE LES PREMIERES CHRONIQUES MEROVINGIENNES, RUSSES,
POLONAISES, ROMAINES, BYZANTINES, POUR NE CITER QUE CELLES-LA, ON Y TROUVERA COMME
INSTANCE DE LEGITIMATION PREMIERE BIEN AUTRE CHOSE QUE L'EXTERMINATION: L'INVASION
A VOCATION PACIFIANTE SUIVIE D'UNE FUSION ENTRE DEUX GROUPES POUR FORMER UN NOUVEAU
CORPS POLITIQUE). Les mythes irriguent les nations par mille vaisseaux capillaires,
jamais comme des mots d'ordre. En l'occurrence, c'est méconnaître la manière dont
les Juifs font usage de la Bible (ON S'EN FICHE TOTALEMENT. CE QUI IMPORTE, C'EST
UNE PRATIQUE POLITICO-MILITAIRE CRIMINELLE, FONDEE SUR UN DROIT HISTORIQUE DE MEME
NATURE, QUI EST CELLE DE L'ETAT D'ISRAEL, ET QUI TUE DES HOMMES, DES FEMMES ET DES
ENFANTS TOUS LES JOURS) Ils ne la lisent pas comme une saga mais l'étudient
-- y compris ses passages les plus vitupérateurs contre Israël. Ce qui les
a nourris pendant des siècles, c'est surtout le soupçon gouailleur, parfois cruel,
des rabbins du Talmud à l'endroit des guerriers, des puissants et des prêtres. De
ce point de vue-là, il n'y a pas de textes sacrés, mais une Parole sans cesse scrutée,
épiée, amendée, défiée. Donc, un propos obsessionnel; Israël ne doit pas exister
dès lors que sa justification, le génocide nazi, n'est qu'un tripatouillage
(LE PAUVRE N'A RIEN COMPRIS AU LIVRE DE GARAUDY: NORMAL, IL EST TROP OCCUPER
A SCRUTER, EPIER, AMENDER, DEFIER SANS CESSE LA BIBLE ET LES RABBINS DU TALMUD.
LE MESSAGE, POUR LES AUTRES, EST CLAIR: ISRAEL A SI PEU DE RAISON D'ETRE AU VINGTIEME
SIECLE QU'IL FONDE SANS CESSE SA LEGITIMITE DANS LE GENOCIDE). Vain combat d'arrière-garde.
Israël est né comme naissent les Etats, dans la violence
(MEME SI L'ON ADMET
CE PRESUPPOSE COMME VRAI, ET C'EST LOIN D'ETRE TOUJOURS LE CAS, POURQUOI DONC LA
VIOLENCE QUI S'EXERCE CONTRE ISRAEL, NE DANS LA VIOLENCE, EST-ELLE PRESENTEE COMME
DU TERRORISME ET UNE ATTEINTE AUX DROITS SACRES DU PEUPLE ELU ?) Il reste que
sa naissance représentait une brûlante nécessité (POUR QUI?), non pas à cause du
génocide nazi, mais bien avant et au-delà de cela, parce qu'il était le produit
d'une volonté désespérée d'être enfin un peuple comme les autres.
(C'EST
L'IGNORANCE DE CE PLUMITIF QUI EST DESEPERANTE : IL S'AGISSAIT BIEN DE CREER UNE
PEUPLE QUI NE SOIT PAS COMME LES AUTRES. C'EST DU MOINS LE BARATIN HABITUEL.)
De même, il ne fait aucun doute que l'État de Palestine naîtra, quel que soit le
processus, hier violent, aujourd'hui pacifié (PAR LE NOUVEAU PREMIER MINISTRE ?),
qui le mène à maturation. L'avènement même de ce nouvel État de Palestine extrait
Israël de tout statut d'exception ; (CHOUETTE, ON VA ENFIN POUVOIR JUGER LES
CHEFS ISRAELIENS POUR CRIMES DE GUERRE ET LEUR APPLIQUER LES CONVENTIONS DE GENEVE
!) la guerre est finie. Israël est un état comme les autres. Pas plus, mais pas
moins. De fait, il l'est devenu dès son avènement en 1948.
(CE PAUVRE TYPE
ENTRE DANS UNE ABSURDE DENEGATION. ISRAEL RECLAME TOUJOURS UN STATUT SPECIAL ET
LA GUERRE N'EST PAS FINIE. ELLE FINIRA QUAND LES ISRAELIENS RENTRERONT CHEZ EUX,
A NEW YORK.) (Si, pendant près de deux mille ans de diaspora les Juifs n'avaient
d'autre mission que de perdurer (ce qui n'est déjà pas si mal), avec l'acquisition
de la souveraineté politique et de la puissance armée, l'État d'Israël ne jouit
d'aucune innocence ontologique, dont la majorité des Israéliens n'ont d'ailleurs
que faire (même si une Golda Meïr ou un Ménahem Begin ont joué sur ce clavier-là).
Aux lendemains de la libération des camps de la mort, ce fut même la répulsion violente
(eh oui!) à l'égard du génocide et de ses rescapés qui avait cours chez nombre de
Juifs de Palestine. Aujourd'hui, éditorialistes des journaux populaires, historiens,
intellectuels dénoncent toute instrumentalisation du génocide, tout pathos doloriste
(ADMIREZ LA SUPERBE ASSOCIATION DE CES DEUX MOTS. NUL DOUTE QUE L'AUTEUR EN
SOIT FIER ET SE LA REPETE COMPLAISAMMENT) y compris, il y a peu, pendant le Jour
du Souvenir de la Shoa, qui coïncidait avec les massacres de Nabatyeh et de Cana.
(LA CONTESTATION PERIPHERIQUE DE QUELQUES INTELLECTUELS ISOLES N'EMPECHE PAS
LA REALITE DU JOUR DU SOUVENIR ET LE BOURRAGE DE CRANE DONT SONT VICTIMES LES ENFANTS
DES ECOLES QUI DOIVENT APPRENDRE PAR COEUR DES LISTES DE VICTIMES POUR SE "SOUVENIR".
QUANT A LA COINCIDENCE ENTRE LES MASSACRES ET LA FETE, QUE PROUVE-T-ELLE, SINON
L'INSTRUMENTALISATION DU GENOCIDE ET LE STATUT D'EXCEPTION QUE S'OCTROIE ISRAEL,
AVEC LE SOUTIEN IMPAVIDE DES ETATS-UNIS?) Les tenants négationnistes du déni
d'Israël, censés servir la cause palestinienne, se retrouvent Gros-jean comme devant:
l'OLP vient d'en signifier avec éclat l'inanité en abrogeant de sa Charte la clause
de liquidation de l'État d'Israël.
(IMPOSSIBLE POUR LE JOURNALISTE D'IMAGINER
QU'ON PUISSE SOUTENIR UNE THESE, CELLE DE L'ILLEGALITE DE L'ETAT D'ISRAEL, EN TOUTE
LIBERTE INTELLECTUELLE, ET QU'ARAFAT N'EST PAS LE MAITRE A PENSER UNIVERSEL DES
PRO-PALESTINIENS. ON PEUT AUSSI PENSER QUE L'OLP N'EST PLUS QU'UNE OFFICINE AU SERVICE
DES ISRAELIENS.) A l'autre versant, du Hamas ou du Hezbollah comme hier du Fatah,
les ennemis d'Israël ne sont ni des descendants de Cosaques pogromistes ni des rejetons
de nazis mais les protagonistes d'une lutte, effroyable pour chacun d'entre eux,
qui a dressé deux exigences de vivre inconciliables. Et qui pourtant tentent désormais
de se réconcilier. (C'EST UN CON NAIF, C'EST A DIRE PROBABLEMENT UN JOURNALISTE)
(1) Lire P. Vidal-Naquet dans Le Monde du 4 mai 1996 et l'interview
de Florent Brayard, Libération , 8 mai 1996. ++++++++++++++++++++++
Le groupe Bayard Presse, centre de la presse catholique, la citadelle thala,
la fourmilière à curetons, se devait de mettre son grain de sel, en évitant de se
faire pincer entre l'arbre et l'écorce. Mais puisque les dirigeants de la communauté
juive exigeNT toujours plus de soumission, il faut se prosterner toujours d'avantage.
Oyez cette épopée chantée devant le choeur des limandes :
Télérama
, n 2417, 8 mai 1996
Deux mille ans d'antijudaïsme chrétien
Non sans gourmandise ni cruauté, quelques gloires médiatiques observent la statue
du vieil abbé Pierre se desceller de son piédestal. II a suffi d'une lettre de soutien
à son ami Roger Garaudy, grand nomade de la pensée surpris en plein flirt avec le
négationnisme,
(SURPRIS? NOUS CROYIONS JUSQU'A PRESENT QUE LE CORPUS DELICTUM
ETAIT NON PAS UNE CONVERSATION PRIVEE QUE DES ESPIONS AURAIENT PU SURPRENDRE, MAIS
UN LIVRE PUBLIE PAR SON AUTEUR) pour que le chouchou des Français ceux qui croient
au Ciel et ceux qui n'y croient pas essuie des tirs nourris. Le plus meurtrier aura
sans doute été celui déclenché, le 29 avril, par le Comité épiscopal pour les relations
avec le judaïsme. Car, apôtre des exclus, l'abbé Pierre n'a rien d'un marginal dans
l'Église. S'il lui arrive de la critiquer, c'est avec prudence et mesure. Il a,
comme on dit, le sens de la hiérarchie.
(DEVINERIONS-NOUS, A LA LECTURE DE
CES QUELQUES PHRASES, QUE L'AUTEUR DE CES LIGNES PUBLIE DANS UNE REVUE CATHOLIQUE
?) Beaucoup se demandent pourquoi le vieux prêtre, d'ordinaire si assuré de son
pas, a trébuché.
(COMPRENEZ QUE D'HABITUDE, IL EST DU MEME AVIS QUE LES MAITRES
A PENSER DE L'AUTEUR DE CE TEXTE). Passe qu'il critique la politique d'Israël
: les citoyens de ce pays ne s'en privent pas, en particulier après la sanglante
"bavure" de Cana, au Liban.
(UNE BAVURE, C'EST UN ABUS DE POUVOIR ACCIDENTEL
ET INDIVIDUEL DONT LES RESPONSABLES NE S'AUTORISENT PAS D'EUX-MEMES MAIS D'UN COMMANDEMENT
LEGITIME : LES MASSACRES DE CIVILS PERPETRES PAR UNE ARMEE OFFICIELLE EN DEHORS
DE SES FRONTIERES N'ENTRENT PAS DANS CETTE CATEGORIE. IL S'AGIT DE CRIMES ET DEPUIS
QUAND N'A-T-ON LE DROIT DE "CRITIQUER" UN CRIME QUE LORSQUE SON AUTEUR LE FAIT LUI-MEME?)
Mais fallait-il qu'il se lance dans un procès théologique vis-à-vis des juifs, accusés
d'avoir failli à leur mission de commis voyageurs du monothéisme à travers le monde
;
(COMMIS-VOYAGEURS D'UNE CROYANCE : DEPUIS QUAND LES STRUCTURES MENTALES
SONT-ELLES OBJET DE D'ECHANGE DANS UNE ECONOMIE MARCHANDE ?) et, surtout, qu'il
paraisse apporter sa caution à ceux qui n'ont de cesse de nier la réalité de la
Shoah ? Pour expliquer une bien étrange initiative, on a évoqué tour à tour le naufrage
de la vieillesse, l'aveuglement de l'amitié, le soutien au peuple opprimé de Palestine.
(ON A OUBLIE L'EXERCICE DE LA RAISON, DONT LA LIBERTE EST GARANTIE PAR LA DECLARATION
DES DROITS DE L'HOMME) Et, si le bon père avait aussi succombé à cet antijudaïsme
chrétien qui a fait le lit de l'antisémitisme ? L'abbé Pierre, antéconciliaire ayant
mal digéré la déclaration de Vatican II Nostra ætate , le 28 octobre
1965,
(IL N'Y A GUERE QUE DES JOURNALISTES POUR VOIR DANS L'ESTOMAC LE SIEGE
DE LA PENSEE) qui traite, entre autres, des relations du monde catholique avec
le monde juif, voilà qui ne manque pas de surprendre.
(S'IL N'ETAIT PAS D'ACCORD
IL Y A TRENTE ANS, POURQUOI LE SERAIT-IL AUJOURD'HUI? PAR GATISME ?) En dépit
de démentis véhéments, certains de ses propos semblent accréditer cette thèse. Et,
plus encore, l'écho qu'ils recueillent dans certaines franges de l'opinion catholique.
La longue marche de l'antisémitisme commence bien avant l'ère chrétienne, même si
le mot n'a été forgé qu'en 1873, sous la plume de Wilhelm Marr, un journaliste de
Hambourg.
(NE DEMANDEZ PAS SUR QUELLE PREUVE S'APPUIE CETTE AFFIRMATION PEREMPTOIRE.
VOUS NE DEMONTRERIEZ AINSI QUE VOTRE ESPRIT POLICIER. DES ESPRITS MAL TOURNES CROYAIENT
QU'ON N'AVAIT PAS PU IMAGINER D'ANTISEMITISME AVANT QU'ON AIT FABRIQUE LA NOTION
DE "SEMITE", AU DEBUT DU XIXe SIECLE ) Pourquoi cette hostilité millénaire
(ERE CHRETIENNE+BIEN AVANT= MILLE ANS ?) vis-à-vis du peuple juif ? C'est qu'il
a montré, au cours des siècles, à la fois une grande intransigeance religieuse et
une farouche volonté de préserver son identité. André Chouraqui, ancien maire adjoint
de Jérusalem, traducteur de la Bible et du Coran et ami de l'abbé Pierre (CES
FONCTIONS EDILAIRES, LINGUISTIQUES ET SOCIALES EN FONT-ELLES UN SPECIALISTE DU MONDE
HELLENISTIQUE OU GREC ? OSONS LE DIRE: NON) note dans un de ses ouvrages:
"Le monde hellénistique avait constitué un arsenal d'accusations dans lequel
la chrétienté n'avait qu'à puiser sans risque de l'épuiser (1)."
(AUTRE AFFIRMATION GRATUITE: TOUS LES HISTORIENS ET TOUS LES POLICIERS SAVENT QUE
LA SOMME DE PLUSIEURS AFFIRMATIONS GRATUITES N'EST PAS UNE PREUVE MAIS UNE SOMME
D'AFFIRMATIONS GRATUITES) En régime chrétien, l'antijudaïsme revêt diverses formes:
théologique, juridique, populaire. Les premières traces d'animosité entre les deux
branches issues du tronc biblique sont anciennes. On peut les repérer dès le Nouveau
Testament : (ALORS, METTONS-LE A L'INDEX) les Evangiles synoptiques opposent
l'enseignement de Jésus à celui des pharisiens pris en bloc ; sous la plume de saint
Jean, l'expression "les juifs " résonne de manière fort péjorative.
Et l'exégète catholique Luise Schottrof voit dans la première Epître aux Thessaloniciens,
de Paul, (MERCI DE NOUS RAPPELER QUI EST L'AUTEUR, MALHEUREUX IGNORANTS DU CHRISTIANISME
QUE NOUS SOMMES, LECTEURS DE TELERAMA PAR ATHEISME) chapitre 2 versets 14 à 16,
"une claire déclaration antisémite ".
(EST-CE LA LUMIERE DE
LA SAGESSE DIVINE QUI REND CETTE DECLARATION CLAIRE?) On n'en est, hélas ! qu'aux
prolégomènes. Les choses se gâtent par la suite. Dans les années 160-170, Méliton,
évêque de Sardes, prononce un sermon pascal à ne pas mettre un juif dehors : les
membres du peuple de la Bible sont présentés comme "assassins du Christ"
et leurs récents malheurs -- la destruction du Temple de Jérusalem par les
légions romaines -- comme la conséquence logique de leur déicide.
(TOUT HOMME
CULTIVE, A LA DIFFERENCE DES MONOMANIAQUES, AURA RECONNU LA DIALECTIQUE DU PECHE,
EGALEMENT APPELEE PROVIDENTIALISME : TOUT HOMME EST RESPONSABLE DE SES ACTES ET
LES BONNES ACTIONS SONT RECOMPENSEES ALORS QUE LES MAUVAISES SONT PUNIES. CE QUI
FAIT LA DIFFERENCE AVEC LA JUSTICE TELLE QU'ELLE S'EXERCE DANS NOS SOCIETES LIBEREES
DE L'EVANGILE, C'EST SIMPLEMENT LA RECOMPENSE DES BONNES ACTIONS QUE NOUS IGNORONS
TOTALEMENT: PAR EXEMPLE, SI JUPPE A UN APPARTEMENT A BON MARCHE, C'EST PAR PISTON
ET NON PARCE QU'IL A DONNE TOUS SES BIENS AUX PAUVRES). A la suite de Méliton,
nombre de Pères de l'Église embouchent la trompette.
(C'EST QU'ILS CROIENT
QUE LES EVANGILES SONT LA VERITE. IMBECILES, QUI CROIENT A CE QU'ILS CROIENT !)
A la fin du IVe siècle, dans ses Huit Sermons sur les juifs, Jean Chrysostome,
évêque de Constantinople, (ON N'EST PAS EVEQUE, A CONSTANTINOPLE, MAIS PATRIARCHE)
tient à leur sujet des propos d'une insurpassable violence ; il les décrit comme
"des déicides, haïsseurs de Dieu, vrais démons. des bandits perfides, des
destructeurs, des débauchés, semblables à des porcs: leurs synagogues sont des lupanars".
Quand Jean Chrysostome débite ces insanités, deux événements de taille se
sont produits.
(C'EST SANS DOUTE LA RETRIBUTION DIVINE QUI A PROVOQUE ENSUITE
LA HARGNE DE L'EMPEREUR CONTRE CE VIEILLARD -- CRIMINEL SELON NUREMBERG, ENCORE
A VENIR ALORS, MAIS DIEU IGNORE LE TEMPS -- ET L'A JUSTEMENT CHASSE DE SON SIEGE
CATHEDRAL ET DE SA VILLE POUR LE FAIRE MOURIR D'INSOLATION SUR LES ROUTES ECRASEES
DE SOLEIL DE L'ETE MEDITERRANEEN, OU IL CHERCHAIT, MOURANT, UN ASILE) Un premier
"concile cuménique", c'est-à-dire de tout l'Empire romain, s'est tenu à Nicée, dans
l'actuelle Turquie : l'Église chrétienne y a adopté ce qu'on appelle la "théologie
de la substitution" en revendiquant pour elle-même le titre de Nouvel Israël, avec
toutes les prérogatives que cela implique. (C'EST-A-DIRE, SANS DOUTE, L'INVASION
DE LA PALESTINE ET LA DESTRUCTION DE SES HABITANTS ILLEGITIMES) Pareille doctrine
aura sa traduction dans l'art sculptural des cathédrales, où souvent deux personnages,
deux femmes, se feront face : l'une au regard découvert, représentant l'Église ;
l'autre, les yeux bandés, symbolisant la synagogue, avec la couronne de l'élection
divine gisant à ses pieds. Deuxième événement, sans lequel le concile de Nicée
n'aurait pu se dérouler : le passage au christianisme de l'Empire romain. "Les
accusations des théologiens, remarque Chouraqui, sont traduites en
actes par les empereurs, surtout en Occident." Pas question, alors, de recourir
à l'élimination physique, au génocide -- les juifs doivent subsister pour témoigner
de leur faute --, mais la ségrégation commence à s'organiser. Au fil des siècles,
l'attitude des autorités ecclésiastiques ne va pas sans ambiguïté : (BIZARRE,
DE LA PART D'ANTISEMITES) d'une part, il est vrai qu'elles ne font pas profession
d'antisémitisme ; (NON, EN EFFET : ELLES FONT PROFESSION DE CHRISTIANISME)
il est vrai, aussi, comme l'a remarqué Jacques Madaule, que "les juifs sont
les seuls non-chrétiens tolérés ". Mais ils doivent se soumettre à certaines
discriminations : au XIe siècle, apparaissent les premiers ghettos ; au XIIIe, plusieurs
conciles imposent aux juifs le port de la rouelle, ancêtre de la sinistre étoile
jaune ; et le pape Nicolas III, en office de 1277 à 1280, les soumet, rapporte Chouraqui,
(ON RAPPORTE UNE CHOSE DONT ON A ETE LE TEMOIN) "à l'obligation d'entendre
chaque année des sermons destinés à les convertir". (CE QUI EST SUREMENT
BIEN PLUS GRAVE ET ATTENTATOIRE A LA LIBERTE HUMAINE QUE DE NOUS OBLIGER A SUIVRE,
SUR TOUTES LES ONDES, DANS TOUTES LES ECOLES ET TOUS LES JOURNAUX, LES DISCOURS
BIENFAISANTS DES PROPHETES DROITDEL'HOMMESQUES). Évêques et papes ont souvent
du mal à contenir les ardeurs vengeresses de leur base. (??? IL SE GOURRE ENCORE,
LE JOURNALISTE : MALGRE LA REFORME GREGORIENNE, LES PAPES ET LES EVEQUES DU MOYEN
AGE, TOUT COMME CEUX DES SIECLES SUIVANTS, Y COMPRIS LE GRAND VINGTIEME, N'ETAIENT
PAS ELUS CLERO ET POPULO ; ILS N'AVAIENT DONC DE BASE ELECTORALE QUE DIVINE : D'OU
L'EXPRESSION ANTISEMITE "ELECTION DIVINE DES PAPES ET DES PRINCES"). Aux arguments
fourbis par les théologiens s'ajoutent les ragots populaires : ainsi refait surface,
au Moyen Age, la vieille accusation païenne selon laquelle les juifs se livreraient
à des meurtres rituels ; avec celle de sorcellerie, elle leur vaudra de connaître
les foudres de l'Inquisition, en théorie pourtant réservée aux hérétiques.
(QUAND ELLE S'EXERCE CONTRE LES HERETIQUES, L'INQUISITION N'EST PAS ANTISEMITE
MAIS SALUTAIRE : LES CATHARES, COMME LES REVISIONNISTES ET LES SORCIERES, L'ONT
APPRIS A LEURS DEPENS) Les croisades, dont la première est prêchée à Clermont-Ferrand
par le pape Urbain II, le 27 novembre 1095,
( C'EST FOU, CES VA-ET-VIENT
CHRONOLOGIQUES: UN COUP LE TREIZIEME -- NICOLAS III --, UN COUP LE SEIZIEME -- LES
SORCIERES -- UN NOUVEAU COUP DE TREIZIEME ET SUIVANTS -- L'INQUISITION CONTRE LES
HERETIQUES -- ET PAF, RETOUR AU ONZIEME. QUELLE PENSEE RIGOUREUSE) sont prétextes
à défoulements collectifs, en particulier dans la vallée du Rhin : brimades et massacres
perpétrés contre les juifs sont vus comme une excellente propédeutique à la délivrance
du Saint-Sépulcre . On connaît le mot de Godefroi de Bouillon: "Je ne tolérerai
pas qu'un seul homme se disant juif demeure en vie derrière moi."
(CE CONNARD DE GODEFROI, VOILA QU'IL VEUT CONVERTIR LES INFIDELES ET QU'EN
PLUS, IL CROIT A CE QU'IL DEFEND. MAIS QUELLE HONTE !) Pour que l'horizon des
fils d'Israël se dégage en Europe, il faut attendre la Renaissance,
(IL
VEUT DIRE SANS DOUTE, LE SEIZIEME SIECLE. LES FRANCAIS CROIENT TOUJOURS QUE LA RENAISSANCE,
C'EST CHEZ EUX QUE CA COMMENCE AU SEIZIEME SIECLE ! EN FAIT, MAIS IL FAUT ME PROMETTRE
DE NE PAS LE REPETER, CA COMMENCE EN ITALIE, QUI PREND CA A BYZANCE, AU MOYEN
AGE ! J'EN TREMBLE!) les Lumières et la Révolution française: paradoxalement,
c'est un évêque, l'abbé Grégoire,
(S'IL EST EVEQUE, ON DIT EVEQUE ET NON
ABBE. C'EST COMME SI ON DISAIT: C'EST UN GENERAL, LE 2e CLASSE DUPONT, QUI )
qui fit voter, le 27 septembre 1791, la loi d'émancipation des juifs. Bien loin
de mettre fin à deux millénaires d'Enseignement du mépris, selon le
titre de l'ouvrage de Jules Isaac (éd. Fasquelle, Paris 1962), celle-ci a eu pour
vertu de donner un nouveau coup de fouet à l'antisémitisme. Hitler, son principal
zélateur, a eu ce mot terrible: "Depuis mille cinq cents ans, l'Église a considéré
les juifs comme des parasites et les a relégués dans des ghettos. Elle savait ce
que valaient les juifs. J'apporte ma contribution à ce qui a été fait depuis mille
cinq cents ans. "
(CA PROUVE QU'HITLER, COMME BEAUCOUP D'IGNORANTS,
NE CONNAISSAIT PAS L'HISTOIRE: PARCE QUE LE PREMIER GHETTO CONTRE LES JUIFS N'A
PAS ETE IMPOSE PAR L'EGLISE ET QU'IL DATE DU XIe SIECLE.) Auschwitz a ouvert
les yeux du monde chrétien, protestant et catholique, lui a fait prendre conscience
de ce qu'une certaine théologie popularisée, (BERK, C'EST DEGOUTANT, UNE THEOLOGIE
POUR LE PEUPLE) vulgarisée, (ENCORE PLUS SALE, UNE THEOLOGIE QUI PARLE AVEC
DES MOTS SIMPLES !) pouvait avoir de potentiellement explosif, (NOTEZ QUE
CETTE THEOLOGIE S'AFFIRME POUR LA PREMIERE FOIS, D'APRES L'EXPOSE BANCAL DU JOURNALISTE,
DANS LE NOUVEAU TESTAMENT) et que l'affirmation du déicide pouvait entraîner
chez certains la justification du génocide. Mais, en dépit du changement radical
de cap des derniers papes, depuis Jean XXIII, les vieux fantasmes (FANTASMES,
C'EST POUR LES FREUDIENS. LES AUTRES, ILS DISENT CROYANCE) continuent de rôder,
(COMME DES SDF ? ON AURA COMPRIS L'ALLUSION SUBTILE A L'ABBE PIERRE : A FORCE DE
FREQUENTER DES REBUTS, IL EN EST LUI-MEME DEVENU UN) capables de faire chuter
les meilleurs esprits. (CE TERME BARBARE, EMPRUNTE AU BRIDGE, DESIGNE L'ERREUR
MORALE : ON SE SOUVIENT QUE LA PREMIERE PHRASE DE CE GLORIEUX ARTICLE ARTISTIQUE
PARLAIT DU TREBUCHEMENT DE L'ABBE PIERRE) La théologie de la substitution, qui
fait de l'Église l'"Israël véritable", a vécu. Il faut en inventer une autre. Tâche
de longue haleine. Car elle oblige à remettre en cause la compréhension que, pendant
des siècles, le christianisme a eue de lui-même.
(CA ON A LE DROIT; VOUS
VOUS SOUVENEZ SUREMENT QU'AU DEUXIEME PARAGRAPHE, L'INFAME ABBE ETAIT AUTORISE A
CRITIQUER ISRAEL, PUISQU'ISRAEL LE FAIT LUI-MEME. POUR CRITIQUER LE CHRISTIANISME,
ON N'A PAS BESOIN D'UNE AUTORISATION CHRETIENNE. ON S'AUTORISE DE SOI-MEME. COMME,
ON S'EN SOUVIENT AUSSI, LE JOURNALISTE VOYAIT L'ORIGINE DE CETTE THEOLOGIE DANS
L'EVANGILE, MOT GREC POUR BONNE NOUVELLE, IL FAUT Y RENONCER ET SE CONTENTER, MAINTENANT
DES MAUVAISES NOUVELLES. EST-CE QU'IL Y AURA AUSSI, DANS LES NOUVELLES NOUVELLES,
L'AMOUR DU PROCHAIN, LE PARDON DES OFFENSES, LE RESPECT DES PAUVRES, LE REJET DU
COMMERCE HORS DU TEMPLE ET LE SACRIFICE VOLONTAIRE D'UN HOMME-DIEU POUR SAUVER TOUS
LES AUTRES HOMMES, SANS DISTINCTION DE RACE, DE COULEUR, DE CLASSE SOCIALE ET D'OBEDIENCE
POLITIQUE ?) Jean-Paul Guetny Rédacteur en chef de l'Actualité religieuse
dans le monde
(IL FERAIT BEAUCOUP MIEUX, LE MALHEUREUX, DE SE CONTENTER
DE TRAITER SON OBJET, L'ACTUALITE : QUAND IL PARLE D'HISTOIRE, ON SE PREND A EVOQUER
NOSTALGIQUEMENT LES EXAMENS D'HISTOIRE DE NOS BELLES UNIVERSITES OU L'ON PEUT COLLER
LES ETUDIANTS NULS).
(1) La Reconnaissance, le Saint-Siège, les Juifs
et Israël, éd. Robert Laffont, Paris, 1992. +++++++++++++++++
La
droite de la droite existe aussi. La preuve :
National-Hebdo
, 16-22 mai 1996.
Offensive européenne contre la droite nationale
La Bombe Oostlander
Le printemps est traditionnellement propice
aux coups bas anti-FN. Mai 1996 n'a pas échappé à la règle. Le 9 mai
dernier, le Parlement européen, déserté par ses membres, a ainsi adopté le rapport
du démocrate chrétien néerlandais Oostlander sur le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme.
Sur les 626 parlementaires que compte le Parlement, seulement 171 se sont exprimés
lors du vote. La résolution finale a recueilli 146 voix en sa faveur et 16 voix
contre. Neuf députés se sont abstenus. Ce n'est pas la première fois que les
institutions européennes prennent position sur le sujet. Mais jusqu'à présent, les
textes n'exprimaient que des voeux pieux. Cette fois, le rapport Oostlander exprime
la position du Parlement sur plusieurs initiatives prises récemment par la commission
et le Conseil : --Une étude du Conseil sur la création d'un Observatoire européen
du racisme et de la xénophobie. --Une communication de la Commission sur les
mesures à prendre à l'échelle de l'Europe contre le "racisme, la xénophobie et l'antisémitisme".
--Une proposition de décision du Conseil proclamant 1997 "Année contre le racisme".
La nouveauté consistait à étendre aux autres pays européens l'instauration de la
loi Gayssot, puis en les citant nommément, à isoler et à condamner les deux leaders
nationalistes Jean-Marie Le Pen, président du Front national et l'Autrichien Haider,
président du FPOe. Les mouvements nationaux sont appelés des "partis racistes"
et le rapport Oostlander précise que "la lutte contre le racisme et l'antisémitisme
passe nécessairement par leur bannissement et par l'isolement de leurs dirigeants,
messieurs Le Pen et Haider." Il s'est trouvé tout de même 127 députés pour approuver
cette mise à l'index ! Mais ce n'est pas tout. L'autre volet du rapport concerne
les nouveaux droits et privilèges à donner aux immigrés, appelés "immigrants".
Ainsi, le paragraphe 22 stipule "qu'un appui soit accordé à la formation professionnelle
des imams". Le paragraphe 27 introduit par les Verts demande "les droits électoraux
aux immigrants." Au paragraphe 31, le rapport souhaite qu'une préférence soit
accordée aux immigrés dans les médias : "les immigrés doivent avoir plus de possibilités,
grâce à des actions d'incitation, de travailler dans les médias." etc. Dans une
intervention Jean-Yves Le Gallou a dénoncé "le véritable Tchernobyl que représentait
la loi Gayssot" et a prévenu ses collègues que "jamais les citoyens libres n'accepteront
la mise en place d'une police de la pensée." De son côté Bruno Goldnisch, secrétaire
général du Front national, a rappelé dans un communiqué que si le rapport Oostlaander
avait été en vigueur il y a 50 ans, "des personnalités historiques comme Winston
Churchill ou Charles de Gaulle auraient pu être déférées devant les tribunaux pour
racisme ou xénophobie, en raison de leurs discours contre les Allemands durant la
guerre !" Il n'en reste pas moins que le rapport Oostlander, s'il n'a pas emporté
l'adhésion massive des parlementaires européens, a tout de même été adopté grâce
à une minorité agissante qui a imposé au reste de l'assemblée son idéologie du "Politiquement
correct". Un vote qui démontre une fois de plus que la force de ce lobby réside
dans la lâcheté de la majorité.
Jean ROBERTO (IL SE PASSE DES CHOSES DANS
CE PARLEMENT EUROPEEN. PROPOSER D'ETENDRE LA LOI GAYSSOT, OU D'ELIMINER CERTAINS
PARTIS POLITIQUE, ON PEUT FAIRE CA IMPUNEMENT. C'EST CA QU'ILS APPELLENT DEMOCRATIE
? ET IL FAUDRAIT ETRE POUR ?) +++++++++++++++++++++++++++++++++++++
National-Hebdo , n 617, 16-22 mai 1996.
Le carnet de balles de François Brigneau
Je viens d'acheter (100 F) la nouvelle édition
des Mythes fondateurs de la politique israélienne de Roger Garaudy.
Il a changé d'éditeur. Ce n'est plus La Vieille Taupe (1).
Sur la couverture on lit: SAMISZDAT (SIC) Roger Garaudy 1996. En russe,
samiszdat signifie auto-édition. C'est un mot qui fut forgé en opposition
à gossiszdat, (SIC) édition d'État. Toutes les oeuvres
littéraires, tous les rapports politiques, historiques, scientifiques, sociologiques,
toutes les traductions d'auteurs étrangers interdits par la dictature "démocratique"
communiste, tombaient dans le domaine des samiszdat qui les publiaient
sous le manteau. L'édition était artisanale. Elle ne pouvait mettre en circulation
clandestine que de petits tirages. Mais ils passaient de main en main, quand le
KGB ne réussissait pas à les intercepter. Pour être moins dramatique, cette situation
existe dans la dictature "démocratique" capitaliste française. Roger Garaudy écrit
en avant-propos: "Après avoir, pendant plus d'un demi-siècle, publié mes ouvrages
chez les plus grands éditeurs français, je suis contraint d'éditer aujourd'hui en
samiszdat, à compte d'auteur, cette anthologie de l'hérésie sioniste,
parce que j'ai, depuis 1982, violé un tabou : la critique de la politique israélienne,
défendue désormais par la loi scélérate Gayssot-Fabius du 13 juillet 1990, qui restaure
en France le délit d'opinion du Second Empire en suppléant par une
loi répressive à la carence des arguments. C'est pourquoi les libraires qui entendent
continuer à faire leur métier doivent passer leurs commandes à la Librairie
du Savoir, librairie roumaine de Paris (2), qui a accepté le dépôt de ce
samiszdat, comme elle le faisait au temps de Ceaucescu où régnait déjà
-- mais ailleurs qu'en France -- la pensée unique. " Je ne reviendrai
pas sur le fond du livre. M. Garaudy n'est pas de notre paroisse. Certains aspects
de son ouvrage sont déplaisants. Je pense à l'exploitation qui est faite des découvertes
du professeur Faurisson (en particulier sur l'histoire d'Anne Frank), de ses travaux
d'investigations, et de l'ensemble de son oeuvre qu'il a payée si cher, alors que
Garaudy ne lui consacre que trois lignes, en passant C'est assez pénible. Cela
dit les Mythes fondateurs de la politique israélienne devraient figurer
dans toutes les bibliothèques politiques et historiques des esprits libres et curieux.
Le livre n'apporte aucune révélation, rien d'autre que ce que savent déjà ceux qui
se sont intéressés au problème. Mais il a l'immense mérite d'être clair, précis,
facile à lire, de résumer et de s'appuyer sur un arsenal de citations référencées,
empruntées, pour beaucoup d'entre elles, à la librairie sioniste ou prosioniste.
Beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles y trouveront les réponses aux questions
qu'ils se posent depuis les crimes de guerre d'Israël au Liban et l'étrange sursaut
de l'abbé Pierre. Sur la forme, cette nouvelle édition des Mythes
me paraît encore plus précieuse. Elle révèle au grand public et à beaucoup
de journalistes (qui en savent moins souvent que leurs lecteurs) l'existence en
France d'une édition des catacombes, clandestine ou à demi-clandestine, soumise
à l'impôt, mais privée de toute publicité, murée dans un silence hostile, quand
elle n'est pas interdite. Comme les auteurs de ces samiszdat, qui se nomment Henry
Coston (3), Jean Madiran (4), André Figueras (5), Emmanuel Ratier (6), G.-A. Amaudruz
(7), et de nombreux autres parmi lesquels je suis (8), sont classés à la droite
de la droite, à l'extrême droite, catalogués "nationalistes"
(C'EST UNE ERREUR
DE FAIT: PARMI CES REPROUVES DE L'EDITION OFFICIELLE FIGURENT AUSSI DES MEMBRES
DE L'ULTRA-GAUCHE, AU SEIN DE LAQUELLE S'EST RECRUTEE UNE BONNE PARTIE DES PERSONNALITES
QUI ONT DEFENDU LE PROFESSEUR FAURISSON EN 1979 ET DANS LES ANNEES QUI ONT SUIVI.
TOUTE LA PRESSE L'A D'AILLEURS SOULIGNE DANS LES CAMPAGNES CONTRE GARAUDY ET L'ABBE
PIERRE DU MOIS D'AVRIL ET DE MAI) donc maudits, leur exclusion n'émeut personne.
Pas même Mgr Gaillot, qui se prétend pourtant l'évêque des exclus. Personne ne
s'étonne que ces auteurs, qui ne sont pas sans public, ne trouvent pas d'éditeurs.
Ou, s'ils en trouvent, que ce soient les diffuseurs qui se dérobent. Ne croyez pas
que j'exagère. Lors du procès Barbie, une de mes amies, Marie-José Pfeiffer, qui
dirigeait une petite maison d'édition (Arts et Techniques d'Europe)
eut l'idée de publier la plaidoirie de Me Vergès. Si le livre était sorti dans la
foulée du verdict (4 juillet 1987), c'était le succès assuré. Mais, des mois durant,
Mlle Pfeiffer chercha en vain un diffuseur. Le livre ne parut qu'en 1988, chez Picollec,
et, malgré la préface de Jean-Edern Hallier, malgré les ouvertures médiatiques et
l'entregent de son auteur, Je défends Barbie... ne rencontra qu'une
indifférence quasi générale. Le temps avait fait son effet. L'absence d'un diffuseur
aussi. La semaine dernière, on célébra la Fête de la Liberté de la Presse. Triste
fête en vérité. J'ai été l'objet de nombreuses poursuites pour outrages au chef
de l'État (Vincent Auriol, de Gaulle) ; pour provocation à la haine raciale et tout
le tremblement, de la part des parquets gaulliste, socialiste, chiraquien, balladurien,
et des associations de bienfaisance (MRAP, LICRA), sans parler des plaintes en diffamation
ou injures déposées par de délicats confrères et une consoeur. Jamais le Syndicat
de la Presse n'est intervenu pour me défendre contre l'arbitraire du pouvoir et
l'avidité des sociétés de bienfaisance, ou, dans le dernier cas, pour essayer de
trouver un arrangement à l'amiable. Jamais je n'ai vu l'excellent Jean Miot, président
du syndicat de la presse, personnage répandu s'il en fut, accourir de toute la vélocité
de ses petites jambes, et s'enchaîner sur les marches du Palais, pour y commencer
une grève de la faim. Je l'y aurais volontiers accompagné. Ça nous aurait fait grand
bien à tous les deux. Des publications aussi respectables qu'Aspect de
la France, de Pierre Pujo, et Le Soleil, de Pierre Sidos, ont
été assimilées à des périodiques pornographiques pour être interdites d'affichage,
suspendues, voire supprimées. Les publications pornographiques de Guy Sitbon
(Lettres de femmes, etc), elles, n'ont jamais été interdites d'affichage
ni suspendues. Il est vrai que M. Sitbon, gloire du Nouvel Obs, est
actionnaire du Monde. Tandis que, devant les sanctions absurdes qui
frappaient Pujo, et Sidos, jamais je n'ai entendu même un soupir, exhalé par les
défenseurs de la liberté d'expression. Avec le samiszdat de Roger Garaudy, l'affaire
prend un tour tout différent. Garaudy n'est pas d'extrême droite. Il est d'extrême
gauche. Il a été catho de gauche, communiste en rupture de parti pour déviationnisme
de gauche. Certes il y a cette fâcheuse conversion à l'islam. Mais attention ! Il
s'agit d'un Islam progressiste, bien sous tous les rapports. Rien à voir avec l'intégrisme.
On respire. Du coup si un homme comme ça ne peut s'exprimer que par samiszdat, surveillé
par la loi Gayssot-Fabius, c'est qu'il y a quelque chose de pourri dans la République
démocratique, ou dans la Démocratie républicaine, comme on voudra. En retenant
l'attention, ce samiszdat de Roger Garaudy pourrait améliorer notre condition. En
tous cas, empêcher qu'elle ne s'aggrave. D'autant qu'une troisième édition est annoncée.
Elle serait préfacée par un rabbin américain. Après l'abbé Pierre, un rabbin! Si
la rumeur se confirme, ça va bouillir !
(1) Mais on peut toujours le commander
à La Vieille Taupe: BP 98 - 75224 Paris Cedex 05. 100 F, port compris.
(2) La Librairie du Savoir: 5, rue de Malebranche, 75005 Paris. Tél.:
43.54.22.46. Fax: 43.26.07.19. (3) Publications Henry Coston: BP
92.18 75862 Paris Cedex 18. (4) A Difralivre: BP 13, 22 rue d'Orléans,
78580 Maule, ainsi que les autres auteurs de Présent: Yves Daoudal,
Alain Sanders, qui possède également le petit atelier de productions Bergeron-Sanders:
le Parlement, rue du Parlement, Saint-Marcel, 36200 Argenton.. (5) André Figueras:
BP 575 - 75027 Paris Cedex 01. (6) Emmanuel Ratier. Je vous recommande tout
particulièrement sa lettre bi-mensuelle Faits et Documents, d'un intérêt
exceptionnel. Faits et Documents: BP 254-09 - 75424 Paris
Cedex 09. Tél/Fax: 40.16.80.92. (7) G.-A. Amaudruz. Courrier du Continent:
Case Ville 2428, Lausanne (Suisse). (8) Mentionnons Révision:
11 rue d'Alembert, 92130 Issy-les-Moulineaux (revue d'extrême gauche qui
publie d'intéressantes études historiques sur le judaïsme). Et rappelons les
Publications FB: 5 rue Fondary, 75015 Paris. Fax: 45.75.09.92. Charité
bien ordonnée (C'EST UNE ERREUR : CE CANARD N'EST PAS D'EXTREME-GAUCHE, IL EST
D'EXTREME-BAS.) ++++++++++++++++++++++++++ A SUIVRE
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