Les Crematoires de Birkenau: L'impossible Rendement (51K)

Published: 1996-01-08

Le lecteur qui a déjà eu l'occasion de lire un peu sur les thèses révisionnistes sait sans doute que l'un des multiples arguments employés par ceux-ci concerne l'impossibilité qu'il y aurait eu d'utiliser les crématoires de Birkenau pour incinérer un million de corps en moins de deux ans. Cet aspect, souligné souvent, n'a donc rien de nouveau pour quelqu’un qui connaît ces thèses. L'étude qui suit contient cependant plusieurs aspects qu'on ne retrouve pas dans les ouvrages révisionnistes publiés en français. Il s'y trouve, notamment, un emprunt au révisionniste le plus remarquable qui ait existé à mon sens, l’Américain Arthur Butz, dont l'ouvrage de base, 'The Hoax of the Twentieth Century' publié il y a vingt ans (1976) ne fut, hélas, jamais traduit en français. Certains éléments de cet article sont également inédits, ma propre enquête sur la crémation m'ayant également confirmé que l'une des failles majeures de la thèse de l'Holocauste résidait dans les rendements délirants qu'on prête aux crématoires de Birkenau. Pour le lecteur qui n'a qu'une connaissance limitée du sujet cependant, il est bon de fournir certains éléments de base.

Les révisionnistes ne contestent nullement qu'un nombre important de Juifs ont péri à Auschwitz: Les registres de mortalité que les SS tenaient dans ce camp donnent eux même plusieurs dizaines de milliers de morts.

A cela il faut ajouter que certaines données, notamment la correspondance entre les autorités d'Auschwitz et Berlin qui mentionne un taux effroyable de mortalité durant certaines périodes, soit durant l'épidémie de typhus qui sévit à l'été 1942. On dit généralement dans la littérature Holocaustique que la masse des Juifs 'envoyés à la chambre à gaz' dans ce camp ne laissa pas de trace écrite puisque les nazis ne prirent pas soin d'indiquer le décès des Juifs qu'ils jugeaient inaptes au travail après sélection.

Pour les révisionnistes, ces Juifs (hommes, femmes et enfants plus souvent) furent bel et bien réexpédiés vers des ghettos plus à l'est tel que l'indiquent certains autres documents allemands, ou encore vers des camps annexes, mais ils ne furent pas 'gazés' et incinérés dans les crématoires de Birkenau. L'étude qui concerne ces ghettos ne fait pas partie de cet article, bien que certains ouvrages révisionnistes de langue anglaise s'y soient concentrés.

Généralement, les descriptions de 'témoins oculaires' parlent d'une efficacité prodigieuse et d'un souci du rendement qui donne 3, voir 4 corps par bouche de crématoire par demi-heure. Filip Muller, entre autres, relate dans son ouvrage Trois ans dans une chambre a gaz d'Auschiwitz que plusieurs milliers de corps furent incinérés au Krema 2 en une journée. Les Kremas 2 et 3, qui entrèrent en fonction a l'hiver et au printemps de 1943 comportaient 15 bouches de crématoire (ou moufles) chacun. Les Kremas 4 et 5 eux,comptaient chacun 8 bouches qui entrèrent en fonction a peu près à la même date même si ceux-ci furent rapidement mis au rencard à la suite d'avaries techniques selon l'auteur J.C.Pressac.

Ivan Légacé, un opérateur de crématoire de Calgary, devint rapidement révisionniste: éberlué par le rendement délirant qu'on prêtait aux crématoires de Birkenau, il ne put que faire front commun avec les révisionnistes et affirmer qu'un seul corps prenait facilement 2 heures à être incinéré. Vu sa prise de position non conformiste, il devint rapidement la cible de multiples attaques. Depuis, un semblant de contre argumentation anti-révisionniste s'est développé, et j'ai eu l'occasion de débattre dans alt.revisionism avec l'une des figures de proue du site Nizkor, le plus important site anti-révisionniste sur internet: John Morris. Ayant mené ma propre enquête auprès de plusieurs opérateurs de crématoire et d'un chimiste qui entretient ceux-ci, j'en suis rapidement venu à la conclusion que les arguments adverses n'avaient guère de crédit. Le fait d'avoir obtenu un diplôme d'ingénieur il y a quelques années m'a aidé à approfondir certains aspects, mais le lecteur moyen n'a nullement besoin de diplôme en sciences pour comprendre l'argumentation.

Et je le dis à l'endroit des sceptiques: Si vous ne me croyez pas, faites votre propre enquête auprès de gens qui opèrent des fours crématoires, les réponses que vous obtiendrez seront sensiblement les mêmes.

Le temps de cremation

L'argument révisionniste de base est plutôt simple: Les 30 à 46 crématoires de Birkenau n'auraient pu, en moins de deux ans, incinérer un million de personnes. Tout au plus le nombre de Juifs qui ont péri au cours des épidémies de typhus ou pour d'autres raisons, toutes reliées à une mortalité 'naturelle', soit entre 70,000 et 125,000. Le premier argument donné par le site Nizkor tel qu'il fut décrit à l'époque est que la crémation actuelle requiert un délai supplémentaire du... à la combustion du cercueil!

En mars 1996, on retrouvait même le paragraphe suivant sur ce site: http://www.almanac.bc.ca/features/qar/, Question 42

For example, Legace is bound by Canadian law to use a coffin, and to incinerate it so thoroughly that the ashes of the wood are indistinguishable from the ashes of the human body. This is a lengthy process. Legace forgets that such cosmetic concerns were not of importance to the Nazis.

Toute personne qui a déjà brûlé du bois peut se figurer qu'à des températures de 800 degrés C0 dans un crématoire moderne, une planche de 4 centimètres d'épaisseur ne prendra pas plus de 10 ou 15 minutes avant d'être carbonisée et disloquée. Quant à cette question concernant les cendres du cercueil qui devraient être sur-incinérées afin de leur donner une texture blanche identique à celle qui existe pour les cendres humaines, j'ai demandé à 3 reprises à M. Morris quelle loi canadienne obligeait les opérateurs de crématoire à agir de la sorte: Je n'ai jamais eu de réponse. Si quelqu’un l'apprend un jour je serais heureux d'être mis au courant.

Le premier opérateur de crématoire à qui j'ai parlé (maison funéraire Magnus Poirier à Montréal) déclara tout simplement qu'aucune cendre n'était laissée par le cercueil. Un autre opérateur de crématoire, M. Ouellet, de la maison funéraire Urgel Bourgie, n'étais pas au courant d'un tel problème: Lorsque la combustion d'un corps est achevée, des os friables sont laissés et ceux-ci sont retirés et broyés dans une machine avant d'être restitués aux proches. Une méthode consiste, par exemple, à séparer les cendres des os en passant le tout à travers un tamis. Au Crématorium d'Arche, à Longueuil, on me répondit que le cercueil ne laissait pas de cendres à cause de l’extrême volatilité des cendres du bois. Au crématorium Mont Royal, on broie aussi les os mais encore là, personne ne semblait au courant d'un problème particulier relié aux cendres du cercueil.

J'ajoute que partout où j'ai pris ces informations, le temps de crémation était à peu près identique: Entre 2 heures et 2 heures 30 pour un corps moyen. Il peut exister aux Etats-Unis certains crématoires de plus haut rendement qui prennent une heure 30, mais cela ne semble pas être le cas au Québec. Dans les cas mentionnés ci-haut, la température d'opération varie de 1300 à 1,600 degrés Farenheit d'après les réponses qui me furent données.

On peut savoir à combien les fours d'Auschwitz opéraient simplement en ouvrant l'ouvrage anti-révisionniste Les chambres à gaz ont existé, G. Wellers. Une des annexes comporte une référence au rapport que la commission sur les crimes de guerre Nazis et Jan Sehn donnait: 800 degrés. Vu la masse importante de documents laissés par les Nazis derrière eux, cette estimation n'a sûrement pas été donnée au pifomètre.

Les technologies d'époque étaient plus rudimentaires, mais des crématoires existaient déjà dans les années 20 et 30 en Europe. L'une des variables qui affectent déjà le rendement d'une incinération ne défavorise pas les crématoires modernes par rapport à Auschwitz.

Une autre variable qui peut affecter le temps de crémation est la quantité d’oxygène qui est injectée. La combustion du corps nécessitant la réaction chimique avec l’oxygène, un système de ventilation permets l'apport en excès de celui-ci. Anatomy of a Death Camp, un ouvrage auquel Pressac contribua largement, permet de se faire une idée assez juste sur la quantité d'air évacuée au krema 1: a la page 189, il est dit qu'un système permettant d'évacuer 4,000 mètres cube par heure fut installé en 1940, à l'époque ou ce crématoire ne comportait que 2 moufles. Un peu plus loin dans l'ouvrage on retrouve une référence sur l'installation du système de désaération du Krema 2. En soustrayant les quantités d'air évacuées des pièces telles que le L-Keller, on trouve une figure assez voisine de 2,000 mètres cube par heure par moufle (15 moufles pour le Krema 2). Les informations que j'ai pu obtenir d'un chimiste qui entretient les crématoires au Québec donnent 625 pieds cube par minute, +/- 15% et ce pour un temps de crémation moyen de 2 heures 1/4 ou 2 heures 30. C'est l'équivalent de 1,400 mètres cube par heure environ, ou 30% moins que les fours d'Auschwitz. Il est cependant très possible que cette figure soit plus élevée pour d'autres types de crématoires aux USA ayant un rendement légèrement supérieur. Il faut noter ici que cet apport d’oxygène peut attiser la chaleur seulement au moment où le corps commence à brûler réellement ; avant cela une longue période s’écoule pendant laquelle l’eau contenue dans le corps doit être évaporée et l’injection d’un surplus d’air ne servirait qu’à évacuer plus de chaleur, donc augmenterait la quantité de carburant nécessaire pour maintenir la température.

Ces variables ayant été revues, on peut bien se demander comment les nazis pouvaient-ils incinérer 3 corps dans un moufle en 30 minutes???

Trois corps par moufle ou...?

Examinons maintenant l'un des énoncés les plus fréquemment utilisés contre les révisionnistes: Plusieurs corps étaient incinérés en même temps, ce qui permettait de profiter au maximum de la chaleur des fours. Toutes les réponses qui m'ont été fournies, au Crématorium d'Arche, chez Urgel Bourgie, Magnus Poirier, etc.. sont identiques: Un lien direct existe entre le temps de crémation et le volume. Un corps moyen peut prendre entre 2 heures et 2 heures 30 pour être incinéré, un très petit corps (un vieillard très frêle) 1 heure et quart, et une personne très obèse beaucoup plus de temps. Lorsque j'ai réfléchit à ce problème, 3 raisons me sont venues à l'esprit.

Premièrement, si le ou les corps occupent une large fraction dans le moufle (environ un mètre de diamètre pour Auschwitz) la quantité d'air qui est en contact avec le corps le long de celui-ci va être diminuée. La combustion du carbone requiert de l’oxygène, et la décomposition de celui-ci donne du CO (monoxyde de carbone) ou du CO2. Si le moufle est rempli presque à saturation, on réduit aussi la quantité d'air qui peut pénétrer dans le moufle. Dans un pareil cas, le faible espace laissé pour l'entrée d'air ne favorise certainement pas la combustion.

Le deuxième aspect est simplement que la combustion ne peut qu'être favorisée par une plus grande exposition de surface et défavorisée par le volume. Qui n'a pas déjà essayé de brûler une bûche intacte puis de brûler une autre bûche après l'avoir fendu en bâtonnets minces? Le ratio surface/volume est simplement augmenté dans le deuxième cas. Le fait même que le torse d'un corps soit en contact avec le dos d'un autre corps dans un espace aussi réduit ne peut que défavoriser cette méthode au point de vue de l'efficacité.

Finalement, comme la phase d’évaporation d’eau est la plus longue, l’énergie requise (ou encore le temps) augmente dramatiquement. On a qu'à penser au four micro-ondes et tenter de cuire deux plats à la fois pour réaliser qu'on a rien pour rien

Autre exemple: J'ai demandé à Incineration Plus, une compagnie spécialisée dans la crémation d'animaux a Montréal, quel était le temps d'incinération requis pour un chien de 20 kg environ. Au moins 45 minutes pour des températures d'opération identiques à celles qu'on retrouve dans les fours crématoires pour humain. La seule conclusion rationnelle que j'ai pu en tirer est que les chiens sont toujours incinérés dans un cercueil. Toutes les autres explications qui me sont venues à l'esprit sont de nature révisionniste, donc interdites.

Le meilleur moyen pour disposer d'autant de corps était simplement de construire plus de fours crématoires. On pourrait toujours obtenir quelques figures impressionnantes en donnant, pour 1 an 1/2 d'opérations et 2 heures par bouche de four, 550 corps par jour ou près de 300,000 incinérations. Mais les choses ne fonctionnent jamais ainsi dans la réalité: Les fours sont soumis à des bris, il faut les nettoyer, etc... L'auteur J.C. Pressac, qui se basait notamment sur la correspondance entre la firme s'occupant de l'entretien des crématoires et la direction d'Auschwitz, ne pouvait cacher le fait que les Crématoires II,V et IV connurent des problèmes majeurs qui firent que 46 moufles ne furent jamais entièrement disponibles; le Krema IV ne fut même utilisé que pendant une brève période avant d'être mis au rencard. Il n'y eut donc au mieux que 38 moufles disponibles à partir du printemps 1943.

L'utilisation d'une moyenne de cadavres incinérés chaque jour ne peut même pas donner une projection fiable; en effet les convois de 'gazés' ne se succédèrent pas à un rythme régulier mais de façon sporadique.

On peut utiliser l'ouvrage de base, The Auschwitz Chronicle de Danuta Czech pour s'en faire une idée. Se basant surtout sur des documents d'époque (télégrammes saisis, etc...) et plus rarement sur des témoignages d'après guerre, celle-ci doit bien s'en tenir à la version holocaustique standard et déclarer que sur un nombre X de juifs répertoriés au départ, et sachant que seuls une fraction ont reçu un numéro d'immatriculation à l'arrivée, les autres ne peuvent qu'avoir été gazés. Par exemple elle donne 440 gazés au 20 juillet 1943, mais il faut attendre 12 jours avant que de nouveaux convois de 'gazés' n'arrivent au camp. Là, ils se succèdent à un rythme d'enfer. Des milliers de nouveaux arrivants au premier août, dont environ 7,500 qui ne recoivent pas de matricule (donc 'gazés') , puis le lendemain 1,087 juifs de Belgique 'gazés' aux côtés de 1,600 juifs du ghetto de Bendin et 727 provenant de Drancy, soit environ 3,400 le 2 août.. Le 3 août, 6,800 'gazés', provenant surtout du ghetto de Sosnowitz. Le 5, 3,725 'gazés', le 6, 2,750, etc.... Par contre, du 5 au 15 septembre, ils ne seront que 772.

A chaque fois le même problème se serait posé: Il fallait bien disposer des corps avant l'arrivée de la prochaine fournée puisque les quatre morgues décrites sur les plans n'étaient pas supposées être de vraies morgues mais des chambres à gaz ( nonobstant la taille de ces dernières, 210 mètres carrés pour les Kremas II et III, un peu plus pour les deux autres)

Quelle que soit la combinaison de chambres à gaz qu'on prend, entre le premier et le 3 août, 10,800 cadavres devaient disparaître pour faire place aux 6,800 victimes suivantes, soit pour 38 moufles, un par dix minutes pour chaque moufle, et ce, sans compter les quelques dizaines de détenus morts de causes naturelles chaque jour. On pourrait appliquer la même remarque pour la période du 29 août au 2 septembre 1943, alors qu'un nombre presque aussi important sont donnés comme gazés. Or les récits des Sonder Kommandos pour l'année 1943 ne parlent pas d'un autre endroit où l'on aurait brûlé les cadavres; ils affirment que ces moufles de dimension standard pouvaient faire disparaître un corps en dix minutes! Ce n'est donc pas qu'à l'été 1944 (gazage présumé de centaines de milliers de juifs hongrois en deux mois) qu'un problème de taille se pose.

Je donne ici un résumé de ce magnifique parallèle que l'américain Arthur Butz donna dans son ouvrage, The Hoax of the Twentieth Century1:

Il existe une série de volumes, les archives du procès de Nuremberg, où se retrouvent des fragments de dossiers saisis par les alliés lors de la victoire de 1945. A l’été 1942 sévissait une terrifiante épidémie de typhus dans les camps nazis que les Allemands eurent toutes les peines a juguler: Des détenus, mais aussi des SS et des médecins du camp en moururent.

A la fin de 1942 une campagne fut lancée et Himmler ordonna dans une lettre de réduire le taux de mortalité "à n'importe quel prix" (document 2172-PS). Le 20 janvier 43 Gluecks, inspecteur des camps dans une circulaire adressée a tous les dirigeants de camps ordonnant "de faire baisser le taux de mortalité par tous les moyens". D'autres documents (1469-PS, NMT, vol 5 p372) attestent de cet échange de lettres entre Pohl,Himmler et Glucks sur le même sujet. J.C. Pressac ne cite pas les documents en question mais il est aisé de vérifier auprès même d'un tel auteur que cette campagne de lutte au typhus fut lancée.

Le 30 septembre 1943 Pohl faisait état de progrès dans une lettre a Himmler. Ce qu'il y a d’intéressant c'est qu'il fournissait des tableaux de statistiques qui peuvent donner une idée des taux de mortalité et de la population des camps pour une période bien précise: De juillet 42 a février 43, le taux de mortalité dans les camps nazis était de 8% par mois alors qu'il chuta à 2.8% au mois de juin 43. Il y a aussi un tableau pour certains camps pour le mois d’août 43:

CampPopulationMortalité%
Dachau17,300400.23
Sachsenhausen26,5001940.73
Buchenwald17,6001180.67
Mauthausen21,1002901.37
Auschwitz74,0002,3803.1

Officiellement les gazés d'Auschwitz ne figurent pas sur cette lettre parce que "les nazis ne comptaient pas les gazés" dans leur correspondance.

Si on regarde les taux de mortalité qu'on a pour les cas de causes naturelles et les chiffres de population, on se rend compte que le nombre de fours est comparable avec ce qu'on peut retrouver pour d'autres camps.

En 1942 des fours crématoires furent construits à Dachau et Sachsenhausen: Chacun comportait 4 bouches. A Dachau il y avait déjà 2 bouches de crématoires qui existaient avant 1942 (même chose pour Sachsenhausen). A Buchenwald il y en avait 6. Dans AUCUN de ces derniers camps il n'y avait officiellement d'extermination par chambres à gaz, la mortalité était due principalement à des causes naturelles. A Auschwitz, 30 fours crématoires en 1943 pour environ 74,000 détenus, chiffre qui grimpa à 100,000 en 1944. Pendant une brève période les 16 autres moufles des kremas 4 et 5 vinrent s'y ajouter.

Mais il y a un autre moyen d'étudier ce problème: Dachau, Buchenwald étaient en Allemagne et comme les historiens même anti-révisionnistes reconnaissent qu'il n'y a pas eu de gazages là, on peut les utiliser à nouveau comme critère de comparaison si l'on veut voir ce que les Allemands avaient en tête au moment où ils lancèrent la construction de fours en 1942 et non une fois que ceux-ci furent achevés. Dans ce cas Auschwitz semble même défavorisé par rapport aux camps qui existaient en Allemagne. Les registres de mortalité que tenaient les Allemands et qui furent saisis par les Alliés ne seront pas sans utilité.

Si nous prenons l'année 1942, 45,575 détenus sont morts à Auschwitz et 2,470 à Dachau. C'est à ce moment que les SS ont lancé la construction de la plupart de leurs crématoires, et avec 46 moufles pour 6, Auschwitz-Birkenau est 2 fois moins bien équipées pour disposer des corps que Dachau, probablement à cause de contraintes budgétaires. Les Allemands ne pouvaient sûrement pas manquer d'utiliser cette figure afin de savoir combien de fours étaient nécessaires.

Le carburant

En 1989, l'auteur anti-révisionniste Jean Claude Pressac commettait la gaffe de fournir les factures et bons de commande concernant les livraisons de coke pour le camp de Birkenau dans Auschwitz, Techn. And Operations of the Gas Chambers (A.T.O.). Environ 2,200 tonnes métriques. Les fours d'époque fonctionnaient au coke, ceux d'aujourd'hui fonctionnent au gaz naturel. J'ai pu obtenir, après 2 jours, un renseignement précieux du crématorium Mont-Royal: Il faut en moyenne 23 mètres cube de gaz naturel pour incinérer un corps. En appelant Gaz Métropolitain, j'ai également eu aisément l'équivalent, 37.84 Mega Joules par mètre cube. Le charbon, d'après les données calorimétriques que j'ai peut fournir jusqu'à 7000 kilocalories par kg. Comme il y a 4,186 joules par kilo calorie un calcul aisé permets de déterminer que l'équivalent en coke de 23 mètres cube de gaz naturel est environ 30 kilogramme. Si nous divisons ces 2,200,000 kg par 30, nous obtenons à peu près 70,000 personnes, soit l'équivalent des cas de mortalité dus à des causes naturelles.

Un argument fut développé dans alt.revisionism par la partie adverse. Grosso modo, celui-ci se basait sur un document cité par Pressac dans Anatomy of a death Camp. Muller, de la firme Allach, tenta de vendre avec succès un crématoire au camp de Dachau un peu avant la guerre. Celui-ci écrivit notamment que 175 kg de coke pouvaient être nécessaires à la première incinération une journée mais que la première incinération le jour suivant ne prenait que 100kg, bien que les autres crémations le même jour ne prennent qu'une faible quantité de combustible. La rétention de chaleur par une structure est ici en cause. Cette caractéristique de rétention me fut confirmée au crématorium Mont-Royal: Une troisième ou une quatrième incinération le même jour ne prend que peu de combustible.

La valeur de 23 mètres cube qu'on me donna était une moyenne, beaucoup plus d’énergie étant nécessaire a la première crémation. L'argument était donc: Vu un rythme d'opération continu, une très faible quantité de combustible devient nécessaire pour incinérer un million de gens, et le chiffre de 2 kg par personne devenait 'possible'. Le corps en effet lorsqu'il brûle dégage de l'énergie (graisse, muscles) et celle-ci peut compenser en partie pour les pertes de chaleur par la cheminée.

Il y a cependant 2 aspects vulnérables à cet argument. Le premier s'offre lorsque l'on compare les figures de Muller pour une semaine normale avec les chiffres obtenus de ce crématoire de Montréal. Comme Muller désirait vendre une fournaise au camp de Dachau avant la guerre, comme il n'y a jamais eu de liquidation systématique de prisonniers à ce camp, le rythme normal ne pouvait être que de quelques heures par jour, tout comme dans un crématoire aujourd'hui. Le nombre de crémations quotidiennes qu'on m'a donné à ce crématoire est d'environ 8 pour 2 moufles sur une base continue lors d'une journée normale. Faisons la comparaison:

Le lundi, 175 kg de coke pour une première crémation pour le cas auquel Muller réfère, le mardi 100kg, le mercredi 100 Kg et ainsi de suite. A cela il faut ajouter une faible quantité de carburant X, multipliées par 3 crémations supplémentaires fois 5 jours d’opération pour le crématorium Mont-Royal.

Comme la quantité moyenne de gaz naturel utilisée est équivalente a un peu plus de 30 kg de coke, on obtient 575 kg + 15*X=20*30= 600 kg. En effet, une très faible quantité d'énergie supplémentaire aurait pu être utilisée. Cependant, un aspect majeur doit être pris en compte: La valeur de l'énergie fournie par le cercueil. On me déclara que le réchauffement de la structure était beaucoup plus important si la personne était incinérée dans un gros cercueil de chêne. Cela tombe sous le sens commun. Un cercueil de 40, 50 kg ne peux pas manquer d'apporter une chaleur importante qui sera retenue en partie du moins par la structure. Le livre 'éléments de physique' auquel je réfère donne 4,500 Kilo Calories par kg, mais des variantes autour de ce point peuvent exister dans d'autres bouquins.

Néanmoins il est certain que le cercueil peut fournir presque autant d'énergie que le corps humain. Il comporte, en outre, une caractéristique qui diminue dramatiquement le temps de combustion: Une très large surface offerte par unité de poids, contrairement au corps humain. La surface externe est la première à brûler, mais la surface interne pourra aussi entrer en combustion dès le moment ou une partie aura brûlé suffisamment pour laisser entrer l’oxygène, ou dès qu'il y aura dislocation.

Finalement, le bois n'a pas besoin d'être séché pour bien brûler, il ne contient pas 66% d'eau comme le corps humain. C'est la première raison pour laquelle je considère la figure donnée par Pressac comme inutilisable: Muller tentait de vendre un four crématoire a un camp de concentration, et il est probable qu'il a utilisé des données reliées à la crémation dans le domaine civil, la ou la firme Allach avait déjà pignon sur rue. Des crémations ou un cercueil étais utilisé. Comme la crémation à Auschwitz se faisait sans cercueil, il est certain que le temps de crémation était légèrement diminué mais aussi que la quantité de chaleur apportée a la structure étais diminuée de façon beaucoup plus drastique. Par conséquent, l'énergie fournie par la combustion du corps humain ne pouvait absolument pas 'à peu près compenser' si l'on compare avec les données obtenues.

La deuxième méthode fait appel à certains éléments de thermodynamique. Le livre de thermodynamique que j'avais à l'époque où j'étais étudiant, 'Thermodynamique appliquée', Van Wylen, Sonntag et Desrochers donne les formules suivantes pour la chaleur massique de l'oxygène et l'azote:

N2 C=3D 39.060 – 512.8×T-1.5 + 1072.7×T-2 – 820.4×T-3

O2 C=3D 37.43 + 0.02×T1.5 – 178.57×T-1.5 + 236.88×T2

ou T est la température en Kelvin sur 100°C (la chaleur massique) est en kJ/(kmol×K). Un outil mathématique appelé l'intégrale me permet d'obtenir la chaleur qu'il faut appliquer à une molle d’oxygène ou d'azote pour faire passer sa température de 300 degrés Kelvin ( 27 degrés celcius) à 1100 degrés Kelvin ou 800 degrés celcius. Comme l'air est formé à 80% d'azote, les 26,100 Kjoules/Kilo mol obtenus pour l’oxygène n'ont qu'a être multipliés par .8 et les 24,700 KJoules/Kilo mol de l'azote par .2. En divisant par le poids moléculaire, 32 pour l’oxygène, 28 pour l'azote, on obtient 816 Kj/kg et 882 Kj/Kg respectivement. Un kg d'air occupe .8 mètre cube à pression atmosphérique normale, aussi peut-on dire qu'on aura un peu moins de 1,100 KJoule / mètre cube d'air froid a fournir pour faire grimper la température à 800 degrés Celcius. Avec la loi des gaz pV=nRT, on peut aisément trouver que ces 2,000 mètres cube d'air chaud évacués correspondent a (300 Kelv/1100 Kelv) × 2000 = 545 mètres cube d'air froid à l'origine, l'air se dilatant avec la chaleur.

Comme il y a 4186 joules par kilocalorie, on peut en déduire qu'il faudra 143,215 kilocalories au moins pour compenser les pertes en chaleur par heure, ou l'équivalent de 20,5 kg de coke si l'on accepte la figure de 7,000 Kcal par kg de coke. Certaines autres sources donnent même une valeur énergétique moindre pour les dérivés du charbon. A cela il faut ajouter les pertes par rayonnement à travers le réservoir ou le coke brûle, ainsi que d'autres pertes mineures si bien qu'on peut difficilement utiliser moins de 25 kg de charbon en régime permanent uniquement pour compenser les pertes en chaleur. La chaleur qui peut compenser partiellement pour une incinération à Auschwitz est fournie par le corps.

Dans le cas des Juifs prétendument gazés immédiatement après leur arrivée, 16 % de graisse et de 30 a 40% de muscle semble une figure adéquate. Pour une personne moyenne de 70 kg, 11,5 kg de graisse et 20 a 25 kilos de muscles peut donner un résultat qui avoisine l'équivalent calorifique de 25 kg de coke.

A cela il faudrait ajouter certaines contributions plus mineures mais aussi le fait que cette chaleur n'est pas absorbée à 100% par la structure: la combustion ne se fait pas de façon régulière, certains pics d’énergie existent et la température ne pouvait pas être maintenue à 800 degrés juste pendant tout le processus. Autrement dit l'efficacité de l'apport calorimétrique du corps pour compenser les pertes de chaleur par la cheminée ne peut être de 100%. Néanmoins, pour une crémation de 2 heures, il y a un déficit d'environ 25 kg de coke.

Lorsque la question concernant la quantité de combustible nécessaire fut abordée dans alt.revisionism, on me dit que les Allemands auraient très bien pu 'emprunter' du charbon à l'usine de Monowitz pour les crématoires de Birkenau. Bien que Monowitz fit partie du complexe Auschwitz 1-2-3, ce centre étais tout de même assez éloigné de Birkenau.

Tant qu'à y être, on aurait pu dire que les Allemands empruntèrent des quantités importantes de combustible au mécanicien de la locomotive ou de la ville d'Auschwitz même. Pressac se targuait d'avoir trouvé une 'preuve' de gazages homicides à Auschwitz avec cette lettre qui concernait la commande de quelques papiers colorimétriques (des testeurs de gaz résiduel) pour le camp de Birkenau. Puisque les Allemands ont laissé plus de 80,000 documents derrière eux uniquement concernant ce camp, il est complètement incongru d'imaginer que des millions de kg de coke auraient pu être soustraits de la production militaire allemande pour être redirigés vers Birkenau sans autorisation, sans documents.

Je ne crois pas que les architectes de Nuremberg auraient poussé le souci du détail jusqu'à forger des documents attestant de l'envoi de coke de Monowitz vers Birkenau, aussi je serais prêt à accepter ce genre de document sans discussion. Une telle preuve n'a jamais été amenée.

Un autre argument consistait dans la destruction hypothétique de factures par les Nazis. Pourquoi 'certaines' plutôt que toutes? Les Allemands se seraient donc mis à calculer quelle quantité il fallait laisser advenant le fait qu'un type se mettre à jongler avec des données calorimétriques 50 ans plus tard?

Documents et temoignages

Il reste maintenant a examiner certaines des 'preuves' qu'on avance pour démontrer l’inexactitude des thèses révisionnistes. Le plus célèbre de ces documents est le document Jahring. Daté du 28 juin 1943, celui-ci claironne fièrement que les 52 moufles d'Auschwitz et Birkenau réunis peuvent réduire 4,756 corps par jour en cendres ( 24 h/24). 15 minutes par corps. La date du document coïncide avec la période ou des bris majeurs affectaient les crématoires de Birkenau, bris que les SS tentaient désespérément de réparer pour remettre ceux-ci sur pied (ces bris, commentés dans la correspondance Nazie, ont été largement expliqués par l'auteur J.C. Pressac).

La provenance du document telle que donnée par Pressac est 'Le Comité de la Résistance antifasciste de la République Démocratique Allemande'. Comme le déclarait l'américain Butz, je suis dans la position d'un homme qui se fait dire qu'un document établit qu'une WolksWagen a brisé le mur du son pendant la guerre. Ce document est visiblement une falsification. Un autre document cité par Pressac dans 'Anatomy of a death camp', p189: 'Fritz Sander et Paul Erdmann, les supérieurs de Prufer chez Topf, estimaient le rendement des crématoires à 30 ou 36 corps en 10 heures'. La référence est Weimar, LK 6451, lettre de Topf, 14 Juillet 1941. D'après le reste du texte, le rendement en question concerne deux moufles pour le crématoire. Dans tout le chapitre il y a de multiples références à des contrats, factures, et pas seulement pour Auschwitz: Il semble que Pressac a eu accès à une énorme quantité de missives et de documentation, et je ne serais pas surpris que plusieurs de ceux-ci mentionnent des chiffres beaucoup plus bas.

Néanmoins la quantité de documents qu'il cite pour supporter ses dires est ridiculement faible, et il pourrait s’agir là d'une autre falsification puisque rien ne peut expliquer physiquement un tel rendement face aux crématoires modernes.

Il pourrait s’agir aussi d'une sorte d'exagération destinée à vendre plus facilement le crématoire à la SS comme on en retrouve aujourd'hui pour une gamme de produits que quelqu’un cherche à écouler. Il est aussi écrit dans le même chapitre que la première crémation ne fut effectuée que le 15 août de la même année avec ces moufles. Cela veut tout simplement dire que cette lettre, écrite probablement pour mieux vendre un produit, n'était aucunement basée sur un rendement réellement observé mais plutôt sur une hypothèse très optimiste. Sans utilité.

Concernant les témoignages, je ne m'attarderai pas ici sur la plupart de ceux qui sont habituellement amenés, on a qu'à lire certains auteurs révisionnistes qui en ont long à dire sur les Vrba,Muller, Hoess, Nyiszli, etc..

Le témoignage de Hans Muench semble un peu à part par contre, c'est devenu l'argument fétiche de certains exterminationnistes. Muench est un médecin SS allemand qui travailla à Auschwitz en 1943. . Celui-ci n'a pas seulement témoigné de l'existence de chambres à gaz au procès Farben en 1948; il persista a maintenir sa version pendant les cinq décennies suivantes. Par exemple, dans une interview donnée à la télévision suédoise en 1981, il répéta de nouveau sa version. De toute évidence nous dit-on, Muench n'était pas l'objet de menaces ou sous la torture à ce moment. Même au cours du procès Farben 35 ans plus tôt il est douteux qu'il ait été torturé, il était témoin de la défense. Muench est même apparu dans un film récent de Spielberg. Depuis longtemps Muench est devenu le chouchou des tenants de la légende; sont discours antifasciste est fort apprécié.

Mais Muench est un témoin oculaire peu fiable; trente trois ans avant son apparition devant les caméras de la télévision suédoise, Muench livrait un témoignage fantastique à la barre. Il déclara avoir vu des juifs se faire gazer, mais il ne s’embarrassa même pas de construire une histoire cohérente en s'informant au préalable de la version officielle. Il plaça le crématoire et la chambre à gaz à l'extérieur de Birkenau.

Trials of War Criminals Before the Nuernberg Military Tribunals" - Washington, U.S Govt. Print. Off., 1949-1953, Vol. VIII, page 315:

Q: Would you describe briefly where this extermination was carried out, particularly the locality?

A: The extermination plant was located at Birkenau. The crematoria and gas chambers were located one to one and a half kilometer South west of the Birkenau, camouflaged in a small woods.

Q: What purpose did the crematoria serve?

Muench prétend que les crématoires et les chambres à gaz étaient situées 1 à 1.5 km à l'extérieur de Birkenau, camouflées dans un petit bois.

Il ne peut même pas s'agir d'une confusion avec les fermettes (bunkers) situées à l'extérieur du camp et où l'on est supposé avoir gazé les juifs en 1942 pendant quelques mois. Muench est arrivé à Auschwitz en 1943, après l'épisode des fermettes. Il est impossible de prétendre que les gazages qu'il dit avoir vu ne se soient pas déroulés dans le camp, dans les bâtiments du crématoire. Pas de petit bois, pas de camouflage, on a qu'à vérifier sur les photos aériennes des crématoires pour s'en rendre compte (où même se référer à l'album d'Auschwitz). Une erreur pareille de la part d'un vrai témoin était impossible. Même les Krema IV et V, qui sont à l'intérieur du camp, sont adjacents à des dizaines de baraques.

Muench est un étrange cas, il est difficile de dire pourquoi celui-ci persiste à mentir. Il pourrait être un vire-capot et en ce sens, il ne serait pas la première personne au monde à changer d'allégeance politique au cours de sa vie. De tels gens sont diablement utiles lorsqu'ils amènent des 'révélations', vrais ou fausses. La trajectoire idéologique de Muench au cours des cinquante années suivantes semble le suggérer. Il se peut aussi qu'il ne soit pas tout à fait stable, tout comme il a pu, en tant que subalterne de peu d'importance, finir par y croire et mélanger ses souvenirs avec des récits d'après-guerre. Mais étudier l'état psychologique de Muench n'est pas pertinent ici.

En se basant sur le témoignage qu'il livra en mai 1948, Muench n'a pas pu avoir assisté aux gazages en question. Et bien sûr, il n'a pas pu voir une autre chambre à gaz après 1948. Prétendre que le témoignage de Muench au procès Farben est une preuve de quelque chose est comme affirmer qu'un ancien fan d'O.J. Simpson prétendant avoir vu celui-ci assassiner Nicole Brown en plein cœur de la ville de Mexico est un témoin crédible parce que celui n'a aucune raison de mentir

La taille des corps

On entend parfois dire que la majorité des victimes de gazages à Auschwitz furent des femmes et des enfants. Comme je ne conteste nullement que la taille d'un corps a un impact direct sur le temps de crémation l'argument fut soulevé contre moi lors de cet échange dans alt.revisionism.

En un mot, n'aurait-il pas été possible d'incinérer 4 enfants de 20 kg dans le même délai qu'un homme de 80 kg? La réponse, à mon sens, est oui. Deux enfants en longueur sur une première couche et deux par-dessus peuvent probablement occuper le même volume. L'ennui, c'est que la proportion d'enfants 'gazés' dans l'histoire officielle n'est nullement démesurée, contrairement à une certaine croyance populaire.

Il est vrai qu'à l'été 1942, lors de la grande épidémie de typhus, un nombre important d'hommes, souvent la quasi-totalité fut admis au camp alors que la majorité des femmes et enfants n'y furent pas enregistrés. Ce fait est simplement du à la nécessité pour les Allemands de remplacer la main d’œuvre (au 2/3 masculine) qui était décimée par des taux de mortalité alarmants. L’épidémie de typhus fut contrôlée l'année suivante et les taux de mortalité chutèrent. Hors, c'est en 1943 que les crématoires de Birkenau entrèrent en activité, avant cela seul le petit Krema 1 d'Auschwitz 1 ( 6 moufles) existait. Pour la période 1943, une très brève enquête (c.f. le statisticien Arthur Rupin) me permis de conclure que la proportion d'enfants ne pouvait guère dépasser la proportion qu'on pouvait retrouver dans la population juive typique de l'Europe non polonaise à l'époque ( France, Grèce, Hollande, Allemagne, Hongrie, etc.) soit 25%. La population juive d'Europe de l'Ouest était déjà dans une phase de stabilisation démographique. Les Juifs polonais ne formèrent pas la masse des gens déportés à Auschwitz, tout au plus le quart. Il est vrai cependant qu'ils formèrent la totalité des Juifs déportés à Treblinka. Prenons donc cette figure de 25% d'enfants de moins de 15 ans inaptes au travail.

Un échantillon s'étalant du 1 mai au 8 juin 1943 fut pris dans la Chronique (D. Czech). Sur une dizaine de convois de gens 'gazés', on retrouve le total arrondi suivant: 1850 hommes sélectionnés comme aptes au travail, 1,150 femmes enregistrées et environ 13,700 personnes 'envoyées à la chambre à gaz'. A cela il faut ajouter le gazage d'environ 1000 Gitans adultes. Si nous prenons ce généreux estimé de 25% cela donne 25% * (1850+1150+13,700) =4,175 enfants. Le pourcentage des enfants 'gazés à l'arrivée' serait donc de 4,175/(13,700+1,000) soit environ 28% d'enfants.

Le deuxième échantillon ne fut carrément pas pris:; il concerne ces 300 a 400,000 juifs Hongrois déportés en catastrophe et dont on nous dit qu'ils furent pratiquement tous envoyés à la chambre à gaz ( 25% d'enfants ici). Puisque l'on parle d'enfants de 0 a 14 ans, une moyenne de poids de 30 kg n'est pas trop exagérée à mon sens. Pour un poids de 62kg par femme et 75 kg par homme, on obtiendrait donc tout au plus un poids moyen de 58 kg contre (62+75)/2 =3D 68.5 kg pour un adulte moyen.

La figure de '4 enfants de 20 kg par moufle' est donc largement exagérée et ne tient pas compte des données réelles: Pour obtenir l'équivalent en poids d'un homme, on pouvait tout au plus mettre un homme, ou une femme, ou 2 enfants de 8 ans, mais il est impossible de multiplier par 10 le rendement des fours d'Auschwitz en se basant sur ces données. Tout au plus pourrait-on diminuer très légèrement le temps moyen d'une crémation.

Un autre argument développé fut que les juifs étaient émaciés. Cela est vrai uniquement pour les juifs atteints du typhus qui périrent après une longue maladie. Comme dans la thèse de l'Holocauste les gazés sont, en majorité, des gens fraîchement arrivés au camp, l'argument n'a pas de poids. Des photos de l’Album d'Auschwitz montrent clairement que les nouveaux arrivants n'avaient absolument pas la mine de gens affamés.

Le dernier argument qui fut développé concernait une crémation incomplète: il est vrai que la majorité des tissus sont brûlés pendant un peu plus de la moitié de la crémation. Chez Urgel Bourgie on me déclara que la vérification concernant les progrès de la crémation se faisait simplement par l'ouverture de la porte du moufle. Si le corps a une texture brune, cela veut simplement dire que la crémation est incomplète. Les récits de 'témoins oculaires' ne parlent nullement de cet aspect: on nous dit que les corps furent réduits en cendres avec une prodigieuse efficacité. Des morceaux de chairs carbonisés et greffés aux os ne pouvaient guère manquer d'etre remarqués et décrits par ces 'témoins oculaires'. De surcroit, une combustion incomplète aurait amenée une friabilité beaucoup moins importante des os et ceux-ci n'auraient pas pu être aisément broyés. Une quantité importante aurait donc été retrouvée.

Finalement, 2 photos au moins existent et attestent de la fragilité de cette hypothèse. La première figure dans 'Les Crematoires d'Auschwitz', J.C. Pressac, page 97: des os éparpillés dans un moufle furent découverts par les Américains dans un crématoire de Buchenwald en 1945, à une époque ou la pénurie de combustible, coke notamment, ne pouvait pas manquer d'inciter les Allemands à procéder à moindre coût. Les os sont blancs, aucun tissu carbonisé ne les entourent. Le moufle est extrêmement sale, dans un coin on aperçoit un amas brun qui n'a pas de forme humaine, il peut s'agir de suie générée par les produits de combustion du charbon mélangé a quelques cendres.

L'amas en question semble avoir été balayé dans un coin mais les os sont bien distincts, aucun tissu ne les entourent. La deuxième photo se trouve dans 'Auschwitz, a history in photograph', et concerne les restes humains retrouves par les russes dans l'un des crématoires: l'amas brun y est absent, seuls les os y sont présents. Mon opinion est tout simplement que s'il est probable que les nazis ne prirent pas en considération certains éléments cosmétiques, il est certain également qu'ils ne pouvaient se permettre une combustion incomplète si les os n'étaient pas un tant soit peu friables et broyables, donc une combustion équivalent a au moins 75 ou 80% de la combustion qu'on retrouve dans un crématoire aujourd'hui était inévitable.

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Author(s) Jean-François Beaulieu
Title Les Crematoires de Birkenau: L'impossible Rendement (51K)
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Dates published: 1996-01-08, first posted on CODOH: Aug. 30, 1996, 7 p.m., last revision: n/a
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