Non-coupable au procès de Nuremberg

L'argumentation de la défense
Published: 1996-03-06

Ce texte est dédié à Paul DURAND
Nota Bene

IMT = International Military Tribunal (premier Procès de Nuremberg en 4 langues)

NMT = Nuremberg Military Tribunal (12 procès américains de Nuremberg, en anglais)

# = pagination allemande.

La traduction présentée ici est fondée sur le Procès-verbal publié aux Etats-Unis; les citations ne concordent pas avec la traduction officielle française. En l'absence d'une indication contraire, toute référence à la pagination concerne l'édition américaine IMT.

Rudolf Hess

Selon le Rapport de Robert H. Jackson (cité par le Juge Bert. A. Röling du Tribunal de Tokyo, cf. A Treatise on International Criminal Law, vol. 1, p. 590-608, édité by M. Cherif Bassiouni et Ved F. Nanda, Chas Thomas Publisher), les Britanniques, les Français, et les Soviétiques n'avaient aucun désir d'accuser les Allemands de "guerre agressive" au procès de Nuremberg, pour des raisons bien évidentes. Cette accusation fut inventée par les Américains avec l'objectif unique, exprès et admis, de justifier de nombreuses violations du droit international par les Américains.

De telles violations du droit international se seraient étendues au Lend Lease Program; au service de convoi et de réparation pour les navires de guerre britanniques pendant deux ans avant Pearl Harbor; à la permission donnée à des navires de guerre britanniques de se déguiser en Américains tandis que l'Amérique était toujours officiellement neutre; à la déclaration illégale d'une limite des eaux territoriales à 300 miles; à l'occupation de l'Islande; au compte-rendu des mouvements des sous-marins allemands et italiens; aux attaques à la bombe et par collision avec des sous-marins allemands et italiens commençant dès le mois de juillet 1941; et d'autres actes évidemment constitutifs de "guerre agressive".

Donc, Hess fut emprisonné pendant 47 ans non seulement pour des actions qui n'étaient pas illégales (sa tentative héroïque d'arrêter la guerre, sauver des millions de vies humaines, et éviter la destruction de l'Europe et de l'Empire britannique), mais pour des "crimes" inventés pour cacher les crimes de ses accusateurs.

On n'a pas prétendu à Nuremberg que l'Allemagne avait commis une "agression" contre la Grande-Bretagne et la France; si la Grande Bretagne et la France avaient par conséquent commis une "agression" contre l'Allemagne est une question restée sans réponse (IX 473 525#; XVII 580 629#).

Hess fut accusé d'avoir comploté pour leurrer la Grande-Bretagne afin qu'elle sorte de la guerre, de façon que Hitler puisse attaquer l'Union Soviétique. La défense de Hess fut que son action était motivée par de la sincérité pure; il ne savait rien sur aucune attaque contre la Russie.

Le plaidoyer de la défense pour Rudolf Hess apparaît à XIX 353-396 390-437#. La dernière déclaration (et presque unique) faite par Hess oralement (XXII 368-373 420-425#) donne l'impression d'un homme capable d'être totalement dérangé à un moment donné, puis brillamment lucide, sain, et logique un moment plus tard. Il est possible que cette condition ait été acquise en Grande-Bretagne.

Rudolf Höss

Rudolf Höss fut le commandant du camp d'Auschwitz dont les prétendues "confessions" ont "prouvé" que Hitler avait gazé six millions de juifs (ou cinq millions, le chiffre normalement cité au procÆs de Nuremberg). Sa "confession" la plus connue est celle citée par William L. Shirer aux pages 968-969 de The Rise and Fall of the Third Reich.

Ce document, 3868-PS, doit être replacé dans son contexte. La "déclaration" écrite ex-parte (c'est-à-dire que seulement une des parties intéressées est présente) était un des outils principaux de l'accusation dans les procès de sorcellerie médiévaux; cet outil disparut ensuite pendant plusieurs siÆcles pour réapparaître dans des procès spectacles communistes et des procès de crimes de guerre.

Ces documents constituaient une infraction de plusieurs règles de procédure pénale normale, par exemple, la règle contre les questions tendancieuses; la règle contre la présentation de déclarations antérieures concordantes (c'est-à-dire, la multiplication de preuves par répétition, en disant la même chose dix fois; normalement de telles déclarations ne sont présentées que quand elles contredisent des déclarations faites plus tard); le droit de l'accusé d'être confronté avec son accusateur et de le contre-interroger; et le privilège contre l'auto accusation. Les "preuves" introduites dans des procès de crimes de guerre ne seraient même pas admissibles devant un tribunal militaire normal. Même en 1946, la présentation de déclarations écrites par les autorités de l'accusation devant un tribunal militaire dans un cas capital était interdit par l'article 25 des US Articles of War [articles de guerre]. L'Article 38 demandait l'utilisation des règles d'administration normales en matière de preuve [Federal Rules of Evidence].

Au procès de Nuremberg, il n'a jamais été prétendu que Höss avait écrit ce document personnellement. Si cela avait été le cas, le document aurait dit, non "Je comprends l'anglais comme il a été écrit ci-dessus", mais plutôt, "J'ai écrit ce document moi-même". Dans des procès de crimes de guerre de moindre importance (Hadamar, Natzweiler, etc.), il est tout à fait courant de trouver des "confessions" écrites totalement de la main de l'interrogateur, en anglais, avec une déclaration finale de la main du prisonnier, en allemand, disant que ce sont des déclarations du prisonnier, lequel se déclare satisfait de la traduction en anglais !

Une autre formule se trouve à la page 57 du volume Hadamar de War Crimes Trials, écrit par l'accusateur Sir David Maxwell-Fyfe: "I certify that the above has been read to me in German, my native tongue" [Je certifie que la déclaration ci-dessus m'a été lue en allemand, ma langue maternelle] (en anglais).

On prétendait que le prisonnier avait été interrogé par un interrogateur sous la forme de questions et de réponses; les questions avaient été ensuite supprimées, et les réponses regroupées sous forme de déclaration, le plus souvent par une autre personne que celle qui a posé les questions.

Dans le procès Belsen, par exemple, toutes les déclarations furent écrites par un seul officier, le Major Smallwood. Dans ce procès, une espèce de procès combiné Auschwitz-Belsen, les avocats britanniques et polonais non-communistes, désignés par le tribunal, démolirent l'accusation toute entière – y compris les "sélections pour des gazages en masse" – mais leur argumentation fut rejetée au prétexte que des déclarations faites involontairement et par ouï-dire étaient admissibles "non pas pour condamner des innocents, mais pour condamner des coupables" (Law Reports of Trials of War Criminals, Vol. II (ce maigre volume doit être lu dans son intégralité).

Après l'établissement de la déclaration par l'officier qui ne faisait rien d'autre que de préparer des "déclarations", elle était présentée au prisonnier pour signature. S'il refusait de la signer, la déclaration était présentée au tribunal comme preuve tout de même: dans le jargon des procès de crimes de guerre, des objections s'appliquaient contre le "poids" du document, mais non contre son "admissibilité".

Un exemple d'une déclaration non signée par Höss est le Document NO 4498-B. La lettre B veut dire que le document est une "copie" avec signature écrite à la machine, d'un document "original", le document NO 4498-A, écrit en polonais, prétendument signé par Höss. Il y a aussi un Document NO-4498-C, en anglais. Les déclarations A et C ne sont pas annexées à la déclaration B, la prétendue "copie conforme".

Le Document 3868-PS, cité par Shirer, fut signé en anglais, 3 fois, mais jamais dans la "traduction" en allemand datée 3 jours plus tard. Le document contient une modification insignifiante paraphée par Höss, avec un "h" minuscule, et toute une phrase de la main de l'interrogateur (comparez les "W" majuscules), jamais paraphée par Höss. Le but du paraphe est évident, c'est de "prouver" que Höss avait "lu et corrigé" le document. Le contenu de la phrase est réfuté autre part (XXI 529 584#).

Quand la déclaration était présentée au prisonnier, elle était quelquefois excessivement corrigée, avec le résultat de deux versions ou plus du même document. Dans ces cas, les versions les plus longues sont "citées", tandis que les versions les plus courtes sont "perdues". Un exemple de cette pratique est le Document D-288, cité par William L. Shirer aux pages 948-949, la déclaration de Wilhelm Jäger (voyez Albert Speer).

Jäger témoigna qu'il avait signé 3 ou 4 copies de ce document, qui était d'ailleurs beaucoup plus court. La déclaration plus courte fut à l'origine présentée contre Krupp aOné avant l'abandon de l'accusation contre lui. Dans cette déclaration, la plus longue, la traduction en anglais porte une date antérieure à la date de signature de "l'original". La comparution de Jäger devant le tribunal fut un désastre total, mais cela a été oublié (XV 264-283 291-312#).

Si le signataire apparaissait pour témoigner, il contredisait invariablement sa déclaration, mais les contradictions sont ignorées. Parmi d'autres signataires de déclarations dont les comparutions devant le Tribunal furent catastrophiques, il y a, entre autres, le General Westhoff, qui contredit sa "déclaration" sans serment 27 fois (XI 155 189 176-212#); et un "expert en guerre bactériologique", Schreiber, (XXI 547-562 603-620#). La déclaration de Paul Schmidt (Schmidt fut l'interprète de Hitler), le Document 3308-PS, lui fut présentée pour sa signature quand il était trop malade pour la lire soigneusement, et fut partiellement rejetée par lui plus tard (X 222 252#); la déclaration fut utilisée tout de même contre Von Neurath, malgré son rejet par Schmidt (XVI 381 420-421# XVII 40-41 49-50#). Ernst Sauckel signa une déclaration écrite avant son arrivée à Nuremberg (XV 64-68 76-80#), et il signa sous contrainte (sous la menace de voir sa femme et ses 10 enfants livrés aux Polonais ou aux Russes).

Parce que les signataires n'écrivaient que très rarement (sinon jamais) leur propres "déclarations", il est tout à fait courant de trouver des phrases ou des paragraphes tout entiers dans différents documents, même quand ces documents prétendent avoir été préparés à des dates différentes par des personnes différentes, par exemple, les Déclarations 3 et 5 de Blaskovitz et Halder (Pièces à conviction 536-US et 537-US; Documents URSS-471 et URSS 472 et 473; et Documents URSS-264 et 272 (déclarations concernant le savon en graisse humaine).

Parmi d'autres déclarations signées par Höss on trouve, entre autres, le Document NO-1210, dans lequel l'anglais fut écrit d'abord, avec des interpolations, ajouts, et corrections en grand nombre, y compris 2 projets différents pour les pages 4 et 5, puis traduit en allemand et signé par Höss. C'est-à-dire, que le "document original", c'est la traduction, et la "traduction" c'est le document original.

Le Document 749(b)D fut "traduit oralement" de l'anglais vers l'allemand pour Höss, avant d'être signé. La signature est faible jusqu'à être illisible, ce qui pourrait être un signe de maladie, fatigue, ou mauvais traitements. Les mauvais traitements ont été décrits par Rupert Butler dans Legions of Death (Hamlyn Paperbacks).

La "confession" citée par Sir David Maxwell-Fyfe le 1er avril 1946 (s'il ne s'agit pas d'un poisson d'avril), dans laquelle Höss aurait "confessé" le meurtre de 4 millions de juifs (X 389 439-440#) au lieu des 2,5 millions de juifs mentionnés dans sa "confession" du 5 avril 1946, ou n'a jamais existé, ou fut vite "perdue".

Il n'est pas vrai que le témoignage de Höss au procès de Nuremberg ait consisté, pour l'essentiel, en une confirmation des affirmations faites dans sa "déclaration"; cela est vrai seulement de son contre interrogatoire par le Col. John Amen de l'U. S. Army.

Au contraire, Höss apparut pour témoigner, et, comme d'habitude, se contredit lui-même ainsi que sa déclaration (XI 396-422 438-466#).

Par exemple, là oû la déclaration affirme (XI 416 460#) que "nous savions quand les victimes étaient mortes, parce qu'elles cessaient de crier" (une impossibilité toxicologique évidente), son témoignage oral (XI 401 443#, en réponse à des interrogations grossièrement tendancieuses de "l'avocat pour la défense" de Kaltenbrunner), affirma que les gens devenaient inconscients, ce qui n'explique pas comment il pouvait "savoir" à quel moment précis ils étaient morts.

Il semble que Höss ait oublié de mentionner qu'il fallait 2 jours pour tuer des insectes avec du Zyklon, un fait qu'il mentionna autre part (Document NO-036, p. 3, texte allemand, réponse à la question 25; voyez aussi Kommandant in Auschwitz, p. 155). Avec un poison efficace si lentement, les gens auraient d'abord étouffé.

Höss prétendit que l'ordre de tuer les juifs d'Europe avait été donné oralement (XI 398 440#), tandis que des ordres de garder le secret concernant les tueries avaient été donnés plusieurs fois par écrit (XI 400 442#. Il prétendit que des victimes avaient été brûlées dans des fosses à Auschwitz (dans des terres notoirement marécageuses) (XI 420 464#); que les dents en or avaient été fondues sur place (XI 417 460#); qu'une évacuation des prisonniers pour éviter leur capture par les Russes avait conduit à des décès évitables (XI 407 449-450#), et, à peu de choses près, qu'il n'y avait pas eu de programme d'extermination du tout! Cela vaut la peine d'être cité:

"Avant l'éclatement de la guerre en 1939, la situation dans les camps en ce qui concerne la nourriture, le logement, et le traitement des prisonniers était la même qu'en toute autre prison ou institution pénitentiaire du Reich. Les prisonniers étaient traités strictement, oui, mais des coups ou des mauvais traitements systématiques étaient hors de question. Le Reichsführer avertit à plusieurs reprises que tout SS qui brutaliserait un prisonnier serait puni, et très fréquemment des SS qui maltraitaient des prisonniers étaient effectivement punis. La nourriture et le logement en ce temps-là étaient au même niveau que pour les autres prisonniers sous administration légale. Le logement dans les camps dans ces années-là était toujours normal parce que les afflux en masse pendant la guerre n'avaient pas encore eu lieu. Avec le début de la guerre et le commencement des livraisons en masse de détenus politiques, et, plus tard, avec l'arrivée des détenus membres des mouvements de résistance des territoires occupés, la construction des bOtiments et l'extension des camps ne pouvait plus aller de pair avec le nombre de détenus qui arrivait. Pendant les premières années de la guerre, ce problème pouvait toujours être surmonté avec des mesures d'improvisation; mais plus tard, en raison des exigences de la guerre, ce ne fut plus possible, étant donné qu'il n'y avait plus de matériaux de construction disponibles" [N.B. On prétend que les cadavres avaient été brûlés en utilisant du bois comme combustible]

Ceci mena à une situation oû des détenus dans les camps n'avaient plus de pouvoirs suffisants de résistance contre les fléaux sanitaires de toute sorte qui se multipliaient

Le but n'était pas d'avoir autant de morts que possible, ou de détruire autant de détenus que possible. Le Reichsführer était constamment soucieux d'engager toutes les forces possibles dans les industries de l'armement

Ces prétendus mauvais traitements et tortures dans les camps de concentration, histoires qui étaient répandues partout dans les populations, et particulièrement parmi les détenus qui étaient libérés par les armées d'occupation, n'étaient pas, comme on le suppose, infligés méthodiquement, mais individuellement par des chefs, des sous-chefs, et des hommes qui commettaient des brutalités

Si de toute façon une telle affaire était portée à mon attention, le coupable était, bien sûr, relevé de son poste ou transféré autre part. De façon que, même s'il n'était pas puni pour cause d'insuffisance de preuves démontrant sa culpabilité, il était relevé de son poste et affecté ailleurs

La situation catastrophique à la fin de la guerre était due au fait que, comme résultat de la destruction des chemins de fer et des bombardements constants des usines industrielles, il n'était plus possible de soigner ces masses comme il le fallait, par exemple à Auschwitz avec ses 140.000 prisonniers. Des mesures improvisées, des colonnes de camions, et tout ce qui était tenté par les commandants pour améliorer la situation, tout cela ne servit à rien, ou presque. Le nombre des malades augmentait jusqu'à l'infini. Il n'y avait presque pas de médicaments, des épidémies faisaient rage partout. Des détenus qui étaient capables de travailler étaient utilisés continuellement par ordre du Reichsführer; même des demi-malades devaient être utilisés partout dans l'industrie. Comme résultat, toute place, même petite, dans les camps de concentration capable d'être utilisée éventuellement comme logement, était occupée par des détenus malades et mourants

A la fin de la guerre, il y avait toujours 13 camps de concentration. Tous les autres points qui sont marqués ici sur la carte représentent ce que l'on a appelé des camps de travail attachés aux fabriques d'armements situées au même endroit

S'il y a eu des mauvais traitements de détenus par des gardiens, personnellement je n'en ai jamais vu, alors ce n'était possible que dans une très petite mesure, puisque tous les officiers responsables des camps prenaient des mesures pour s'assurer que les SS aient le moins de contacts immédiats possible avec les prisonniers, parce que, avec les années, le personnel de gardiennage se dégrada jusqu'à un point tel que les anciennes normes ne pouvaient plus être maintenues

Nous avions des milliers de gardiens qui ne parlaient presque pas l'allemand, qui venaient de tous les pays du monde comme des volontaires et qui se sont fondus dans ces unités; oÑ nous avions des hommes plus vieux, entre 50 et 60 ans, qui manquaient de tout intérêt pour leur travail, de manière qu'un commandant devait vérifier continuellement s'ils remplissaient même les normes les moins exigeantes de leurs devoirs. De plus, il était évident qu'il y avait des éléments parmi eux qui maltraitaient des détenus, mais on n'a jamais toléré de tels mauvais traitements. D'ailleurs, ce n'était pas possible d'avoir ces masses de gens dirigées par des SS au travail ou dans le camp, c'est pourquoi il fallait déléguer des détenus pour donner des instructions à d'autres détenus et les mettre au travail, et ces cadres détenus avaient presque exclusivement l'administration du camp dans leurs mains. Bien sûr, il y eut beaucoup de mauvais traitements qu'on ne pouvait pas éviter, parce qu'il n'y avait presque pas de membres de la SS dans les camps la nuit. Les SS n'avaient l'autorisation d'entrer dans les camps que dans des cas spécifiques, ce qui fait que les détenus étaient plus ou moins exposés aux détenus surveillants"

\.

Question (posée par l'avocat de la défense de S. S., le Dr. Babel):

"Vous avez déjà mentionné des réglementations qui existaient pour les gardiens, mais il y avait aussi un ordre établi pour tous les camps. Dans cet ordre des camps, on a établi les punitions pour les détenus qui commettaient des infractions contre les règles du camp. De quelles punitions s'agissait-il ?"

Réponse:

"D'abord, un transfert vers une "compagnie disciplinaire" (Strafkompanie), c'est-à-dire, du travail plus dur, et des restrictions sur le logement; puis, détention dans le bloc de cellules, détention dans une cellule obscure; et, dans des cas très sérieux, enchaOnement ou maintien par des entraves. La punition avec des entraves (Anbinden) fut interdite en 1942 ou 1943, je ne sais plus quand exactement, par le Reichsführer. Puis il y a eu la punition consistant à se tenir au garde-à vous pendant une longue période à l'entrée du camp (Strafstehen), et puis punition par des coups. Cependant, cette punition par des coups ne pouvait pas être ordonnée par n'importe quel commandant de façon indépendante. Il pouvait la demander."

Témoignage oral de Rudolf Höss, 15 avril 1946 (XI 403-411 445 454#).

Höss semble être motivé par le désir de sauver sa femme et ses deux enfants, et de sauver d'autres accusés par un témoignage selon lequel seulement soixante personnes avaient été au courant des exterminations de masse. Höss tenta de sauver Kaltenbrunner par l'implication de Eichmann et Pohl, qui n'avaient pas encore été capturés (pour un cas similaire, voir la déclaration de Heisig, qui avait voulu impliquer Raeder, XIII 460-461 509-510#).

Höss fut un "témoin pour la défense", et son contre-interrogatoire par l'accusation fut coupé court par l'accusation elle-même (XI 418-419 461-462#). Peut-être avait-elle peur que Höss ne fasse se déchirer tout son tissu de mensonges.

La fameuse "autobiographie" de Höss, Kommandant in Auschwitz, probablement établie sous forme de questions et réponses dans des interrogatoires, comme une "déclaration" gigantesque, et puis ré-écrite pour être ensuite recopiée de la main de Höss, n'est pas beaucoup mieux. Dans ce livre, texte allemand, des feux de crémation étaient visibles à de nombreux kilomètres (p. 160-161), la puanteur était perceptible à des kilomètres de là (p. 159), tout le monde dans la région avait connaissance des exterminations (p. 159), les victimes savaient qu'elles seraient gazées (p. 110, 111, 125), mais il était cependant possible de les tromper (p. 123-124; voir aussi Document 3868-PS), mais sa famille n'en avait jamais rien su (p. 129-30). Höss était un alcoolique chronique qui "confessa" des énormités quand il avait bu (p. 95) ou quand il avait été torturé (p. 145).

Il n'est pas vrai que, selon ce qui est écrit p. 126 de ce livre, texte allemand, des cadavres avaient été retirés des chambres à gaz par des Kapos en mangeant et en fumant, et/ou sans porter de masques à gaz; le texte ne dit pas cela. Robert Faurisson a prouvé que Höss fit exactement cette affirmation, mais autre part, lors d'un interrogatoire.

La "traduction" polonaise de ce livre, publié avant le "texte original" allemand, semble concorder avec le texte allemand, sauf pour l'absence de nombreux noms de lieux et de dates en polonais; il semble que le polonais ait été écrit en premier lieu, ces détails y étant insérés plus tard dans la version allemande.

Les textes intégraux et non expurgés des oeuvres complètes" de Rudolf Höss (?) (en polonais), sont disponibles par prêt international bibliothécaire (Wspomnienia Rudolfa Hössa, Komendanta Obozu Oswiecimskiego).

Procès de crimes de guerre japonais

Tandis que des accusés allemands étaient sur le point d'être condamnés pour avoir fabriqué du "savon humain" (pris au sérieux dans la septième édition du prestigieux Oppenheim & Lauterpacht's International Law, vol. II, p. 450), des accusés japonais allaient être condamnés, eux, pour avoir préparé de la "soupe humaine".

Il ne s'agit pas ici d'une faute de frappe ("Soap/Soup"); au contraire, en 1948 il était considéré comme un "fait établi" que les Japonais étaient une race de cannibales invétérés, qui interdisaient sous peine de mort de dévorer leurs propres cadavres, mais qui étaient officiellement encouragés à manger des Américains. Des Américains étaient servis frits, ou sous forme de soupe; des êtres humains étaient dévorés même quand d'autres produits comestibles étaient disponibles. C'est-à-dire que les Japonais se seraient livrés au cannibalisme par choix, plutôt que par nécessité; les parties du corps préférées pour la cuisine étant le foie, le pancréas, et la vésicule biliaire; et les Chinois auraient été consommés sous forme de pilules !

Parmi les procès dans lesquels cette accusation fut "prouvée" il y a, entre autres, U.S. vs. Tachibana Yochio and 13 others, Mariana Islands, 2-15 août, 1946; Commonwealth of Australia vs. Tazaki Takehiko, Wewaki, 30 novembre 1945; Commonwealth of Australia vs. Tomiyasu Tisato, Rabaul, 2 avril 1946; et le plus compliqué de tous les procès de crimes de guerre, le International Military Tribunal for the Far East (IMTFE), personnellement contrôlé par Douglas MacArthur. Ce procès dura du mois de mai 1946 jusqu'en décembre 1948 (voir The Tokyo Judgement, vol. 1, p. 409-410, University of Amsterdam Press, 1977, p. 49.674-5 du procès-verbal ronéotypé.)

Les 25 accusés qui survécurent au procès, furent tous déclarés coupables; 7 furent pendus.

Leurs crimes comprenaient entre autres: Préparation, initiation, et exécution d'une "guerre d'agression" contre l'Union Soviétique (l'Union Soviétique attaqua le Japon 2 jours après Hiroshima en violation d'un pacte de non-agression; le même jour, le London Agreement était signé, à la suite duquel se tint le procès de Nuremberg); préparation, initiation, et exécution d'une "guerre d'agression" contre la France (la France est en Europe); blocus illégal maritime et bombardement sans discrimination de populations (cas contre Shimada; c'est-à-dire que ce que les Britanniques faisaient en Europe aurait été criminel si cela avait été l'oeuvre des Japonais); jugement illégal de "criminels de guerre" devant un tribunal militaire (cas contre Hata et Tojo; voir aussi U.S. vs. Sawada, probablement l'accusation la plus écoeurante et hypocrite de toutes; les victimes étaient 7 Américains qui avaient bombardé sans discrimination la population japonaise: 80.000 femmes et enfants brûlés vifs); et cannibalisme. Il ne fut pas prétendu que les accusés avaient mangé qui que soit personnellement.

Les "preuves" comprenaient, entre autres:

  • des rapports de commissions de crimes de guerre soviétiques;
  • des rapports de commissions de crimes de guerre chinoises;
  • des rapports soviétiques basés sur des documents japonais, qui ne furent pas annexés au rapport;
  • des résumés des agressions militaires japonaises en Chine (établis par les Chinois);
  • 317 Judge Advocate General War Crimes Reports (rapports américains de commissions de crimes de guerre, longueur totale: 14.618 pages); ces rapports étaient censés "citer" des documents japonais "saisis", tels que des journaux personnels, des confessions de cannibalisme, des ordres de commettre des exterminations de masse, des ordres de gazer des prisonniers sur des Oles lointaines dans le Pacifique-sud, etc.; les documents "saisis" n'étaient pas annexés aux rapports; des preuves de leur authenticité (et existence) n'étaient pas exigées;
  • des déclarations de soldats japonais prisonniers en Sibérie;
  • des déclarations de soldats japonais, se référant aux Japonais comme "l'ennemi";
  • des déclarations d'officiers de l'Armée Rouge;
  • des déclarations d'aborigènes illettrés sur de petites Oles du Pacifique-sud;
  • des extraits de journaux américains (preuve admissible pour l'accusation, mais normalement pas pour la défense; c'est-à-dire que des événements en Chine furent prouvés par des citations du Chicago Daily Tribune, du New Orleans Times-Picayune, du Sacramento Herald, Oakland Tribune, New York Herald, New York Times, Christian Science Monitor, etc.);
  • la déclaration du marquis Takugawa (écrite en anglais et qui ne lui a jamais été lue en japonais);
  • les propos de Okawa (Okawa fut déclaré fou et interné dans un asile d'aliénés, mais ses propos furent utilisés comme des preuves);
  • les témoignages de Tanaka (un témoin professionnel payé par les Américains; Okawa, alors qu'il était saoul, aurait tout confessé à Tanaka; Tanaka "le Monstre" Ryukichi fut prétendument responsable pour des millions d'atrocités, mais il ne fut jamais accusé; au contraire, il voyageait partout librement au Japon);
  • le journal personnel de Kido (de bons morceaux de commérages concernant tous ceux que Kido n'aimait pas);
  • les mémoires de Harada (Harada avait souffert d'une attaque cérébrale, si bien que le texte dicté
  • par lui était inintelligible;
  • jusqu'à quel point il était capable de se souvenir, et ce qu'il avait voulu dire, furent de la conjecture pure;
  • les traductions furent des conjectures;
  • beaucoup de "copies" avaient été "corrigées" par toute une série de personnes auxquelles il n'avait rien dicté, et qui n'étaient pas présentes;
  • de plus, il avait la réputation d'être un menteur coutumier).

La Réponse de l'Accusation aux Argumentations de la Défense à la fin du procès rejeta toutes les preuves et témoignages de la défense par l'affirmation que les documents étaient les meilleurs témoins. Si l'accusation et la défense citent le même document, c'est que la défense les a cités hors du contexte, mais jamais l'accusation. L'ouï-dire posséderait valeur de preuve; des extraits de journaux posséderaient de la valeur comme preuve; les témoignages des témoins de la défense n'auraient aucune valeur comme preuve; des contre-interrogatoires seraient une perte de temps.

5 des 11 juges, William Webb de l'Australie, Delfin Jaranilla des Philippines, Bert A. Röling des Pays-Bas, Henri Bernard de la France, et R.B. Pal de l'Inde, présentèrent des jugements dissidents. Pal écrivit un jugement dissident de 700 pages dans lequel il caractérisa les preuves de l'accusation concernant les atrocités comme "sans valeur pour la plupart", remarquant avec sarcasme qu'il espérait qu'un des documents fut écrit en japonais.

Une particularité des procès de crimes de guerre, c'est que, loin de prouver quoi que se soit, tous les procès se contredisent. On maintint dans le procès de Tokyo que les Chinois avaient eu le "droit" de violer des traités "injustes", et que des efforts de la part des Japonais de faire respecter ces traités, du fait de l'"l'injustice" de ceux-ci, constituaient une "agression".

Quand les bombes atomiques furent lancées, Shigemitsu avait déjà tenté de négocier une capitulation depuis presque 11 mois, à partir du 14 septembre 1944. Ce fut naturellement déformé dans un nouveau crime: "prolongation de la guerre par des négociations".

Les "preuves" des activités cannibales nippones peuvent être trouvées dans JAG Report 317, p. 12.467-8 du procès-verbal ronéotypé, Pièces à conviction 1446 et 1447, p. 12.576-7, Pièce à conviction 1873, p. 14.129-30, et Pièces à conviction 2056 et 2056A et B, p. 15.032-42.

Alfred Jodl

JODL fut pendu pour sa complicité dans le Kommandobefehl, un ordre de fusiller des soldats britanniques qui combattaient dans des vêtements civils et qui étranglaient leurs propres prisonniers de guerre (XV 316 329 347-362#).

La défense de Jodl fut que le droit international est prévu pour protéger des hommes qui se comportent comme des soldats. On demande aux soldats de porter des armes ouvertement, de porter des insignes ou uniformes clairement reconnaissables, et de traiter des prisonniers avec humanité. La guerre des partisans et les activités des commandos britanniques étaient prohibées par le droit international. Il était légal de mettre en jugement et exécuter de tels commandos si cela se faisait en conformité avec l'article 63 de la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre de 1929 (N.B. – Voir aussi le Dissentient Judgement of Judge Rutledge, U.S. vs. Yamashita, et le Habeas Corpus Action of Field Marshall Milch). En vérité, très peu d'hommes furent exécutés en conséquence de cet ordre (55 en Europe de l'ouest, selon Sir David Maxwell-Fyfe, XXII 284 325#. L'intention était de dissuader des hommes d'entreprendre un combat de ce genre, en croyant qu'ils pourraient simplement se rendre plus tard.

Un autre "crime" fut sa notification au Chef de l'Armée que Hitler avait répété un ordre déjà donné, qu'une éventuelle offre de capitulation provenant de Leningrad ne devrait pas être acceptée.

Comme tant d'autres crimes allemands, celui-ci resta une idée sans aucun effet, puisque aucune offre de capitulation ne fut jamais reçue. L'intention était de forcer la population à se retirer en arrière, puisqu'il aurait été impossible de nourrir des millions de civils et de prisonniers, ou d'éviter des épidémies. Des brêches furent laissées vers l'est dans les lignes allemandes, pour permettre à la population de se retirer.

Kiev, Odessa, et Kharkov avaient déjà capitulé mais étaient minées, ce qui tua des milliers de soldats allemands avec des bombes à retardement. Les quais étaient réquisitionnés à des fins militaires; les chemins de fers russes étaient construits selon un écartement des rails différent des chemins de fer allemands; des approvisionnements ne pouvaient pas être acheminés vers l'avant pour nourrir des millions de prisonniers ou de juifs à demi-affamés. Le mensonge soviétique que les Allemands avaient tué des millions de prisonniers russes fut pris au sérieux par beaucoup de gens sans connaître les causes de la mortalité. Le document concernant Leningrad, Document C-123, n'est pas signé.

Le cas Jodl illustre l'absurdité du procès tout entier. Selon les propres termes du défenseur de Jodl, le Dr. Exner:

"Meurtre et Révolution. En temps de paix, cela aurait signifié la guerre civile; en temps de guerre, l'écroulement immédiat du front et la fin du Reich. Est-ce qu'il aurait dû crier: Fiat justitia, pereat patria? L'accusation semble vraiment être d'avis qu'une telle conduite aurait pu être demandée aux accusés. Quelle pensée étonnante! Si jamais meurtre et révolution peuvent être justifiés moralement, cela devrait être laissé aux moralistes et théologiens. De toute façon, des juristes ne peuvent même pas discuter d'une telle question. Etre obligé sous peine de punition de tuer le chef d'Etat? Un soldat devrait-il faire cela? Et en plus, en temps de guerre? Ceux qui ont commis de tels crimes ont toujours été punis, mais les punir pour ne pas les avoir commis, serait vraiment quelque chose de nouveau." (XIX 45 54#; XXII 86-90 100 105#)

Au Japon, les généraux furent pendus précisément pour s'être occupés de politique.

Sur un autre point, le Dr. Exner s'exclama: "Sur une seule page du trial brief anglais-américain, je lis six fois: "Jodl was present at' (Jodl y était présent). Qu'est-ce que cela veut dire légalement?" (XIX 37 44#).

Jodl fut interrogé par un des procureurs soviétiques, le Col. Pokrovsky, de la manière suivante: "Est-ce que vous saviez que les troupes allemandes pendaient des gens avec la tête en bas, et rôtissaient leurs prisonniers de guerre à la broche ? Saviez-vous cela?"

A quoi Jodl répondit, "Ce n'est pas seulement que je ne le savais pas, je ne le crois même pas." (XV 545 595#).

C'est là le vaste sujet de tous les procès de crimes de guerre résumé en 3 phrases courtes (XV 284-561 313-612#; XVIII 506-510 554 558#; XIX 1-46 7-55#).

Ernst Kaltenbrunner

Pendant le contre-interrogatoire de Kaltenbrunner, il lui fut demandé avec indignation, comment il pouvait avoir l'audace de prétendre qu'il avait dit la vérité et que 20 ou 30 témoins avaient tous menti (XI 349 385#).

Les "témoins", naturellement, n'apparurent pas au Tribunal; il s'agissait de noms et prénoms écrits sur de petits morceaux de papier. Un de ces noms et prénoms est celui de Franz Ziereis, commandant du camp de concentration de Mauthausen.

Sur son morceau de papier, Ziereis "confessait" avoir gazé 65.000 personnes; fabriqué des abats-jours en peau humaine; et fabriqué de la fausse monnaie. En plus, il prétendait fournir un tableau compliqué d'informations statistiques contenant une liste du nombre exact de prisonniers dans 31 camps de travail différents. Puis il accusait Kaltenbrunner d'avoir donné des ordres de massacrer tout le camp (Mauthausen) à l'approche des Américains.

Ziereis était déjà mort depuis 10 mois quand il fit sa "confession"; heureusement, sa "confession" fut "rappelée" par quelqu'un d'autre, qui n'apparut pas devant le Tribunal non plus: un prisonnier du nom de Hans Marsalek, dont la signature apparaOt sur le document (Document 3870 PS, XXXIII 279-286).

Les pages 1 jusqu'à 6 de ce document sont écrites entre guillemets (!), y compris le tableau statistique, qui établit, par exemple, qu'il y avait 12.000 prisonniers à Ebensee, 12.000 à Mauthausen, 24.000 à Gusen I et II, 20 prisonniers à Schloss-Lindt, 70 prisonniers à Klagenfurt Junkerschule, etc., pour les 31 camps du tableau.

Le document n'est signé par personne d'autre prétendant avoir assisté à la prétendue "confession"; il n'y a pas de notes annexées au document qui auraient été prétendument prises à l'époque. Le document porte seulement 2 signatures: celle de Hans Marsalek, le prisonnier, et celle de Smith W. Brookhart Jr., U.S. Army. Le document porte la date du 8 avril 1946. Ziereis mourut le 23 mai 1945.

C'est-à-dire que Ziereis aurait été trop sévèrement blessé (il est mort suite à des blessures de projectiles à travers l'estomac) pour signer quoi que ce soit d'écrit à l'époque, mais il aurait été en suffisamment bon état de santé pour dicter ce document long et complexe, dont Marsalek se serait souvenu parfaitement, à la lettre près, 10 mois et demi plus tard. Marsalek n'aurait eu, bien sûr, aucune raison de mentir. Le document est écrit en allemand. Brookhart était un vrai nègre littéraire spécialisé dans les confessions, puisqu'il écrivit aussi la confession de Rudolf Höss (en anglais, Document 3868-PS) et celle de Otto Ohlendorf (en allemand, Dokument 2620-PS).

(Adresse de Brookhart en 1992: 18, Hillside Drive, Denver Colorado USA. C'est le fils du sénateur de Washington Iowa.)

La "confession" de Ziereis continue à être prise au sérieux (plus ou moins) par Reitlinger, Shirer, Hilberg, et d'autres spécialistes itinérants du commerce de l'"Holocauste".

Kaltenbrunner prétendait qu'il y avait 13 camps de concentration centraux, ou Stammlager pendant la guerre (XI 268-269 298-299#). Le total de 300 camps de concentration retenu par l'accusation avait été obtenu en incluant des camps de travail tout à fait normaux. Le treizième camp, Matzgau, près de Danzig, était un camp spécial, dont les prisonniers étaient des gardiens SS et des membres de la police qui avaient été condamnés pour des infractions commises aux dépens des prisonniers placés sous leur responsabilité: mauvais traitements physiques, détournements de fonds, vols d'effets personnels, etc. Ce camp, avec sa population de prisonniers SS, tomba aux mains des Russes à la fin de la guerre (XI 312, 316 345, 350#).

Kaltenbrunner prétendait que les sentences des tribunaux SS et de la police étaient beaucoup plus sévères que celles des tribunaux ordinaires pour les mêmes infractions. Les SS avaient organisé des procès fréquents de leurs propres membres accusés de délits contre des détenus ou des violations de la discipline (XXI 264-291, 369-370 294-323, 408-409#).

Des méthodes d'interrogation au "troisième degré" étaient légalement permises dans le seul but d'obtenir des informations concernant des activités futures de la résistance; de telles méthodes étaient interdites dans le but d'obtenir des aveux. Ces interrogations nécessitaient la présence d'un médecin, et permettaient un total de 20 coups de bâton sur les fesses mises à nu, une fois seulement; cette procédure ne pouvait pas se répéter plus tard. Parmi d'autres formes de "torture nazie" légale, il y avait, entre autres, la détention dans une cellule sombre, ou celle d'être obligé de se tenir debout pendant de longs interrogatoires (XX 164, 180-181 184, 202-203#; XXI 502-510; 528 530 556-565, 583-584#).

Kaltenbrunner et beaucoup d'autres témoins de la défense prétendaient que de telles méthodes étaient pratiquées par des officiers de police partout dans le monde (XI 312 346#), et que des officiers respectés avaient visité l'Allemagne pour étudier les méthodes allemandes (XXI 373 412#).

Les preuves de la défense en cette affaire et dans les matières y afférentes consistent en des milliers de pages, entre le procès-verbal du tribunal et celui de la commission, ainsi que 136.000 déclarations écrites (XXI 346-373 382-412#; 415 458#, 444 492#).

Kaltenbrunner fut condamné pour avoir conspiré en vue du "lynchage" des aviateurs alliés qui avaient commis des bombardements en masse de populations civiles. Les lynchages auraient été illégaux, mais n'eurent jamais lieu. De nombreux aviateurs alliés furent sauvés des foules civiles en colère par des officiels allemands. Les Allemands se refusaient à adopter de telles méthodes, dans la crainte qu'elles n'aboutissent à un massacre général des aviateurs parachutés. Comme tant d'autres crimes allemands, celui-ci resta une idée sans application (XXI 406-407 449-450#, 472-476 522-527#).

Un autre crime prétendument commis par Kaltenbrunner était sa responsabilité pour le soi-disant Kugelerlass (Décret de Balle). Ce dernier aurait été un ordre de fusiller des prisonniers de guerre en utilisant un appareil de mesure (une machine très vraisemblablement inspirée par la curieuse "machine de Paul Waldmann" pour enfoncer des têtes avec un puissant marteau actionné par une pédale (URSS-52, VII 377 416-417#).

Concernant le "Kugelerlass", Document 1650-PS, s'il s'agit d'un document authentique – ce qui n'est probablement pas le cas (XVIII 35 36 43-44#) – il s'agit d'une fausse traduction: le sens du document est que les prisonniers qui font des tentatives pour s'échapper doivent être enchaînés à une "boule" de fer (Kugel), et non pas qu'ils devraient être tués avec une "balle" (aussi Kugel). Le mot "enchaîné" apparaît dans le document, mais pas les mots "tirer", "tir", ou "balle" (III 506 565#; XXI 514 568#); Gestapo Affidavit 75; XXI 299 332#). Le document est un télétype, c'est-à-dire qu'il ne comporte pas de signature (XXVII 424-428).

"Sonderbehandlung" (toujours traduit par "meurtre") est un exemple du jargon utilisé dans n'importe quelle bureaucratie, et serait mieux traduit par "traitement au cas par cas" (en effet, c'est un mot ordinaire, souvent trouvé dans des contrats de représentation commerciale). Kaltenbrunner réussit à prouver que, dans le contexte d'un document, le mot signifiait le droit de boire du champagne et de prendre des leçons de français. L'accusation avait confondu un lieu de vacances hivernal avec un camp de concentration (XI 338-339 374-375#); (XI 232-386 259-427#; XVIII 40-68 49-80#). Le document sur le lieu de vacances hivernal est le Document 3839-PS, XXXIII 197-199, une "déclaration assermentée").


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Author(s): Carlos Whitlock Porter
Title: Non-coupable au procès de Nuremberg, L'argumentation de la défense
Sources: "Not Guilty at Nuremberg," Historical Review Press, Brighton, 1990
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Published: 1996-03-06
First posted on CODOH: March 4, 1996, 6 p.m.
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